LAVIESENVA
ou "Le petit capitaine et la couturière" En hommage à mes parents
LAVIESENVA
Pièce en 5 actes
Personnages :
Firmin père d’André
Francine épouse de Firmin, mère d’André
André ( Le garçon, le fils, le sergent) fils de Firmin et de Francine
Mon lieutenant L’officier français, le gradé anonyme, plus tard Mon colonel
Juliette épouse d’André (voix magnétophone)
Camille fils d’André et de Juliette
Antonella épouse de Camille
J-P l’ami de Camille
Mary l’amie américaine de Camille new yorkaise (au téléphone)
Lévina Bontemps la juge française
Walter von Damned le juge autrichien (au téléphone)
Matéo Pavupapri le gendarme français
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
Nicolas Darsonville responsable juridique accueil migrants MSF
Méga Macarel présentateur du JT de 20h sur la 2
Auteur Anonyme
Dédicace : « Le théâtre, c’est la vie. Tout ce que nous observons dans notre quotidien, nous le racontons sur scène. C’est un véritable honneur pour moi de jouer et d’être observé par des centaines de personnes. Le théâtre m’a enseigné de nombreuses valeurs, notamment l’amour de la famille, de la patrie, des amis et de l’entourage », explique Tambiniaina Rojovola Ratsinjomanana, jeune acteur de théâtre et membre de « Sakaizan’ny Teatra Malagasy »
Décors :
Les différentes scènes se représentent devant un grand paravent adapté qui illustre le lieu, l’atmosphère. Un mobilier minimum éventuellement ; mais le paravent doit suffire pour représenter un ou des symboles forts de chaque scène. Des illustrations pour ces paravents sont proposées, en tête de chaque scène.
Le temps :
Les scènes suivent un certain ordre chronologique commençant après la première guerre mondiale et se finissant aujourd’hui. Les costumes, le décor et le physique des personnes reflètent le passage du temps et l’époque de la scène en cours.
Le style :
Pas une comédie, pas une tragédie, une tragi-bouffonnerie.
L’auteur :
Non professionnel, sa tranche de vie lui permet, de sa lorgnette, de mettre en scène une certaine marche des évènements, pour s’amuser lui-même à cet exercice, pour amuser des lecteurs spectateurs imaginaires et, qui sait, faire réfléchir.
ACTE I SCENE 1
Un couple en 2024 dans les 70 ans pour Camille, 60 ans pour Madame, assis dans un salon classique /moderne télé chaîne hifi, table basse deux canapés. Beaucoup de plantes vertes encadrent des fenêtres sans rideau baignées de la lumière du Sud. Madame porte un sweat qui représente une chouette ! Monsieur petit, rondouillard, bien conservé habillé style casual années 80. Ils lisent en écoutant de la musique classique. Une sonnette style carillon retentit.
Monsieur
« Tu attends un colis Antonella ? »
Madame
« Non »
Monsieur
« J’y vais »
Il sort de la pièce par une porte-fenêtre qui donne sur un jardin. Madame se replonge dans son livre. Il revient avec un courrier à la main.
Monsieur
« C’est un recommandé avec AR je me demande qui prend cette peine, pour nous emmerder certainement »
Il ouvre une enveloppe bien épaisse.
« Asfinag ? C’est quoi ce truc écrit en Allemand ? Attends, il y a une traduction. Ah ! C’est pour ma bagnole. Type de délit : Non-paiement du péage en Autriche…Contrôle automatique des vignettes sur le réseau routier autrichien soumis à péage. Montant des frais de péage fixé net 100 euros plus TVA= 120 euros ! Ils ne s’emmerdent pas. Il reprend la lecture : « Il a été constaté que les frais de péage dus en fonction du temps n’ont pas été prélevés correctement pour ce véhicule ». Correctement ? En plus c’est en fonction du temps ?!!
C’est une arnaque certainement. Attends je lis en diagonale tellement ça m’énerve.
Silence pendant qu’il lit
En plus ils ne mollissent pas : ils joignent les références de leur compte bancaire, et si tu ne payes pas dans le délai de 4 semaines : mise en place d’une procédure pénale par les autorités compétentes qui peuvent prescrire une amende de 300 euros et si tu ne payes pas l’amende peut passer entre 300 et 3000 euros !
Ils n’y vont pas de main morte les Autrichiens. Incroyable ! Même à 1000 km de distance, ils peuvent venir te planter direct des contraventions forfaitaires et des amendes, comme ça chez toi, direct, en France !
Attends je continue à lire : « si vous pensez que l’allégation de non-paiement des frais de péage n’est pas justifiée veuillez contacter Asfinag par e- mail et ce en anglais ou en allemand »
L’allégation ? Un peu que j’ai des questions ! Je n’ai jamais vu une mention de péage quelque part sur leurs autoroutes !!! Ça m’insupporte ce ton. Incroyable, et tout cela selon : « les articles 24 et 25 de la Directive (UE) 2019/520 »
Bon, voilà l’Europe qui débarque chez toi maintenant pour t’emmerder. Déjeunons. Je relirai tout ça après. Si ce n’est pas une arnaque c’est une belle illustration de notre Europe des nations, tu parles, du pognon oui, et du flicage en plus ».
Antonella
« C’est prêt, je t’ai fait du poisson et je me ferai un steak haché, et il y a des frites et des haricots verts, c’est la brasserie du bisou ici »
Monsieur
« Exactement et j’ai remarqué que tu mets de plus en plus de bisous »
Antonella
« Plains-toi mon Camille ! »
Camille
« Mais je ne me plains pas au contraire, allez à table c’est moi qui vais te servir »
Rideau
ACTE I SCENE 2
Deux paysans, un couple, dans un champ de pommes de terre ; l’homme en bleu de travail godillots et béret, la femme chapeau en paille tressée à larges bords, sabots et tablier sombre ; ils ont chacun un de ces paniers en bois assez bas et de forme rectangulaire qui servent à mettre les pommes de terre qu’ils ramassent en retournant la terre. Elles roulent dans le panier qui devient rapidement lourd, et ils le vident alors dans une brouette.
L’homme
« Francine, on s’arrête ? On en a déjà assez. La récolte est bonne cette année »
La femme
« On s’arrêtera quand on sera fatigués, ramassons tout et si nous on ne les mange pas les cochons les mangeront »
L’homme
« D’accord mais il fait soif »
La femme
« Tu as toujours un peu soif Firmin »
Ils se taisent et continuent leur travail. Un gamin de 14 ans arrive, en culotte courte, chaussettes hautes pull bleu marine sur une chemise blanche dont on voit le col, cheveux courts un béret sur la tête.
Le gamin Il crie de loin
« Maman, papa, le père Lados me prend comme apprenti ! »
Ils lèvent la tête, relâchent le long du corps la pioche à manche court qui leur permet de retourner la terre et attendent l’enfant qui se plante devant eux, en attente.
Le père
« Mon fils, allons fêter ça tout de suite »
La mère tout en embrassant son enfant
« Tu n’en rates pas une pour picoler »
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 3
Quatre ans ont passé : même champ, même habits, même travail. Les deux personnages adultes reviennent ; ils ont vieilli. Mêmes gestes.
Le garçon revient, un peu plus grand et un peu plus baraqué, sans son béret et en bleu de travail style garagiste, il dit sérieux
Le garçon
« Ça y est papa maman, j’ai mon CAP ouvrier forgeron serrurier et mécanicien »
Le père
« Ça s’arrose mon fils, ta mère et moi on est contents, bravo mon fiston tu l’as bien mérité, je le savais, je n’ai que des compliments du père Chargneaux »
La mère
« Oui ça se fête tu ne seras pas un domestique comme ton père »
Le père
« Y a pas de honte à être domestique, surtout quand on a sa terre à côté comme nous »
La mère
« Oui Le Firmin c’est sûr, allez on finit la rangée et on y va l’arroser ce CAP, c’est bien mon fils »
Firmin
« Oui mon garçon tu vas trouver un travail d’atelier facilement, tu ne seras pas comme nous, dans les champs du matin au soir, et du soir au matin, hein La Francine ? »
Francine
« Oui quand c’est pas toute la nuit pour sauver la récolte de la pluie ; allez petit attends nous, on arrive, la soupe est prête, lave toi les mains »
Le gamin repart, ils restent pensifs sans rien dire puis sortent.
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 4
Les mêmes paysans dans le champ, encore un peu vieillis, ils binent le sol doucement. Des mauvaises herbes à enlever. Ils rêvassent un peu. Leur fils arrive, habillé façon ville mais très modeste.
Firmin
« Tiens la Francine voilà l’André qui vient ; il a une allure un peu torve qui ne me plaît pas, l’aurait une question pas plaisante que ça ne m’étonnerait point »
Francine
« Tais-toi le Firmin, qu’elle lui répond, tendue : « ça va le gamin ? »
Le fils
« Faut que je vous dise » Silence Je me suis engagé pour être militaire »
Firmin, il éructe
« Putain merde si je m’attendais à ça ! Merde de merde. Mais mon fils, pourquoi ? N’ont pas besoin de forgerons -serruriers dans l’armée, tu vas faire quoi avec ton CAP » ?
La mère
« On ne va plus te voir mon fils, tu es fou ! »
Le fils
« M’ont dit que dans le génie je poursuivrai mes études tout le long de mon engagement, alors j’ai signé à Langon, je pars dans trois jours en train, à Bordeaux, j’ai mon billet »
Le père
« Eh ben ils t’ont bien eu les serpattes ! Putain tu verras merde l’armée ! Ah c’est beau dans les défilés mais putain quand tu dois enfoncer une baïonnette dans le ventre d’un schleu comme moi à Salonique ? Je t’ai raconté non ? C’était la peine de te casser le cul aux études pour tenir un flingue ? Ton CAP de serrurier il va te servir à peau de balle mais putain, des balles tu risques d’en voir dans pas longtemps avec le fou qu’ils ont recruté en Allemagne. Mon Dieu, viens, mon fils, on va se saouler et la Francine elle n’a plus qu’à pleurer dans la soupe et prier encore et encore pour que tu reviennes ; pourvu que ton frère ça ne le prenne pas non plus ! ».
Ils s’en vont, la mère complètement abattue lâche son outil.
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 5
Le garçon le fils, resté seul en scène, dans le champ il dit :
« Oui, c’est fini, la terre, l’esclavage, les bêtes, le ciel oui c’est fini la terre, les cochons, la ferme, fini de regarder le ciel tout le temps pour ceci ou cela, plus de parents sur le dos, pas domestique jamais, pas de patrons, pas de châtelains à tirer le chapeau bas.
Les châtaigniers, les pintades, les cages à lapin, les cochons, les poules, les jambons, le Sauternes, merde tout ça c’est fini. Il n’y a plus que l’armée maintenant. C’est ma nouvelle vie.
18 ans, c’est ma nouvelle vie à moi qui commence, pour moi.
C’est dur pour les parents mais il y a encore mon frangin ils ne seront pas seuls et moi je vais progresser et voir du pays. J’en ai marre de Langon et de Château Promis et de leur pinard.
Je risque ma peau s’il y a la guerre mais c’est ça l’armée c’est fait pour servir le moment venu ; s’il faut se battre, on verra si je suis plus con qu’un autre »
Rideau et fin de l’acte I
ACTE II SCENE 1
Nouveau décor
Le jeune maintenant âgé de 24 ans, de dos, assis face à un militaire style jeune officier de l’autre côté d’un bureau très ordonné, qui feuillette un livret. Un calendrier au mur 1944. Sur la manche de la veste d’André, des galons en triangle ; sergent donc.
Le gradé
« Vous n’avez pas chômé, sergent, déjà sergent je devrais dire ». Silence.
« Vous n’aimez pas l’inaction mon ami ». Silence
« Même pour vous évader vous n’avez pas traîné, 3 mois et s’en va ! » Il rit, puis Silence.
« Et moins de 4 jours après votre évasion du camp de Mirecourt en septembre 39 vous vous êtes pointé direct à la caserne du génie à Avignon pour demander une affectation. Pas de bol pour vous la guerre était pliée en métropole. Eh oui ! Donc on vous a envoyé remuer du papier à Bergerac puis à Nice et finalement ici à Montpellier, depuis mars 41 à l’intendance, où vous devez vous emmerder ferme.
Silence.
2 années à mariner au total. Pas étonnant que vous soyez volontaire pour l’AOF. Ok, un petit tour en Afrique Noire donc. » Et il rit. « Un petit tour de quatre années quand même ! Tant qu’à y être, autant en prendre pour son grade !»
Et il se marre.
« Donc mon petit gars vous allez embarquer à Marseille le 10 septembre et pour Dakar mon ami. Voici votre ordre de mission et tous vos papiers, 3 mois pour faire vos adieux à votre Juliette, et revenez me voir dans 4 ans ; rompez ! ».
Le Sergent (André, le fils ou le garçon)
« Merci mon lieutenant » Il salue et quitte le bureau.
Rideau
ACTE II SCENE 2
Nouveau décor, même pièce mais un peu monacal, style « Désert des Tartares » chambre de soldat, décorée très légèrement, sobre un vase style africain trône sur une table de bureau.
Monologue du Jeune, en uniforme, il a pris du galon.
Le Sergent
« 4 ans que je suis en AOF maintenant.
Dakar, Thiès, Tambacounda, terminé : je vais passer le prochain Noël en France.
4 années sans voir les parents ni mon frère, ni Juliette.
Le Sénégal c’est bien mais j’en ai marre c’est long 4 ans ».
Enfin je ne ramène que des bons souvenirs et une médaille, l’étoile noire du Bénin ça en jette ça !
Et une peau de Python !
Ce n’est pas tout le monde qui a mangé du python et vu le cul des singes, et bu le coup avec les villageois sous les baobabs.
Et mes défenses en Ivoire transformées en vases sculptés, magnifiques.
Bon je débarque à Bordeaux ça tombe bien, pas loin de la maison.
Me voilà adjudant à 26 ans c’est pas mal et croix de guerre en plus, avec citations au pluriel.
Je peux débarquer la tête haute. Mes parents et mon frère vont être fiers.
4 mois de perm pour commencer normal après quatre années sans avoir le droit de rentrer.
Juliette elle, elle ne va pas me reconnaître ! »
Rideau
ACTE II SCENE 3
Nouveau décor
Un magnétophone sur une table, rien d’autre à part une sculpture inquiétante drapée comme un fantôme. Une voix de femme s’élève.
« Bonjour…, je suis Juliette, je suis une âme, je suis morte, j’étais Juliette, Juliette la patiente on aurait dû m’appeler…
Pour commencer, 4 ans sans voir mon fiancé volontaire pour l’Afrique. Heureusement mes sœurs et mon frère m’ont soutenu.
Moi mes parents c’était la boucherie et la vigne, le vin rouge à Puéchabon dans l’Hérault à 30 km de Montpellier.
André mon mari l’engagé volontaire comme on disait à l’époque, ses parents c’était le cochon, les poules les patates et les dindons, et le Sauternes du chatelain du coin, de ce trou de merde de Preignac, dans leur ferme de Gironde, Miselles, que ça s’appelait, misère oui.
Je vais vous raconter un peu ce qui s’est passé. Mon mari vous l’avez compris, c’est le beau soldat engagé en faisant pleurer sa mère et râler son père qui avait fait 14-18 et qui savait ce que c’était la guerre.
André mon mari je l’ai rencontré jeune sergent en 1942 dans le petit train de Palavas ; c’était un jeune beau soldat, mince, il avait commencé la guerre en faisant péter des ponts sur lesquels il y avait des Allemands tant qu’à y être bien sûr. Ils l’ont chopé fait prisonnier de guerre mais lui, il s’évade au bout de trois mois ou quatre (mon fils Camille a encore sa carte Taride qui a servi à son père dans son évasion). 4 jours après son évasion du camp il revient se présenter à Avignon aux militaires qui vont le balader entre Avignon, Bergerac, Nice et Montpellier avant qu’il en ait marre et se porte volontaire pour l’Afrique noire. Ben voyons 4 ans pendant lesquels je l’attendrai, moi pauvre nouille amoureuse, apprentie couturière à Montpellier.
Pendant la guerre j’échappe aux Allemands, et j’y avais intérêt parce que mon père le Guiraud nous avait averti nous ses filles : la première qui couche avec un Allemand je la tue. On crevait de faim, on attendait la fin de la guerre et moi je l’attendais lui mon futur mari, militaire au Sénégal. N’épousez jamais un militaire, ils se baladent tout le temps c’est la règle deux ans ici puis deux ans là-bas.
A l’époque on allait en Afrique leur apporter la civilisation, leur faire des voies de chemin de fer et les enrôler dans nos armées. A l’époque, car aujourd’hui vous le verrez plus tard, on pille leur poisson et donc comme ils crèvent de faim ils viennent chez nous les pauvres en France se geler pour faire les boulots que nos braves français ne veulent plus faire. Qui s’en serait douté à l’époque ? La vie, ça va ça vient mais ça ne revient jamais comme avant.
André me revient donc un jour au bout de 4 ans d’Afrique noire, plein de médailles et il m’emmène faire connaissance de ses parents qui ne m’aimaient pas ; on se fiance quand même, et le voilà déjà barré, affecté à Paris à la direction centrale du Génie, et paf, le croyez- vous, au bout de 4 mois il se porte volontaire pour Madagascar.
N’épousez pas un militaire vous épousez du vent un vent qui s’appelle la France ou la république comme on voudra.
Et Monsieur le sous-officier prend le bateau à Marseille, et le Canal de Suez, et Port- Said, Aden, et enfin Tamatave, puis Moramanga, en septembre 1947. Moramanga, j’y reviendrai c’est le cas de le dire, mais ce n’était pas une page glorieuse de l’armée non pas glorieuse du tout.
1er Bataillon de marche du génie, je m’en souviens.
Eh oui ça chauffait là-bas aussi : l’insurrection de ces pauvres malgaches, ce n’est pas une belle page pour l’histoire de la France que la répression de cette rébellion, renseignez-vous : pas beau ; je n’ai jamais su si mon mari avait trempé dans ces horreurs mais comme il n’en a jamais parlé je crains le pire. Enfin je n’en sais rien.
C’était l’époque des colonies, et Madagascar… quel nom magnifique quelle île magnifique, le pays du mora mora, doucement doucement ça veut dire.
Pauvres malgaches révoltés ils en ont eu du courage et de l’inconscience surtout ; lisez, lisez, lisez les trains remplis de paysans en colère que l’on jette dans les ravins. Moramanga ! Mon Dieu, je ne savais pas que j’irais un jour dans cet endroit.
Et mon fiancé qui m’écrit : « tu viendras quand ça sera fini ». Mais en attendant, entre 1947 et 1949 pas une seule permission pour demander ma main à mon père. Alors il a fait ça par correspondance « envoyez moi votre fille je l’aime et veux l’épouser ».
Et moi je fais ma valise comme une vraie petite couturière que j’étais, toujours vierge me voici mariée en avril 1949, civilement et à l’Eglise à Tananarive à un militaire en poste à Madagascar ! L’insurrection s’était éteinte définitivement.
Je n’ai pas une seule photographie de notre mariage. Ils faisaient des routes et des ponts à cette époque, et des voies de chemin de fer. Ils avaient des noms les ponts, « pont Bailey » par exemple et ils bossaient dur mais la vie était belle on s’invitait les uns les autres je faisais des robes pour moi et pour ces dames et à Tananarive il ne manquait pas de belles dames à habiller.
Mon mari bossait dur le jour sur le terrain, le soir dans ses livres de maths donc et il gravissait les échelons de son grade de sous-officier. Adjudant puis adjudant-chef échelon 1, 2,3, puis 4.
Mon premier fils Camille, vous l’avez vu au début de cette pièce, dans son salon, est né à Tananarive une année après, en 1950. Il ne s’en est jamais remis, cette île est tellement douce, mais, j’anticipe. Tout allait bien à Madagascar mais il a fallu rentrer. Mais je vous laisse, mon héros de fils justement, le voilà qui arrive.
Rideau
ACTE II SCENE 4
Nouveau décor
Décor le salon du début
Camille revient il tient dans ses mains un tableau sous verre où sont accrochées sur du velours rouge bordeaux des médailles sous l’inscription « Honneur et Patrie ». Il semble perplexe, dubitatif.
« Mais qu’est-ce que je pourrais faire de ces médailles ? Quand je crèverai qu’est-ce qu’ils en feront ? Rien, tout le monde s’en fout, mais quand même c’est de l’histoire de France ça ! Putain quand je me regarde et que je vois ce tableau j’ai honte de moi ! Qu’est-ce que j’ai fait à côté de mon père ? Il faut que je trouve une solution, sinon, eh bien sinon, dans mon cercueil »
Entre en scène un autre sexagénaire moins rond plus déplumé, bien habillé un peu style chic des années 60.
Camille
« Salut Jean Paul je t’attendais ; regarde ! » (Et il lui montre le tableau).
JP
« Oui il a baroudé ton père »
Camille
« Eh oui tout ça pour voir un pays bouffé par la dette envahi par des étrangers et vendu aux américains.
Que de morts et de sacrifices derrière ces médailles…
Et l’autre qui fait ses cérémonies aux invalides en bombant son petit torse. Le petit énarque mondialiste. Je ne peux même plus le voir à la télé.
JP
« Arrête de te faire du mal tu viens à la plage ? »
Camille
« Oui mais qu’est-ce que je vais faire de ce tableau de médailles ? Tu parles honneur et patrie, qu’est-ce qu’il en a à foutre ce pervers »
JP
« Eh bien envoie-le à la grande chancellerie de la légion d’honneur pour qu’ils le mettent à la poubelle eux ».
Camille
« Non tu vois cette médaille ? Elle vaut toutes les légions d’honneur, c’est la médaille militaire, la plus haute distinction de l’armée ; il y a plein de généraux qui ne l’ont pas, celle-là tu dois la gagner en tant que militaire et pour faits d’armes. Donc la grande chancellerie de la légion d’honneur pas question. Ils fabriquent des médailles pour les femmes de président d’Amérique latine : Madame Lula ? Tenez pour mettre sur votre chapeau, la rosette d’entrée de gamme !
Tu sais j’ai remarqué il y a quelques années au défilé du 14 juillet une femme chef de bataillon. Je lui enverrai ce tableau de médailles pour qu’elle le mette dans son bureau. Une femme haut gradée ça veut dire qu’elle a plus de couilles que bien des généraux.
JP
« Ça certainement quand tu entends les généraux à la retraite qui viennent à la télé commenter la guerre en Ukraine tu te demandes tu as l’impression qu’ils se prostituent face à des jeunots qui savent tout qui font les questions et les réponses et qui s’en foutent en fait ce qui compte c’est l’audimat alors on fait du délayage à longueur de journée. J’en sais plus qu’eux ! Allez viens, tu as une bonne idée donne les à cette baroudeuse ; allons à la plage tant qu’il ne fait pas trop chaud »
Camille
« Sûr que ce n’est pas une bureaucrate de Bruxelles ».
JP
« C’est une bonne idée je te dis, sinon tu donnes une ou deux médailles à chaque membre de ta famille, mais quand on est mort on ne sait plus ce qui se passe après, donc il faut que tu trouves la bonne solution pour que tu reposes bien en paix ! ».
Tu vas faire faire des travaux chez toi non ? Eh bien tu coules les médailles dans le béton ; pour les jeter il faudra casser ta baraque !
Ils se marrent tous les deux.
Camille
« Très bonne idée je peux aussi les mettre dans le béton mais visibles derrière une vitre bien épaisse, je vais réfléchir »
Rideau
ACTE II SCENE 5
Nouveau décor
André debout dans un bureau face à un haut gradé on reconnaît le lieutenant du début et tous deux ont vieilli
André (maintenant gradé capitaine)
« Mon Colonel vous m’avez convoqué ».
Le Colonel
« Oui Capitaine, je tenais à vous dire adieu puisque demain vous nous quittez puisque vous avez fait valoir vos droits à la retraite. Vous vous emmerdez une nouvelle fois si je comprends bien ?
André
« Un peu mon Colonel, un peu beaucoup même, enfin oui »
Le Colonel
« Eh oui mon vieux c’est normal, quand on a vécu ce que vous avez vécu, mais on ne va pas faire des guerres juste pour distraire les vrais soldats, officiers, comme vous.
Dites-moi quand même vous en avez profité de toutes ces affectations où chaque fois vous vous êtes porté volontaire ?
J’en étais resté à Madagascar 1947 avec vous mais depuis (il regarde un dossier) Viet Nam, un peu de Laos au passage, le Tonkin quoi, puis la Tunisie et encore Madagascar décidément vous avez chopé le virus du fihavana dans ce pays, ou vous vous êtes fait fanafouter comme on dit là-bas ?
Et l’Algérie pour finir, le bled et le désert, et les barbelés après les rizières du Viet Nam et Madagascar. Quelle vie de soldat !
Vous avez chopé le palu, quand même je vois.
Avignon maintenant pour terminer vous vous emmerdez. Le Pont d’Avignon, on y danse, rien à voir avec les ponts qu’on fait sauter ou qu’on construit sur les rivières aux noms poétiques hein, et de préférence sous les balles, c’est encore mieux. Je vous plains mon vieux, enfin le vieux ici c’est moi.
Question décorations et citations vous avez fait le plein, normal, avec toutes ces guerres ou guérillas comme on veut, mais la médaille militaire il faut aller la chercher celle-là, bravo mon ami je suis fier de vous. Elle ne se brade pas celle-là elle ne se vend pas contre l’achat de Rafales ou de sous-marins, et réservée aux militaires Français enfin pour le moment.
Bon mon ami, je voudrais vous entendre dire quelques mots sur votre parcours maintenant que vous partez, votre meilleur souvenir de combat ? »
André
« Le Tonkin mon Colonel mes sapeurs mes tirailleurs sénégalais et marocains, les jours à faire la fête et les nuits à faire la guerre. Mais on ne m’a pas laissé sauter avec eux sur Dien Bien Phu, j’aurais aimé ; ils m’ont offert ce briquet que j’ai toujours sur moi, même si je ne fume pas »
Le Colonel
« Ah oui vous aviez demandé à sauter sur Dien Bien Phu, c’est écrit là, mais on vous l’a refusé et ça vous ne l’avez pas digéré, mais mon ami, vous aviez femme et enfant tant pis pour vous. Il faut choisir à un moment donné pouponner ou barouder, les deux à la fois c’est trop, l’armée a bien fait de vous protéger contre vous-même. Je plaisante, je vous connais.
Mais dites-moi, franchement quand vous étiez à Haïn Sefra dans le bled en Algérie à ramasser des lapins électrifiés par la clôture du camp pour qui avez-vous penché De Gaulle ou les généraux ?
André réfléchit puis :
« C’est trop récent pour en parler Mon Colonel je me suis tenu à carreau dans le bled, en attendant d’y voir clair et il n’y avait rien d’autre à faire mais les harkis Mon Colonel je l’ai en travers ; nos camarades de combat qui avaient choisi la France, on s’est comporté comme des salauds on les a abandonnés, ils se sont fait égorger par les fellaghas ; quant à ceux qui sont rentrés avec nous, j’ai honte, j’en ai marre de ces trahisons, honneur et patrie, c’est fini ».
Le Colonel qui l’interrompt
« Bon passons mon ami on ne va pas faire de cuisine politique quand on a vos états de service oubliez tout cela, définitivement, soignez votre palu come un bon souvenir et tournez la page, les pages de cette histoire et de toutes les trahisons de cette histoire par des politiques ou des militaires, on s’est compris n’est-ce pas s, on se connaît ; je vous dis adieu et bonne chance dans le civil »
André
« Merci mon colonel, il reprend le carnet que tient le Colonel et où sont récapitulés ses états de services, salue et s’en va. « Adieu mon colonel ».
Rideau
Fin de l’Acte II
ACTE III SCENE 1 JP ET CAMILLE ETUDIANTS
Une journée ensoleillée à la mer en Provence, septembre. Deux personnes 21 22 ans environ. On est en 1970.
Camille (jeune étudiant donc)
« On est bien ici, je crois que ce que je préfère c’est un travail où tu peux rêver, penser à tout sauf à ce que tu fais comme les vendanges par exemple ! »
JP
« Tu ne m’avais pas dit que tu allais essayer les classes préparatoires à St Cyr ?
Camille
« Si, j’y suis allé, pour voir, avec mon père, mais quand j’ai vu les deuxièmes années se mettre en rang par deux pour rentrer dans les classes j’ai craqué. Mon père n’était pas très chaud en fait, l’armée il n’y croit plus. Donc ce sera le droit, puisqu’en Lettres il y a tellement de monde qu’on n’arrive pas à s’inscrire »
JP
« Bon, quatre années faciles et puis ça mène à tout le droit… »
Camille
« Tu es exempté de service militaire toi avec tes pieds plats ! mais moi, il faudra que j’y passe après la fac donc 5 ans au total, avant de bosser »
JP
Ouais, le problème c’est le travail après la fac. On va se retrouver dans un goulet d’étranglement question boulot, tellement on est nombreux.
Ils n’ont jamais vu ça 800 en première année.
Bon on verra ; en attendant on va en profiter, avec toutes ces boums étudiantes il y en a une chaque semaine pratiquement !
Camille
« Ouais, avec ta petite Honda décapotable tu dragues qui tu veux, moi avec ma 4cv je rame !! »
JP
« Oui mais toi tu frimes un maximum au tennis, chacun sa technique ! »
Ils se marrent tous les deux.
Camille
« Et je vais encore progresser, vu le nombre d’heures de cours ! Je m’emmerde tellement que j’ai décidé d’apprendre le Russe pour meubler le temps, j’aime cette langue sans savoir pourquoi et en plus comme j’ai fait du grec, l’alphabet, les conjugaisons et les déclinaisons c’est facile. »
JP
« Le Russe ? Tu es malade, d’abord c’est difficile, ensuite ça ne sert à rien il n’y a qu’eux qui le parlent ! Moi c’est plutôt le Chinois que j’apprendrais à ta place, ils se réveillent il paraît. Tu as lu le petit livre rouge de Mao !? »
Camille
« C’est pour les gauchos qui vont en lettres ».
JP
« Pourvu qu’ils y restent et ne prennent pas le pouvoir un jour ces illuminés ! »
Camille
« En tout cas notre bac 68 il vaut que dalle tu verras quand on cherchera du boulot c’est la première chose qu’ils vont nous dire. »
JP
« On n’y est pas, je me casse j’ai un rencart avec Ghislaine. »
Camille
« Salut amuse-toi bien »
Rideau
ACTE III SCENE 2
Nouveau décor.
Camille seul s’entraîne seul à un entretien d’embauche ; le paravent montre un individu assez perplexe.
Camille
« Bonjour Monsieur »
Le Recruteur joué aussi par Camille, qui surjoue les rôles avec humour.
« Asseyez-vous et dites-moi pourquoi vous avez postulé ce poste en dehors du fait que vous cherchez du travail »
Camille
« Je cherche un travail de juriste dans un groupe industriel comme le vôtre qui fait beaucoup d’exportation »
Le Recruteur
« Ah oui, on se voit déjà dans les aéroports et les grands hôtels avec l’attaché-case à la main ! » Combien de langues étrangères parlez-vous en dehors de l’anglais bien entendu ? »
Camille
« Aucune, mais s’il le faut je peux me mettre à l’Espagnol ou au Russe même »
Le Recruteur
« Vous croyez qu’on apprend le Russe ou l’Espagnol comme ça en trois mois enfin en immersion peut-être. Vous avez eu de bons professeurs de droit, c’est certain, je le vois sur votre cv, mais naturellement vous n’avez aucune expérience encore..
Vous ne voulez pas faire un stage d’abord ? Je peux vous faire travailler sur droit des sociétés, mais je vous prendrai comme rédacteur des lettres de crédit vous voyez ce que c’est ? Vous avez déjà vu une garantie bancaire ? Ou une lettre de confort rédigée en anglais pendant vos études ? »
Camille
« Lettre de crédit oui mais garantie bancaire non. Lettre de confort je ne vois pas ce que c’est ; mais j’ai 23 ans maintenant et il faut que je gagne ma vie, à Paris, que je me loge etc. avec un salaire de stagiaire je n’y arriverai pas »
Le Recruteur
« A vous de voir, je vais être franc avec vous votre formation m’intéresse mais je ne peux pas payer quelqu’un à qui je devrai tout apprendre, vous voyez lettre de confort vous ne savez même pas ce que c’est !! »
Camille
« Oui mais j’apprends vite, et vous l’avez dit, j’ai une très bonne formation ; vous pouvez me prendre trois mois à l’essai, et me virer si je ne suis pas rentable »
Le Recruteur
« Elle est bonne celle-là 3 mois à l’essai mais c’est la règle mon ami de toute manière. Je vais réfléchir, en attendant je vais demander une graphologie de votre lettre de candidature vous avez une écriture qui monte drôlement sur la droite vous voulez vous envoler ou quoi ? Vous avez vu qui avant moi au service du personnel ?
Camille
« Madame Guerlain »
Le Recruteur
« Non pas madame Guerlain si c’était elle, elle ne serait pas au personnel mais au Ritz comme cliente ! Madame Merlain vous voulez dire. Ok je vais discuter avec elle quand nous aurons vu votre grapho et je dois voir 5 autres candidats avant de vous contacter éventuellement ; continuez à chercher un travail surtout, faites marcher votre réseau universitaire et apprenez une langue étrangère qui pourra vous servir style l’espagnol ou le portugais je ne vous demanderai pas le balinais c’est sûr, aurevoir et merci ».
Pour votre info j’ai reçu 80 candidatures dont une dizaine vraiment costaude, le choix va être difficile ; en plus vous venez de la province donc pas facile pour vous mais je vous dis aurevoir il faut que je regarde ces dossiers ».
Il montre la pile de dossiers devant lui.
Camille
« Je serais ravi de vous en prendre quelques-uns ! Merci Monsieur aurevoir, j’attends donc un contact prochainement ».
Il s’en va et revient jouer le recruteur
« 80 ? 120 oui mais comment vont-ils trouver du travail tous ces jeunes, 120 lettres de motivation et 120 cv à lire je n’en peux plus moi. Ah mai 68 une grande cuvée »
Rideau
ACTE III SCENE 3
Nouveau décor au bord de l’eau à la plage
JP et Camille, Camille tient un objet un peu Africain dans ses mains ls ont 27/ 28 ans maintenant
JP
« Je n’en reviens pas que tu aies largué ton boulot et ton petit studio dans l’Ile st Louis pour aller planter des tomates et des haricots verts au Cameroun !! »
Camille
« Non, pas que ça il y avait aussi la gestion d’un atelier de fabrication de sacs, l’étude d’une usine pour faire du lait concentré à partir de la poudre de lait européenne et aussi une usine pour fabriquer des plateaux pour les œufs à partir de vieux journaux ! »
JP
« Et finalement tu es revenu au bout de trois mois seulement qu’est ce qui s’est passé ? Il paraît que tu t’es fait remettre dans l’avion ? »
Camille
« Mes papiers n’étaient pas en règle Jean Michel n’arrivait pas à faire transformer mon visa touristique en visa de travail et j’ai dû revenir ! Mais sinon c’était super comme expérience quoiqu’un peu difficile sur le plan culturel »
JP
« Ouais tu m’en diras tant, on t’a remis ans l’avion tu as du pot tu avais ton billet retour sinon tu y serais encore et en taule »
Camille
« Oui mais qu’est-ce que tu veux, la France avait remis dans l’avion une centaine de Camerounais le mois d’avant alors ils se sont un peu amusés avec moi, le bon français qui essaye de filouter ; ils ont été très gentils en tout cas. Je ne regrette rien j’ai beaucoup appris en peu de temps.
JP
« Tu vas y retourner ? »
Camille
« Non je suis vacciné j’ai senti l’odeur de la prison et je m’en souviendrai toute ma vie de cette odeur ; moi ils m’ont fait dormir dans l’antichambre de la prison sur une espèce de mezzanine avec les riches prisonniers qui fumaient le cigare et donnaient les restes de leur repas aux gardiens ; leur femme leur apportait leur repas deux fois par jour ! Mais l’odeur tu ne peux pas imaginer 50 types au moins dans un couloir de 3 m de large sur 10 de long ; les plus costauds étaient devant contre les grilles.
Et puis si tu veux savoir ce qu’est une dictature tu peux aller là-bas : tu critiques l’état de la route et les mecs qui sont avec toi dans le taxi ils demandent à descendre tellement ils craignent qu’on les prenne pour des opposants ! Et là-bas les opposants qui ouvrent trop leur gueule ils disparaissent d’un coup comme ça.
En plus si tu es blanc tu es trop visible on croit que tu es riche. Je n’aime pas et je ne veux pas y retourner ».
JP
« Va t’inscrire au chômage pour commencer ! »
Camille
« C’est déjà fait, j’ai droit à rien ! »
JP
« Normal non ? Eh bien ça t’apprendra ! Tu es bon pour les petits boulots ; tu habites où à Paris ?
Camille
« Chez mes amis François et Mary sa femme américaine ils me logent c’est le cas de le dire dans une loge de concierge et je me douche chez eux…
JP
« Une vraie vie de bâton de chaise et moi pendant ce temps j’ai déjà deux filles »
Camille
« Je remonterai la pente avec un peu de chance mais je reste sur Paris c’est là où il y a du boulot »
JP
« Et tu as des nouvelles de Jean-Michel ? »
Camille
« Non, juste que mes papiers sont arrivés mais je ne retournerai pas là-bas je le lui ai dit. Les affaires c’est bien mais comme célibataire, le soir si tu ne vas pas te souler dans les boites et te faire une pute tu t’emmerdes ; il n’y a rien ; tu attends « le monde » comme le messie et il arrive avec deux ou trois jours de retard »
JP
« Bon eh bien tu vas voir pour le boulot, c’est un peu la crise sauf dans l’informatique, tu devrais chercher par-là. En attendant on t’invite à dîner ce soir »
Camille
« Merci je viendrai »
JP
« Tu as aussi les cabinets d’avocats qui recrutent si tu veux je te donnerai les coordonnées de mon patron à Paris »
Camille
« Non merci je n’aime pas ce métier »
JP
« Il ne faut pas faire le difficile, il y a un maximum de chômeurs diplômés qui cherchent du taf »
Camille
« Je sais mais là je cherche un boulot où je pourrai rester 10 ans j’en ai marre comme tu dis de la vie de bâton de chaise. Il faut que je me fasse un trou dans une boîte, pierre qui roule n’amasse pas mousse etc. Le seul ennui c’est le logement qui coûte de plus en plus cher et avec les taux d’intérêt à 14%, tu vois le travail »
JP
« Et tu oublies la pluie, il pleut sans arrêt là-haut, bon on en reparle ce soir viens vers 19 heures qu’on ait le temps de se prendre un apéro avant de dîner »
Camille
« D’accord j’emmène quelques fleurs à Cathy, et un peu de piment de là-bas tu n’as jamais goûté un truc comme ça allez à plus »
Rideau
ACTE III SCENE 4
Chez eux Camille et Antonella
Camille qui tient une lettre dans sa main
« Encore ! Ah mais c’est qu’ils insistent les Autrichiens d’Asfinag, ils m’informent qu’étant donné qu’ils n’ont pas reçu mon paiement de 120 euros ils doivent « transmettre le dossier aux autorités compétentes de Salzbourg afin qu’une procédure administrative pénale puisse être engagée. La facture d’origine est maintenant considérée comme étant sans objet qu’ils disent. Ah bon ? »
Antonella
« Tu aurais dû payer, maintenant tu vas devoir suivre cette affaire et ça va t’énerver »
Camille
« C’est pour le principe je n’accepte pas leur ton on se croirait pendant l’occupation, c’est psychologique en fait ou héréditaire je ne sais pas dès que je vois un texte en Allemand je ne supporte pas »
Antonella
« Ils appliquent une directive européenne Camille, attention ! »
Camille
« Tu as raison mais je ne supporte pas il y a quelque chose d’ agressif dans leur baratin, quelque chose de menaçant pour te faire peur, putain mon père ne s’est pas battu pendant la deuxième guerre mondiale contre les allemands pour que 70 ans après des allemands ou des autrichiens viennent me menacer comme ça chez moi en langue allemande même avec traduction en français ; ça me hérisse et en plus c’est une Allemande qui est à la tête de l’Europe, tu te rends compte du renversement de situation qu’ils ont réalisé ;et ils sont cul et chemise avec les Américains, pire que les Anglais, et je ne blaire ni les uns ni les autres»
Antonella
« Ne t’énerve pas, ça ne sert à rien, réponds plutôt à ton téléphone qui sonne »
ACTE III SCENE 5 MARY
Son portable sonne ; il est sur haut -parleur.
Camille
« Oui allo !! »
Mary (en Français mais avec un fort accent américain)
« Hello Camille c’est Mary, bonjour comment vas-tu ? »
Camille
« Je vais bien merci pour ta carte de Noël il n’y a plus que toi qui envoie des cartes en papier par la poste ; c’est vraiment agréable de la recevoir, j’ai honte je ne t’ai pas encore envoyé mes vœux ; tu vas bien ? Quand reviens-tu nous voir ? »
Mary (en Français, en riant mais avec un fort accent américain toujours)
Je vais bien mais j’appelle aussi pour avoir des nouvelles de François, je n’ose pas l’appeler ; est-ce qu’il va bien ? «
Camille
« Ecoute oui je crois que son nouveau traitement est bon et qu’il tient le coup en tout cas il marche toujours autant après chaque repas et il lit toujours autant aussi ; toujours un bouquin sur lui ; tu devrais l’appeler ou lui écrire par mail il serait content »
Mary
« Je n’ose pas il ne dit jamais réellement ce qu’il pense et surtout pas la vérité sur sa santé ou son moral »
Camille
« Je sais il faut rester au niveau de l’humour et des allusions avec lui jamais trop direct sinon il se ferme comme une huitre, je ne parle jamais politique par exemple avec lui ; et toi tu t’occupes comment, maintenant que tu ne travailles plus ? »
Mary
« Je lis beaucoup je m’occupe de mon frère et de mes amis voilà je reste seule maintenant plus de projet avec les hommes et surtout pas les français ! »
Camille
« Comment ça ? Une femme comme toi ? Je comprends que tu en aies marre des français mais on ne sait jamais, essaye un peu »
Mary
« J’ai vieilli ! Je t’appelle aussi parce que je suis inquiète pour le risque de guerre en Europe. Qu’est-ce que tu penses toi de cette histoire entre Russes et Ukrainiens ? »
Camille
« Tu ne vas pas être déçue : que vous en Amérique avec l’aide des Anglais qui sont toujours à votre botte, vous avez tout fait pour que cette guerre ait lieu pour ruiner l’Europe et la Russie en même temps, et ensuite venir nous faire payer pour nous aider à reconstruire ! Voilà ce que pensent les Français qui ne se laissent pas influencer par tous les bien-pensants. »
Mary
“ Les bienpensants c’est qui ? »,
Camille
« Toute la gauche, les écologistes, le centre et la moitié de la droite, Mary vous vendez vos armes, vous créez je ne sais combien de centaines de milliers d’’emplois et nous on paye tout plus cher pour vivre et surtout des centaines de milliers d’hommes d’enfants et de femmes sont déjà morts, des Russes et des Ukrainiens pour vous faire plaisir. Ce n’est pas abstrait la guerre »
Mary
“Camille il faut défendre la liberté des Ukrainiens d’être dans l’Otan et l’UE »
Camille
« Sans blague ? Et à Poutine ça lui plait les ogives nucléaires à 300 km de Moscou, vous avez fait pareil que lui avec Cuba tu ne t’en souviens pas ? L’Ukraine un des pays les plus corrompus du monde jamais je ne me battrai pour eux. Les Russes il ne faut pas venir les emmerder à leur frontière ; ils ne demandent pas plus ; De gaulle n’aurait jamais laissé cette guerre s’installer. »
Mary
“ Les Ukrainiens vous défendront contre les Russes »
Camille
“ C’est ça, et depuis quand les Russes nous menacent ? Les Ukrainiens font la guerre pour vous et à cause de vous. Sache qu’il y a beaucoup de Français qui sont contre l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan et dans l’UE. Vous voulez ruiner la Russie et l’Europe. Des centaines de milliers de morts européens pour que vous vendiez armes et pétrole.
Comment peux-tu croire à tout ce discours ambiant tu trouves ça normal cette belle unanimité ? On nous bourre le mou comme on dit ici en France, les médias officiels et les médias de gauche woke et consorts tu acceptes ça ? »
Mary
« Si tu viens à New York, on parlera calmement avec un bon vin de Californie ! »
Camille
« Non, je reste chez moi au pays des vins du Rhône ! Je t’embrasse »
Mary
« Je t’embrasse aussi take care et venez nous voir quand vous voulez »
ACTE III SCENE 6
Toujours chez eux Camille et Antonella, une sonnette extérieure retentit
Camille
« Ne bouge pas j’y vais »
Il revient avec un courrier
« Tiens de nouveau les Autrichiens ! Ils ne me lâchent pas voyons ça.
Ah c’est le land de Salzbourg qui m’écrit ce n’est plus le services Asfinag des amendes, sympa les héritiers de Mozart on y retournera !
Ils demandent le paiement de 300 euros maintenant.
Ah ça c’est nouveau : si on ne paye pas dans les délais il n’y aura pas de procédure administrative, il n’y aura pas d’enquête approfondie, il n’y aura pas de communication à d’autres autorités (au pluriel).
Merde c’est contradictoire ensuite ils disent « jusqu’à l’ouverture d’une procédure administrative seules les informations mentionnées dans la section B peuvent être délivrées, voyons la section B
Ah oui c’est la description du délit : les frais de péage en fonction du temps n’ont pas été prélevés correctement.
Non seulement ils ne t’informent pas qu’il y a des péages et qu’il faut payer quand tu es sur leurs routes mais en plus c’est en fonction du temps ! Quel temps le temps que tu passes sur l’autoroute ou en Autriche ?
Bon je continue : si vous ne payez pas l’amende en tant que propriétaire vous devez déclarer le nom du conducteur du véhicule ou de nommer la personne en mesure de déclarer le conducteur du véhicule !
Mais c’est vraiment comme un interrogatoire : il faut accuser un conducteur bientôt ! En plus je n’y comprends rien, écoute ça : aucun recours légal n’est autorisé vis-à-vis de la demande de déclaration du conducteur du véhicule (ou de la personne redevable de l’information) eh ben !!
Et en plus donc, si tu ne payes pas l’amende il y a un formulaire de déclaration ou de dénonciation pour ça en plus non mais quel est ce pays ?!!! Tu dois remplir avec le nom prénom du conducteur date de naissance et adresse !!!! et idem pour le nom de celui que tu dénonces comme sachant qui conduisait c’est la gestapo de retour ici !
Ah l’absence de déclaration ou une fausse déclaration fera l’objet d’une amende pouvant aller jusqu’à 10000 euros !!! Mais ils font ce qu’ils veulent pourquoi pas 100000 euros ou la prison ? Comme ça sans aucun contrôle possible de qui que ce soit !!
Et si tu veux leur répondre : en langue allemande obligatoire !! Quelle Europe ? Je croyais que le Français était une langue officielle …
J’en ai marre de cette Europe c’est de la surveillance du harcèlement carrément avec des punitions dans tous les coins. Tu as raison, le covid c’était un galop d’entraînement pour ces salauds qui veulent nous tenir en laisse et nous transformer en esclaves de leur bureaucratie et de leurs règlements, j’en ai marre de la dictature bureaucratique ».
Antonella
« Ecoute tu as raison mais tu ferais mieux de payer, tu vas t’attirer des ennuis »
Camille
« Mais tu te rends compte comment nous sommes harcelés alors qu’ils n’arrivent même pas à renvoyer un OQTF chez eux ni à mettre en tôle les dealers qui poussent comme des champignons dans cette ville.
Sans compter les terroristes qui pullulent tranquille grâce à l’ouverture de nos frontières ; si les dealers peuvent se procurer des kalashnikovs tu penses bien que des terroristes peuvent en trouver aussi.
On subit la totale dans ce pays : Insécurité, crise du logement, crise de l’hôpital, crise de l’école, crise de l’énergie, endettement colossal, impôts, charges, justice de merde et bientôt on aura plus le droit de dire ce qu’on veut ».
Antonella
« Bon, On le sait tout ça, si tu as décidé de t’énerver je vais à côté lire un bouquin »
Camille
« Bon j’arrête ; quand je dis que j’aurais aimé vivre à l’époque des cavernes c’est presque sérieux. Je vais voir JP ».
Rideau
Fin de l’acte III
ACTE IV SCENE 1
Décor style carte postale d’une plage avec mer
JP et Camille aujourd’hui sur une terrasse avec parasol et chaises de jardin ils boivent un pastis
Camille
« Qu’est-ce qu’on est bien comme ça au soleil abrité du vent. Ah tiens Il faut que je te dise j’ai signé chez Reconquête »
JP
« Ça ne m’étonne pas. Je reconnais qu’il ne dit pas que des conneries Zemmour et que depuis des années comme peu d’autres politiques il dit tout haut ce qu’il ne faut pas nommer, il avertit que ça va péter avec cette bombe à retardement de l’immigration économique ou politique, mais quand même c’est un peu focalisé, ça ne suffit pas à faire un programme pour toutes les questions »
Camille
« Tout est lié JP ; bien entendu l’immigration massive et de populations qui ne sont pas culturellement assimilables n’est pas la seule cause, mais une des causes de notre situation déplorable.
On a bousillé nous-même le système scolaire par souci d’égalité, on a fait un numerus clausus stupide pour les médecins on trouve toute excuse possible aux délinquants on tolère, on tolère, on encourage par cette tolérance et impunité toutes les dérives des incivilités, on ne gère pas la question de la drogue, on paye des centaines de milliers de personnes à ne rien faire, on a supprimé le service militaire, on fait de la discrimination positive qui tue le goût de l’effort, on laisse s’installer la fraude sociale et fiscale, on a des fonctionnaires par millions avec nos strates administratives on s’occupe des loisirs des gens, on s’est mis des boulets juridiques, des normes nouvelles sans arrêt, dans tous les domaines etc. »
JP
« L’immigration est une des causes mais pas la seule loin de là ; on ne peut pas baser un programme sur un seul sujet un rejet qui plus est, et surtout celui-là qui fait mal à la conscience de toutes les bonnes âmes généreuses avec le pognon des autres ou le pognon qu’on doit emprunter !
Tu oublies les conneries comme l’abandon du nucléaire, la transformation de producteurs en quémandeurs de subventions, l’assistanat à tout va, la mort de la valeur travail, les 35 heures payées 40, la gratuité de trop de choses, les nouveaux droits sans arrêt …Les trois quarts de tous ces migrants se demandent quel est ce pays où tout est cadeau si tu sais y faire alors pourquoi s’emmerder ?»
Camille
« Il faut arrêter ce flux de folie. Et par ailleurs je suis contre l’immigration choisie aussi parce qu’elle prive ces pays de leurs meilleurs éléments qui pourraient faire les révolutions chez eux. Regarde l’Algérie comment les militaires ont mis au pas tous ceux qui voulaient un peu plus de transparence, de démocratie et de partage de la manne pétrolière : en taule les manifestants. Et en nous envoyant leurs jeunes ils évacuent les chômeurs, les contestataires potentiels et ils reçoivent le pognon de ceux qui travaillent et cerise sur le gâteau ils nous coulent notre mode de vie par la démographie et la religion islamique. Ils ont tout gagnant les dirigeants Algériens.
JP
« On comprend qu’ils ne veuillent pas changer les traités, en effet, et en plus de tout ça, ils nous culpabilisent avec l’aide de nos bobos intérieurs, et nous crachent dessus jusque dans leur hymne national »
Camille
« L’immigration soi-disant subie par altruisme au nom des droits de l’homme, est en fait voulue : le patronat a besoin de bras ? Donc on ne contrôle plus les frontières, on subventionne les associations pro-migrants, on voit les décisions folles du Conseil d’Etat qui oblige à rentrer dans une procédure kafkaïenne pour renvoyer des migrants illégaux alors qu’avant on pouvait les ramener d’où ils venaient par exemple de l’Italie par une simple reconduite à la frontière.
Et ce n’est pas que de la recherche de main d’œuvre docile sous couvert de l’altruisme : il y a aussi une vraie volonté de tuer la culture française qui n’existe pas selon Macron, et de contrôler les Français par l’économie en noyant les Français sous les problèmes individuels et collectifs.
L’immigration est un des moyens de coercition ; ils veulent des consommateurs écrasés sous la nécessité, la contrainte des problèmes quotidiens, la peur et l’envie.
Ils ne veulent pas que le français moyen ait le temps de réfléchir, de se demander pourquoi on finance la guerre en Ukraine, pourquoi nos agriculteurs se suicident, pourquoi les jeunes brillants se tirent de France ; Alors ils laissent les problèmes économiques et sociaux se multiplier. C’est une stratégie c’est une volonté de nous écraser sous les problèmes et les loisirs, de nous tenir en laisse. C’est une sorte de covid social, par la peur, l’insécurité, la nécessité de bouffer écologique et les incitations de toutes sortes à la consommation stupide alors que tous les prix augmentent, qu’il faut se loger alors qu’il manque déjà trois ou quatre millions de logements ?
Et ces cons de gauche n’y voient que du feu ; ils ne pensent qu’à taxer les entreprises et les entrepreneurs tout en souscrivant à des assurances vie » !
JP
« Tu parles comme Zemmour »
Camille
« Un peu, oui, mais ils veulent nous abêtir collectivement nous contrôler individuellement et cerise sur le gâteau, tuer la civilisation française. Ce qui compte c’est consommer et fermer sa gueule, c’est l’objectif de ces élites je me répète : tous les problèmes du quotidien à régler, l’immigration et ses conséquences, la consommation sont des outils. Ils veulent nous noyer, nous tenir la tête juste au-dessus de l’eau, par l’appauvrissement collectif immigration ou pas immigration.
JP
« Non je ne vois pas comme toi un plan prémédité ; ils font connerie sur connerie d’accord mais c’est parce qu’ils sont tous d’accord car ils sont consanguins : tous énarques ils pensent tous la même chose au même moment, et si tu critiques tu es d’extrême droite, un facho »
Camille
« Tu as entendu parler de Davos, de Soros, des droits de l’homme, du gouvernement planétaire, de la libre circulation des biens et des personnes, de l’inclusivité ?»
JP
« Il n’y a pas de grand complot, il n’y a que la loi du marché, la connerie des politiques et l’égoïsme individuel. Tu mélanges tout, moi ce qui m’intéresse est l’économie, la bonne gestion, les impôts au bon endroit, l’arrêt des fraudes sociales et fiscales, le retour du nucléaire propre, la fin des gaspillages, la fin des emplois fictifs dans le public, la fin de l’assistanat incontrôlé, de bons salaires pour les emplois surtout lorsqu’ils sont difficiles et manuels, et moins de charges et plus de prisons pour la sécurité, et des lois appliquées pour une vraie sécurité et non une sécurité de papier, »
Camille
« Sûr qu’on doit mieux payer les emplois difficiles et arrêter de diplômer et d’entretenir par milliers des intellos qui ne veulent pas se salir les mains et qui ne veulent faire que le boulot qu’ils aiment, souvent en tentant de transformer leur passion par exemple la littérature, le théâtre, l’art en métier mais ils ne peuvent en vivre pour x raisons donc solution ? L’assistanat, la subvention. Et où est l’égalité avec la caissière de supermarché qui ne fait pas ce métier par plaisir ni vocation mais qui bosse et paye des cotisations et des impôts.
Ecoute JP, je ne suis pas raciste je n’ai jamais regardé comme différent de moi quelqu’un d’une couleur de peau différente. Je ne respecte que le courage quand ta situation te le permet. J’ai plus d’admiration pour le migrant qui quitte sa famille qui fait 5000 km souvent très risqués que pour tous ces intellos qui vivent à nos crochets pour assouvir leur petite passion personnelle et qui donnent des leçons d’altruisme et de démocratie en vivotant en fait grâce aux charges qui pèsent sur les travailleurs et les entreprises. C’est un vrai libéralisme qu’il leur faut à ceux-là et qu’ils aillent chercher leur pognon ; arrêtons de subventionner les hobbies des bobos.
JP
« Les hobbies des bobos ça sonne bien je trouve. Mais l’immigrant c’est bien celui-là que tu veux renvoyer à la mer chez Reconquête non ?
Camille
« Ne caricature pas je ne veux renvoyer personne à la mer, je veux qu’ils restent chez eux et y vivent dignement. Mais parmi ceux qui viennent ici peu viennent par goût pour la France, ils s’en foutent, la France c’est un portefeuille ! Si tu reçois sans rien faire 400 euros par mois et que dans ton pays le smic est à 120 euros par mois tu es un héros si tu envoies 100 euros par mois à ta famille là-bas. C’est l’objectif de beaucoup qui choisissent la France. Mais beaucoup aussi jouent le jeu, et forcent l’admiration parce qu’ils ont courage, envie de réussir, et que leurs enfants aient un futur de bon niveau ; le malien qui faisait les carreaux des vitrines dans mon quartier il a démarré à pied avec son seau et sa raclette et maintenant il a une camionnette et deux employés ! Il a plus de courage que les bobos qui pointent depuis la Thaïlande et ne veulent pas se lever avant 10 h du matin ; lui il démarre à 5 heures. Ils sont des dizaines de milliers comme ça, qui sont admirables mais malheureusement des dizaines de milliers d’autres n’ont qu’un mot à la bouche « à quoi j’ai droit, quand est-ce que j’aurai un logement ? Tu sais ce que j’ai envie de leur répondre ? Quand est-ce que tu fais la révolution chez toi ? Et aussi : On n’a plus les moyens tout simplement !
Regarde Antonella au bout d’une année son dossier retraite n’est toujours pas bouclé ; elle va gagner moins qu’un mec qui arrive nulle part, qui n’a jamais travaillé ni cotisé en France à qui on offre la santé gratuite, des allocs et l’hébergement ! Je me payais mon hôtel quand j’étais à Paris à chercher du boulot ! Et le logement ? 3 ou 4 millions de personnes qui attendent un HLM, et l’hôpital ? Tu attends un mois pour un IRM. L’éducation ? Le niveau de merde. La sécurité ? Toujours plus de flics toujours plus de violence. La justice ? Il faut trois ans pour un jugement. Les routes ? Ne sont plus entretenues.
Mais on s’occupe de nos loisirs on subventionne à tout va les concerts et les expos les festivals et les associations tout cela dans un Etat déficitaire. Certains s’en sortent très bien grâce à leurs diplômes recherchés, ou grâce à leurs parents ou leurs talents mais la classe moyenne son niveau de vie a bien baissé malgré le fait que dans un couple les deux travaillent etc. etc. »
JP
« Les migrants devraient rester dans leur pays et faire sauter les régimes corrompus qui les gouvernent.
Les ONG qui mettent du baume sur les plaies : elles retardent les révolutions qui s’imposent. Mais c’est un autre débat.
Camille
Non tu as raison, tu sais que j’ai longuement étudié la situation politique de Madagascar où je suis né eh bien tu donnes ce pays à la Suisse et en 20 ans ils t’en font un paradis et pas un paradis fiscal un paradis. Ils ont tout là-bas du sous-sol aux paysages pour être heureux, des ressources naturelles incroyables mais tout est exploité au profit de cinquante mille familles locales et entreprises étrangères qui tiennent tout là-bas, du sol au plafond ! Le pays est maintenu dans la pauvreté absolue, et tout ça avec la bénédiction des Eglises de l’ONU de l’Europe et de tous les pays pilleurs comme la Chine et d’autres, qui osent dire que c’est un pays démocratique parce qu’il y a des élections bidon.
JP
« Ecoute Camille là-bas c’est là-bas mais ici quelles sont les causes de notre malheur ? Je constate que tu as drôlement viré ta cuti pour un mec qui a voté Mitterrand en 2081 ; c’est la valeur travail qui a disparu avec les 35 heures et le reste, et tout découle de ça : le travail c’est devenu une peine de prison pour beaucoup ; la société des loisirs on la paye par l’abaissement général du niveau de vie : si tu ne veux pas bosser il faut que quelqu’un d’autre t’entretienne, par l’impôt ou par l’emprunt. »
Camille
« Tu ne vois que le problème économique, Zemmour a d’abord vu le problème civilisationnel d’une immigration incontrôlée, islamique et s’est rendu compte ensuite de l’état de délabrement de notre pays. On paye le chômeur professionnel, l’assisté professionnel, le fonctionnaire qui gère les flux, et les problèmes et l’immigré qui fait le travail. Celui qui soulève le tapis n’est jamais bien vu ! Il a le mauvais rôle, c’est tellement plus gratifiant d’être généreux avec le pognon des autres ou les emprunts qu’il faut souscrire ».
JP
« Bon on ne va pas résoudre ça tous les deux maintenant, là ici sur la plage ? Il y a une concentration Porsche à la Grande Motte aujourd’hui tu vas voir ces bagnoles ça va te réconcilier avec l’Allemagne aussi ! »
Et il se marre.
Rideau
ACTE 4 SCENE 2
Dans une pièce style salle d’attente, visiblement au Palais de Justice une salle adjacente sont réunis assis ou vautrés dans des fauteuils 4 personnes.
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
Entre une 5eme personne (très enjouée)
Nicolas Darsonville les mains jointes et faisant des courbettes
« Bonjour !! bonjour les amis, Bonjour à toutes et à tous, je vais parler en français car je sais que vous êtes tous des réfugiés qui parlent déjà cette langue c’est un super bon point pour vous et pour la France, super.
Bon, je me présente : je suis Nicolas l’avocat qui a été désigné par MSF, MSF vous connaissez naturellement, pour vous porter assistance dans la constitution de votre dossier de demande d’asile.
Bienvenue en France d’abord, et ici dans les locaux que nous prête le Palais de Justice. Soyez rassurés, beaucoup de français sont racistes et fascistes, mais ici dans ce palais de justice, c’est le droit qui dirige, les droits de l’homme d’abord.
Je vais suivre votre dossier. C’est MSF qui me paye donc ne vous inquiétez pas c’est gratuit pour vous.
Non on ne fume pas ici (l’un des participants était en train d’allumer une cigarette)
Le mieux aurait été de vous recevoir un par un mais pour gagner du temps et parce que vous n’êtes pas nombreux enfin ce matin en tout cas on va pouvoir discuter des bases du dossier qui sont je crois, les mêmes pour tout le monde.
Vous êtes tous des réfugiés politiques, hein ? Vous êtes arrivés clandestinement et il est urgent de monter un bon dossier en ce sens. Ensuite je vous contacterai individuellement pour finaliser avec chacun de vous votre dossier personnel.
Est-ce que vous avez des questions ? »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Je suis Oksana et comme réfugiée politique Ukrainienne. C’est facile non le dossier ? Combien je vais attendre pour les papiers ? J’ai besoin pour aller Paris, tranquille. »
Nicolas Darsonville
« Ok Oksana pas de problème une semaine ou deux maximums pas plus pour boucler ton dossier je te promets »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Nicolas je suis Rabé moi Malgache je veux aller aussi à Paris connaître mes cousins mais je n’ai plus l’argent »
Nicolas Darsonville
« Pour rencontrer vos cousins vous voulez dire ; vous êtes Malgache donc c’est plus difficile pour vous pour les papiers quel est votre motif ? »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Je viens pour travailler pour ma famille »
Philippe Darsonville
« Ah non surtout pas, il ne faut pas dire ça, ça ne va pas, il faut une raison politique ou autre spéciale, pas pour le travail, le travail c’est après quand vous aurez le droit de rester en France. Je t’aiderai, Rabé, mais il faut être patient. Comme Madagascar n’a pas de problème politique il faut une raison personnelle très forte, je vous aiderai à trouver la bonne raison, mais Bon Dieu comment tu as fait pour être déjà ici ? Depuis Madagascar ça fait une trotte tu me raconteras ton parcours car ils ne sont pas nombreux les Malgaches ici, quel courage et quel voyage, bravo mon ami ! »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Oui beaucoup de chance et bonne raison : pas problème politique, mais rien à manger, le kéré, la faim mourir de faim et maladies choléra, quatre enfants, demande ONG malgache ils savent eux, eux venir tout le temps dans le sud pour apporter riz »
Nicolas Darsonville
« Ok on verra mais la faim ce n’est pas politique c’est économique, asile politique impossible, mourir de faim pas politique, économique, on va voir ce qu’on peut faire quand même ensemble »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Merci Monsieur, moi pressé car famille attend argent du travail de moi, et moi tout dépensé pour venir »
Nicolas Darsonville
« Ok j’ai compris mais je t’avertis ce sera très difficile, mais on va trouver. Ali c’est toi ? » (Il s’adresse à Zinedine)
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Non Ali c’est moi ! Je suis sénégalais et moi aussi je veux travailler vite, moi pêcheur et je veux aller Bretagne »
Nicolas Darsonville
« Oui Ali c’est logique mais c’est comme pour Rabé : au Sénégal pas de guerre, pas de famine, pas de problème politique, des élections libres ont eu lieu très récemment, alors comment on va faire pour l’asile tu as une idée ? »
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Tu me dis et je fais comme tu me dis Tu es mon frère ! »
Nicolas Darsonville
« Oui mais il faut trouver une solution ! Difficile, difficile mais on va trouver, tu sais ce que tu veux en tout cas et courageux je vois, la mer en Bretagne c’est du sérieux ! »
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Moi pêcheur Sénégal, bateaux chinois et français prendre tout le poisson, plus poisson pour la famille alors solution venir en France, comme pêcheur ; moi je viens d’abord puis famille »
Nicolas Darsonville
« Eh oui mon vieux c’est le monde en l’envers avant les blancs colonisaient l’Afrique qui ne demandait rien et aujourd’hui les Africains colonisent l’Europe qui ne veut pas (enfin pour certains salauds) qu’ils viennent y vivre, alors qu’on pille leurs ressources. Mais tout cela nous dépasse, je vais faire le maximum mais il y aura beaucoup de travail ! Bon on y arrivera et toi mon ami tu es Zinédine donc, Algérien, tranquille là mon vieux c’est beaucoup plus facile, tu as de la famille ici à Avignon » ?
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
« Non pas de famille en France c’est pour ça que le regroupement familial ne marche pas je suis arrivé par la mer par le Maroc avec d’autres frères qui sont comme moi, je ne sais pas où ils sont. Comment on va faire ? Je suis bon travailleur agricole surtout la vigne et je veux travailler tout de suite et toucher de l’argent pour l’envoyer »
Nicolas Darsonville
« Ok mon vieux on va voir. Voici les papiers exprès pour les Algériens tu essayes de remplir tous les blancs et moi je finirai avec toi demain, ok ? C’est le premier contact on fait connaissance et on va travailler ensemble pour remplir les papiers »
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
« Oui merci beaucoup Monsieur je vais téléphoner à ma famille que tout va bien merci beaucoup »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Et mon mari tu as des nouvelles ? Normalement il est déjà Paris, tu peux regarder pour savoir, il est arrivé en Octobre et depuis moi plus de nouvelles »
Nicolas Darsonville
« Qu’est-ce qu’il fait en France ton mari ? Il est handicapé ? »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Pourquoi ça handicapé ? Quoi le problème ? Lui pas handicapé lui échappé pour éviter d’être prisonnier par les Russes et venir en France »
Nicolas Darsonville
« Non pas de problème mais les hommes Ukrainiens normalement restent et combattent sur le pays » Je ferai des recherches.
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Qu’est-ce que tu veux dire que mon mari lâche et peur des Russes ? Si toi veux y a aller à sa place te battre contre Russes tu peux ! »
Nicolas Darsonville
« Il ne faut pas s’énerver il y a beaucoup de difficultés déjà » Bon vous regardez les papiers vous faites ce que vous pouvez et moi je finirai avec vous ; je dois parler à d’autres avocats aussi, je vous laisse demain à la même heure ici commencez à remplir les papiers comme un brouillon, à demain !»
Rideau
ACTE IV SCENE 3
Dans leur salon Camille et Antonella. Camille lit à haute voix :
« Toujours les Allemands, non les Autrichiens, ce sont de vrais chiens loups ceux-là ! »
Antonella
« Arrête, tu ne me fais pas rire ».
Camille poursuit
« Peine de simple police avis d’amende
Cette ordonnance de contravention est immédiatement exécutoire en cas d’absence de recours » Un coup ils disent absence de recours un coup opposition c’est la traduction certainement …je n’y comprend rien …
Amende 350 euros contrainte par corps 1 jour 15 heures o minute !! Putain contrainte par corps ça veut dire prison dis donc ! J’ai échappé aux travaux forcés je vais finir au stalag !!
J’ai 2 semaines pour faire un recours (toujours en langue allemande ben normal alors qu’eux m’écrivent en Français.
Bon je vais attendre qu’on vienne me mettre en prison c’est manière de voir comment fonctionne l’Europe judiciaire ou pénale, ou de mes deux. Elle fonctionne certainement mieux pour punir ses citoyens tranquilles qui ne payent pas leur péage sans le vouloir et leurs amendes que pour punir les délinquants français ou étrangers qu’ils soient récidivistes ou non. Petit bourgeois je suis une cible de choix !
Antonella
Tu joues quand même avec des gens qui ont du pouvoir. A ce point ce n’est pas normal mais quand même, fais attention la politique du pire ça ne paye pas généralement. Qui sème le vent récolte la tempête : paye et amen !! »
Camille
« Ecoute je veux voir à quel point la France protège ses ressortissants quand on voit comment elle protège et coucoune les immigrés clandestins, et les voyous. Tu rentres dans le pays qui n’est pas le tien sans papiers, ce n’est pas un délit, tu voles et récidives pas un souci : travaux d’intérêt général quand on te convoque au tribunal trois mois après et que tu es assez sympa pour y aller.
Tu ne payes pas un péage qui n’est même pas indiqué ça devient une contravention puis un délit passible de prison ! »
Antonella
« Ça risque de mal finir pour toi, tout ça ; tu n’as pas l’âge d’aller en prison et pas les moyens de payer des amendes pour le plaisir de faire de la pédagogie pour les français qui s’en foutent de toute manière. »
Camille
« Je sais mais si c’est bien médiatisé ça peut faire réfléchir non ? »
Antonella
« Mais non, d’abord ton histoire ne sera jamais médiatisée vu les médias officiels qui ne veulent surtout pas de vagues ; ils ne parlent pas des viols de mémés de 80 ans alors pourquoi veux-tu qu’ils parlent de ton problème de riche, du français qui va à Vienne qui ne sait pas qu’il faut payer un péage qui se prend une amende, qui ne la paye pas et finit en taule c’est rien pour eux, c’est bien fait pour ta gueule au contraire.»
Camille
« Je ne suis pas d’accord avec toi il y a dans mon cas des ingrédients qui parlent encore aux français : la bagnole, les amendes, les poursuites, et pour conclure la taule pour un vieux con de retraité français qui a 75 ans et qui se balade en Autriche, c’est du piment tout ça dans leur assiette au 20 h de TF1 ou de la 2 !! Non ?
Si tu rajoutes un peu l’accent allemand et leur putain d’appel à la délation comme au temps de la collaboration pendant la deuxième guerre mondiale ça rappelle des souvenirs ! Tiens je fais lire leur prose avec leur putain d’accent « Ah fous foulez pas dénoncer celui qui conduisait si ce n’est pas fous !!!...Fous allez parler sous la contrainte par corps, ça c’est de moi mais on n’en est pas loin au niveau du langage menaçant c’est comme au cinéma non ?
Les Allemands ont perdu la deuxième guerre mondiale mais leur putain de mentalité de chef esclavagiste est toujours là. Ils ont gagné la guerre en fait, par l’économie grâce à l’Europe et à leur mentalité de bosseurs quand nous on signe les 35 heures les 5 semaines de congés payés et l’assistanat à tout va !
Antonella
« Calme toi chéri tu t’énerves pour rien, tu ne passes pas encore à la télé alors viens te coucher ! »
Rideau
Fin de l’acte IV
ACTE V SCENE I
Les vieux encore, dans leur salon, la sonnette d’entrée retentit.
Antonella
« Tu vas voir chéri ce que c’est, pour une fois je n’ai pas commandé de vin ! »
Camille
« On nous dérange toujours au moment de passer à table ; tu as peut-être encore commandé une bricole en Chine ? »
Antonella
« Non je n’ai rien commandé depuis longtemps c’est peut-être le voisin, vas-y mais ne traîne pas c’est prêt dans le four ».
Camille
« Ok ”
Il revient trente secondes après, un peu pâle accompagné d’un gendarme en uniforme
« Je reviens, j’avertis ma femme » dit-il au gendarme
Antonella
« Qu’est ce qui se passe chéri ? «
Camille
« Bon eh bien tu vas le manger toute seule ton rôti ! Tu te souviens de l’affaire autrichienne du péage ? Eh bien c’est la suite merde alors ! Il faut que je suive le gendarme, il m’a dit de préparer une petite valise, je n’y crois pas ! Je crois qu’ils vont me mettre en taule en France ou m’extrader !
On va d’abord devant le juge m’a dit le gendarme tiens lis cette convocation ! »
Antonella
« Mais ce n’est pas vrai ! Attends mais tu ne vas pas y aller ?
Matéo Pavupapri le gendarme
“Bonjour Madame, Il fait ce qu’il veut votre mari Madame, moi je ne vais pas l’emmener de force, mais la convocation est claire et elle dit « convocation remise en mains propres et après avoir pris quelques affaires de toilette et de rechange conduite devant le juge immédiatement pour y être présenté avant 14 heures ; c’est écrit sur mon papier et certainement sur le vôtre, vérifiez Monsieur »
Camille en lisant le papier bleu
« Oui effectivement : « vous devez répondre sans délai à cette convocation et vous présenter immédiatement devant le juge à l’adresse ci-dessous au plus tard avant 14 heure ce jour faute de quoi je me verrai obligée de mettre en œuvre la force publique pour vous faire présenter au plus tôt par devers moi. »
C’est signé Madame Lévina Bontemps juge d’instruction auprès du Tribunal correctionnel d’Avignon.
Et l’objet de la convocation est : étude de la contrainte par corps prononcée par le juge Walter von Damned juge auprès du tribunal des affaires fiscales de Salzbourg suivant ordonnance de payement restée sans effet.
Antonella
« Ce n’est pas croyable Ah l’Europe ! Ça marche quand il s’agit d’emmerder les citoyens et de leur faire payer les amendes ça marche mieux que pour ramener les clandestins délinquants récidivistes dans leur pays ! Je n’en reviens pas ! Je vais appeler la rédaction de Boulevard Voltaire, on va en parler de cette histoire !
Camille (qui était sorti pour aller chercher un sac revient gentiment en souriant vers le gendarme).
« Laisse tomber c’est TF1 qu’il faut appeler. Bon je n’ai pas été trop long vous voyez, vous voulez un café ? » Chérie tu me prépares un sandwich vite fait s’il te plaît ça me donne faim ces émotions !
Matéo Pavupapri
« Non merci pas de café, mais dépêchez-vous pour le sandwich, en plus je ne veux pas vous mettre en retard on a juste le temps d’aller au Tribunal et la juge vous attend »
Camille à qui sa femme tend un sandwich enrobé vite fait.
« Merci Chérie, j’y vais, je ne vais pas faire un bordel ici ; il n’y est pour rien le gendarme mais je crois que notre concert de ce soir est cuit. Je t’appelle dès que je peux ; tiens fais une photo de cette convocation de merde et envoie-la quand même à Boulevard Voltaire et à Valeurs actuelles et à qui tu veux, arrose au maximum ça va les intéresser cette histoire »
Il se marre
Il embrasse sa femme ensuite et dit au gendarme : « Bon Monsieur le gendarme je vous suis, je sens qu’on ne va pas s’ennuyer »
C’est un peu mal parti cette affaire. »
Matéo Pavupapri
« Attention à ce que vous dites Monsieur, je ne le prends pas pour moi naturellement, mais ils prennent vite la mouche au tribunal je vous donne un conseil pas de mots comme ça avec la juge, elle n’est pas commode »
Ils partent
Camille
« Tu vois chérie c’est bien ça il m’emmène peut-être en prison !!Merci du conseil Monsieur le gendarme, chérie on fait comme on a dit et à je ne sais pas quand ! »
Matéo Pavupapri
« On y va aurevoir Madame, il a son téléphone et son chargeur votre mari ? »
Camille
« Oui, et ma carte d’identité et un bon bouquin pour me détendre, allons-y le plus tôt sera le mieux, je suis curieux de savoir où tout cela va me mener. Les camps de concentration sont fermés non ? »
Matéo Pavupapri
« Je vous le répète Monsieur, ne faites pas le malin avec la juge, elle ne rigole pas avec les prévenus »
Camille
« Ah j’oubliais je suis un prévenu, merci Monsieur l’agent. Je suis étonné on ne va pas y aller à pied ? »
Matéo Pavupapri
« Non mon collègue nous attend dans la voiture bleue là au coin, dépêchons-nous, nous avons encore deux personnes à aller chercher »
Camille
« Ah bon ? C’est une rafle alors ? »
Matéo Pavupapri
« Je vous ai donné un conseil monsieur faites attention aujourd’hui on ne sait même pas si l’on peut faire une plaisanterie ; ces nouvelles lois bien floues sont dangereuses pour excusez-moi l’expression pour les grandes gueules ; faites attention même à votre âge ; un conseil, profil bas vous taire et de bien écouter »
Camille
« Ok merci encore une fois du conseil, Monsieur Pavupapri »
Rideau
ACTE 5 SCENE 2
Nouveau décor
Dans le bureau de la juge ; le gendarme a tapé à la porte on entend qu’elle lui a dit d’entrer et de la laisser seule avec Camille
Lévina Bontemps la juge française
« Bonjour Monsieur Camille, asseyez-vous. Je me présente, Juge Bontemps auprès du tribunal pénal correctionnel de cette bonne ville d’Avignon.
Vous ne pouvez pas payer vos amendes comme tout le monde ? Ça nous éviterait du travail comme si j’en manquais et vous ça vous éviterait qu’on finisse par vous passer les menottes ; je suis Juge et comme vous l’avez lu, j’espère, sur votre mandat d’emmener, chargée de vous imposer une contrainte par corps pour vous apprendre d’abord à ne pas payer vos amendes et aussi naturellement pour vous les faire payer sympa comme tâche »
Camille
« Alors comme ça on obéit direct aux juges autrichiens, en France, vous arrêtez vos concitoyens Français sur ordre, sans même entendre ce qu’ils pourraient dire ?»
Lévina Bontemps la juge française
« Vous n’êtes pas en état d’arrestation vous êtes sous le coup d’un mandat d’emmener que j’ai délivré moi-même maintenant ça ne veut pas dire que je ne vous ferai pas « arrêter » comme vous dites pour purger votre peine : un jour 15 heures et zéro minute, c’est précis comme une montre suisse »
Camille
Ou plutôt allemande, moi ça me rappelle un peu les films sur la deuxième guerre mondiale vous savez Madame, les ordres en allemand, la gestapo, rien à voir avec les gentils coucous suisses, on est dans la coercition, la menace ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Mais c’est qu’il a de l’humour mon concitoyen ! Je sens qu’on va passer un bon moment ensemble, vous voulez que je vous fasse passer les menottes pour vous mettre dans l’ambiance que vous décrivez ? Non ? Bon j’appelle le sieur Walter von Damned mon homologue, le juge autrichien qui ne vous veut pas du bien ! Qu’elle est votre profession « Monsieur Camille qui ne paye pas les péages » ?
Camille
« Je suis retraité »
Lévina Bontemps la juge française
« Ce n’est pas une profession ça ! C’est votre métier qui m’intéresse, avant votre retraite bien méritée certainement, vous aviez bien un travail ? Ne faites pas de l’humour avec moi Monsieur Camille je n’en ai pas le temps. »
Camille
« Madame Bontemps, je ne fais pas de l’humour, je n’ai pas demandé à vous connaître non plus. J’étais marchand d’art contemporain, j’avais ma galerie d’art mais en même temps j’étais juriste d’entreprise puisque j’ai fait des études de droit mais pas pénales je précise, donc je ne connais rien à votre métier puisque je n’ai pas l’habitude de fréquenter les tribunaux, donc j’aimerais que vous preniez un peu de votre temps pour m’expliquer comment il se fait qu’un fonctionnaire autrichien puisse au nom des accords européens me menacer de prison parce que je n’ai pas payé une contravention pour le non-paiement d’un péage invisible. Merci d’avance. ».
Lévina Bontemps la juge française
« Vous croyez que les juges ont que ça à faire : vous expliquer le fonctionnement de la justice ? J’ai 200 dossiers sur ma table qui attendent et moi on me fait dire en haut qu’il faut aller vite. Alors non, vous payez l’amende ou je dois poursuivre la procédure. Ça vous ennuie d’être là moi aussi si maintenant les petits citoyens se mettent aussi à se rebeller contre les lois où est-ce que l’on va !
Bon il répond ce skieur de fond autrichien ? Je l’appelle comme ça, entre nous, parce que visiblement il ne lâche pas le morceau. Vous vous en rendez compte. Ils ont du temps et de l’argent en Autriche, 5 courriers en 8 mois c’est du harcèlement ou ils veulent faire un exemple ».
Camille
« Le petit citoyen, il vous craint plus que la peste, parce qu’il est un bon petit bourgeois, justement avec beaucoup à perdre contrairement aux délinquants que vous voyez tous les jours et qui vous en font baver ; moi, je suis un citoyen bien trop facile pour la justice et la police.
Mais vous avez parlé d’exemple, je crois en effet que c’est un bon sujet pour les journalistes entre nous !
Est-ce normal de ne pas annoncer qu’il y a un péage à payer ? Ils ont trouvé un moyen de piéger les touristes sans investir en information ou poste de péage sans trop ne se fatiguer ni ralentir la circulation ! Vous y êtes allée en Autriche ? Moi je ne les ai pas vu les péages ni aucun avertissement quelconque : c’est un piège ce pays, j’ai même d’abord cru que c’était une arnaque ! Si maintenant il faut lire toutes les lois avant d’aller dans un pays ! Ouais ça va faire du bruit dans la presse ce truc : en prison à première demande pour non-paiement d’une amende ! Et ce avec la bénédiction de mon Etat. Quelle Europe !! tout ça à deux mois des élections européennes, ça va faire mal à la télévision un vrai feuilleton on n’est pas capables de garder nos frontières mais pour ce qui est de mettre en prison les citoyens ça marche avec von der Layen.
Lévina Bontemps la juge française
« A première demande vous exagérez, vous avez reçu quatre courriers et puis si vous voulez faire de la politique, pas dans mon bureau svp, la justice est indépendante, je vous en informe.
Camille qui s’apprête à parler interrompu
Lévina Bontemps
« Ah Mister Walter Von Damned? Yes, I speak English of course I am Mrs Levina Bontemps the French judge that you have contacted in order to solve the Monsieur Camille Case” Yes Exact perfect this is right so Monsieur Camille is in my office and not very happy indeed so have you something special you would like to say to me or to discuss moreover about your international EU requisition?
Nothing? You just want him to go to jail now as an example? Ouh ouh this is very very hard! Do you know that Monsieur Camille is 74 years old and was doing tourism in your country? Classic music, Mozart and so on? Not the subject matter! Yes, I see, I see, but Monsieur Camille does not see the same than you, I think.
So, are you sure? Prison one day plus 15 hours plus the maximum fine? Is that that you want and request, plus the justice fees? Are you sure? You are not going to make good reputation for your country; this story will finish in the newspapers and may be in French TV.
Monsieur Camille is a very intelligent person and I think ready to fight your views. No matter? Ok Ok I will pursue. Thank you; Yes, I will let you know of course.
No, I do not favor an extradition in your country we have prisons too in France and there is one just 5 kms from my office.
Ah you say the law is the law and that we must extradite him to Austria. I did not know I must check this with the Chancellery, because I am not used to this; I call you back and in between for today at last Monsieur Camille will stay here, not being allowed to go back home, I am not afraid that he may fly away!
You are in a hurry to close this matter? Me too but you may open la boîte de Pandore
You do not understand what is la boîte de Pandore. You know, TV , radios, newspapers, European elections and so on …No time to explain think about it and have a nice day I call you back asap...Bye!
Elle se retourne vers Camille :
« Vous avez compris je suppose ? » Le juge autrichien veut faire un exemple il me semble en tout cas il me demande votre extradition pour que vous fassiez votre journée et demie de prison en Autriche, un vrai bouledogue il ne lâche pas ». A elle-même : « je ne suis pas près d’aller dans ce pays ! »
Camille
Et alors qu’est-ce que vous attendez pour collaborer avec l’ancien occupant pour m’envoyer en taule là-bas ?
Lévina Bontemps la juge française
« Monsieur Camille, je suis plutôt gentille avec vous faites attention aux mots que vous employez : je coopère, je ne collabore pas, d’accord ? ».
Camille
« Oui mais je ne vais pas me laisser faire. Je veux me battre contre ces conneries je vous le dis. Dites-moi exactement ce qui va se passer svp »
Lévina Bontemps la juge française
« D’abord j’attends des instructions de la chancellerie de Paris pour savoir si vous devez faire de la prison et le cas échéant, si vous allez faire votre prison ici ou en Autriche. En attendant (elle sort et appelle le gendarme) je vais vous demander de rester bien tranquille dans la petite salle d’attente à côté ; Monsieur Pavupapri, Monsieur Camille reste ici dans cette pièce et pas de discussions svp, il n’est autorisé à passer d’appels ni à en recevoir qu’avec son épouse vérifiez svp. merci »
Camille
« C’est la Kommandatur ici ! Quand je pense qu’en prison ils ont des portables et des baisodromes ! Donc on poursuit la plaisanterie ? Vous allez obéir à un juge autrichien sans que je puisse être entendu ? Le dernier des malfrats en France a droit à un avocat et moi que dalle ! Fous exécutez les ordres de la Kommandatur ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Monsieur Camille, je vous ai dit de surveiller votre langage et surtout vos références à la deuxième guerre mondiale finie depuis 80 ans
Je n’obéis qu’à mes supérieurs et à la loi et vous devriez respecter les lois des pays où vous roulez en voiture et payer les péages. »
Camille
« Encore faut-il savoir qu’il y a un péage !! Je vous l’ai dit c’est du racket organisé leur méthode à ces sociétés d’autoroute et ils sont appuyés par leur administration. Ici c’est à qui appliquera le mieux les directives de Bruxelles, demandez aux paysans ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Bon ça suffit suivez Monsieur l’agent et à tout à l’heure ».
L’agent et Camille sortent
Monsieur Pavupapri
« Il va falloir que je me rase je sens qu’on va passer à la télévision dans pas longtemps, vous êtes un sacré numéro vous ! Vous me rappelez le film « Papi fait de la résistance »
Camille
« Je compte sur vous pour me faire de la pub auprès des journalistes ! »
Monsieur Pavupapri
« Tout le commissariat est déjà au courant ça ne devrait pas tarder à défiler, en tout cas je crois franchement malgré son air sévère que la juge elle vous a à la bonne je l’ai vue plus remontée que ça, je ne serais pas étonné qu’on ait déjà votre dossier Place Beauvau vous connaissez ? Vous savez votre genre d’affaire, ça remonte très vite et puis ça fait du ping pong entre la Justice, et la Police ! »
ACTE V SCENE 3
On va suivre en même temps la conversation de la juge et celle de Camille qui a un appel de sa femme.
Côté gauche : Camille et l’agent assis
Côté droit la juge au téléphone assise à son bureau mais nerveuse.
Le téléphone de Camille sonne ; il décroche et montre au gendarme qu’il est sur WhatsApp et que c’est sa femme qui l’appelle ; parallèlement la juge fait un numéro.
Camille au gendarme
« C’est ma femme, vous voyez, la juge a dit que je pouvais lui parler au téléphone »
Camille à sa femme au téléphone, en parlant tout bas pour que la juge n’entende pas mais le gendarme lui entend tout.
« Ah chérie dis donc on est en plein délire ici ; la juge ne sait pas trop quoi faire en fait elle ne sait pas si je dois aller en prison et si oui en France ou en Autriche, mais personne ne parle ici de me juger en France ; et c’est la prison plus l’amende de 300 euros plus les frais de justice que veulent les autrichiens !! »
Antonella
« Ecoute j’en ai parlé à Michel qui en a parlé à un copain qu’il a à FR3 et ils ont l’air de s’intéresser à ton cas il leur a dit que tu es sur le point d’aller en prison pour un péage pas payé en Autriche !! Du coup ils veulent un interview car ce n’est pas courant comme histoire »
Camille
« C’est génial ma chérie on va leur faire de la pub aux Autrichiens, attends que je réfléchisse et surtout que je ressorte d’ici et rentre à la maison. S’ils veulent un interview, ils vont être servis mais à la maison en direct sinon rien ! »
Antonella
« D’accord je vais leur dire d’attendre, que tu es devant le juge et que tu attends pour savoir si tu peux sortir ce soir. Michel veut en parler aussi à Valeurs actuelles »
Camille
« Non surtout pas il faut que cette histoire passe sur les télés officielles bien pensantes et bien à gauche »
Antonella
« Ok je lui dirai, bises mon chérie et ne te mets pas à dos la juge si tu veux sortir »
Camille qui se marre
« Tu peux compter sur moi elle se fait du souci à mon avis »
Le gendarme
« C’est bon raccrochez maintenant et arrêtez de jouer au martyre un bon conseil »
La juge au téléphone (elle parle fort et tout le monde l’entend ainsi que son interlocuteur inconnu)
« Oui Monsieur, je vous écoute car c’est délicat et je n’ai pas l’intention de faire une erreur, ça peut devenir polémique rapidement ce sujet vu le profil de mon interlocuteur, ce n’est pas le prévenu lambda »
X au téléphone
« Ne vous laissez aucunement intimider par cet abruti qui a envie de jouer avec les lois et les règlements ; comme vous je pense qu’il faut faire attention mais être ferme. C’est simple la loi toute la loi, que la loi, pas de sentiments, ni d’hésitation »
La juge au téléphone
« D’accord Monsieur, je fais quoi alors ? Je le mets en prison sans jugement comme ça ? Sans autre forme de procès c’est le cas de le dire ; en plus je ne connais pas ces réglementations internationales et je viens juste d’arriver et d’être mise au courant alors que ce dossier traîne depuis deux mois et qu’il n’y a pas une seule note à l’intérieur ! Je n’ai que la demande autrichienne »
X au téléphone
« Faites votre travail Madame le Juge si votre prédécesseur ne l’a pas fait, vous devez vérifier que cette décision administrative a le caractère d’une chose jugée sans possibilité d’appel en Autriche ni en France et que cette…décision qui a le caractère d’une pseudo sentence est conforme au droit européen et applicable de plein droit en France »
La juge au téléphone
« Je ne peux pas vérifier tout cela en une après-midi !!! et il est là dans mes locaux sous la garde d’un gendarme !! et il nous écoute, il n’y avait même pas de local disponible pour le faire attendre et le gendarme doit quitter son service maintenant »
X au téléphone
« Il n’est pas en état d’arrestation non ? Il a été convoqué pour lui signifier sa situation et le préparer, il ne va pas s’envoler, ce n’est pas un délinquant ni un OQTF donc renvoyez le chez lui et demandez d’urgence l’avis de la chancellerie une bonne fois pour toutes, bougez-vous car ce type de petite affaire de rien du tout peut devenir grosse et faire du bruit il faut au minimum être sûr du droit et l’appliquer, j’appelle la chancellerie place Vendôme et je leur demande d’activer l’étude du dossier que vous allez leur transmettre ce soir en urgence »
La juge au téléphone (elle regarde sa montre, il est 18h30 déjà)
« D’accord Monsieur, j’ai déjà fait le récapitulé du dossier et je fais la demande d’éclaircissements immédiatement et en attendant la réponse donc je le libère si je puis dire ?»
X au téléphone
« Oui renvoyez le chez lui, mais ce ne sont pas des éclaircissements qu’il vous faut de la chancellerie, ma Chère mais des certitudes écrites rappelez-moi dès que vous aurez reçu l’étude et la marche à suivre, merci et attention à la publicité, cette affaire ne me plaît pas du tout ; il y a tous les ingrédients d’une belle publicité pour l’extrême droite à deux mois des européennes, faites attention mais je ne vous ai rien dit ! »
La juge au téléphone
« Entendu Monsieur je vous tiens au courant et je le renvoie chez lui et le reconvoque dès que j’aurai la marche à suivre si nécessaire, mais je ne peux pas l’empêcher de raconter sa vie à ses amis ; bonne soirée Monsieur »
X au téléphone
« Bonne soirée, et ne vous inquiétez pas tout va bien se passer »
La juge raccroche et toute seule
« Tu parles je sens que ça va dégénérer cette affaire, ils sont fous ces autrichiens quand je pense qu’ici pour mettre un type en cabane il faut une putain de procédure d’enfer et chez eux n’importe quel gratte papier t’envoie au trou. Sympa comme débuts dans mon nouveau poste ; je ne vais pas encore rentrer chez moi avant 21 heures, j’en ai marre de ces affaires pourries qu’on m’a laissées ça va être sportif et il commence à sortir le parachute pépère, à moi le bâton merdeux koâ !
Elle ouvre sa porte et :
« Monsieur Pavupapri (à voix basse) « Bon Dieu pour un flic un nom pareil ça ne s’invente pas ils vont s’éclater de rire les journalistes si tout ça arrive à leurs oreilles, Monsieur Pavupapri, voulez-vous svp raccompagner Monsieur Camille à son domicile, svp évitez d’ébruiter cette affaire vous êtes tenu par le secret professionnel je vous le rappelle gentiment »
Le gendarme
« Oui Madame le Juge mais tout le monde est au courant au commissariat, je suis désolé mais l’affaire est trop grosse pour rester inconnue, ils ne parlent que de ça et comparent avec les dealers qu’on relâche malgré des récidives longues comme le bras. Mais me concernant moi je ne dirai rien à personne je rentre direct chez moi après avoir déposé Monsieur Camille chez lui »
La juge
« Allez Monsieur Pavupapri je compte sur vous, à demain 9h vous me ramènerez Monsieur Camille, voici une nouvelle convocation que j’avais préparée par précaution,
Et s’adressant à Camille
« Vous, prenez votre brosse à dents demain matin » Et elle sort en riant. Il est 18h30.
ACTE V SCENE 4 Camille sur TF1 20heures
Camille dans son salon des caméras et micros partout ils sont quatre : lui, son épouse, un preneur de son un caméraman et le journaliste local qui coordonne l’interview en direct avec Antenne2 au journal de 20 heures ; sur un écran on voit le présentateur du Journal télévisé et on l’entend :
Méga Macarel
« Bon l’interview commencera à 20h18 et durera 3 minutes, soyez prêts, merci »
Camille
« Je suis prêt c’est quand vous voulez »
Le journaliste local
« Soyez factuel expliquez bien votre situation, dans 20 minutes maintenant »
Antonella
« Quelqu’un veut un verre d’eau, quelque chose, un thé ? »
Le journaliste local
« Ça y est c’est l’heure tenez-vous prêt c’est à vous dans 5 4 3 2 1 ; bonjour à tous, je suis avec Mr Camille retraité avignonnais qui risque la prison pour une contravention non payée en Autriche expliquez-nous Mr Camille ce qui vous arrive et qui n’est pas banal ; c’est à vous ! »
Méga Macarel
« On vous écoute Monsieur Camille, alors si j’ai bien compris un jour et 15 heures de prison pour une contravention non payée en Autriche ?
Camille
« Eh bien c’est simple, L’été dernier on est passé par L’Autriche et on n’a pas vu de péages ni d’information par la quelle il y avait un péage à payer sous forme de vignette à acheter. Et deux mois après notre retour j’ai reçu en allemand et en Français une lettre m’appliquant une amende ; ils avaient mon adresse car la réglementation européenne prévoit l’échange d’informations sur les titulaires de plaques minéralogiques. Donc les Autrichiens responsables des autoroutes (Asfinag ça s’appelle) ont obtenu mon nom et mon adresse et m’ont envoyé la lettre recommandée en me mettant une amende de 90 euros !! Ça ne m’a pas plus et je n’ai pas payé. J’ai reçu une 2eme lettre de relance 200 euros. Et ensuite ce n’est plus Asfinag qui m’a écrit mais c’est l’autorité administrative du Lander comme ils disent là-bas, toujours pareil toujours en allemand et en français mais 350 euros pouvant être porté à 1000 euros et le pompon c’est la 4 -ème lettre du Lander qui là me menace carrément de prison et hier je me suis retrouvé devant un juge convoqué au Tribunal d’Avignon, et emmené par un gendarme ! »
Méga Macarel
« Vous êtes donc menacé d’un jour et 15 heures de prison pour non-paiement d’une amende en Autriche ! Que comptez-vous faire allez-vous payer cette contravention, ou vous retrouver en prison ? »
Camille
« Monsieur ce n’est pas ça le vrai sujet : mon père n’a pas fait la guerre de 39 45 pour qu’une autorité administrative autrichienne m’envoie en prison comme ça, tranquille depuis Vienne sans jugement sans qu’on m’écoute ! C’est devenu quoi l’Europe un régime de terreur administrative sur les citoyens. A quoi ça sert d’avoir vaincu les nazis. ! »
Méga Macarel
« Mais pourquoi ne payez-vous pas simplement ? »
Camille
« Ce n’est pas le sujet je vous dis, le sujet c’est l’Europe de merde Monsieur, depuis quand en France on met en prison les gens qui ne payent pas une contravention ? Vous avez vu ça vous ? Et sans intervention d’un juge, sans jugement en tout cas et là depuis Vienne, une administration autrichienne demande qu’on me mette en prison ? »
Méga Macarel
« C’est la coopération européenne, Monsieur, mais surveillez votre langage Monsieur sinon je serai dans l’obligation d’interrompre cet entretien. Je répète ma question qu’attendez-vous pour payer, qu’on vous mette en prison ?
Camille
« Justement, j’attends oui, je veux savoir à quel point nous nous sommes soumis nous français aux règles européennes, à quel point on ne défend plus nos citoyens puisqu’un gratte papier autrichien peut envoyer en prison un citoyen français comme ça parce que c’est l’Europe ! « Vous trouvez ça normal vous ? »
On marche sur la tête comme dans les sculptures de Bromley, moi je réfléchis comme le penseur de Rodin et je me dis que ce n’est pas normal »
Méga Macarel
« On voit que vous avez été au Musée Rodin, c’est intéressant votre comparaison malheureusement on n’a pas d’images de ces sculptures à montrer là tout de suite ! Donc vous prenez ce risque pour contester le droit européen, vous tout seul dans votre petit coin en risquant la prison. »
Camille
« Oui on est dans une Europe anti-citoyens ; on a refusé le traité de Lisbonne ils se sont assis sur notre refus. Mais eux, ils appliquent sérieusement les règlements en Europe quand il s’agit de punir les citoyens de base. Pour du pognon ça ne rigole pas mais pour la démocratie ils se sont assis dessus, je ne les respecte pas ces faux-culs de bureaucrates Bruxellois ! Donc je me révolte oui et je répète on n’a pas résisté aux allemands nazis pour se voir traiter comme des veaux par des fonctionnaires autrichiens depuis leur pays, depuis Buchenwald. C’est la kommandatur qui revient sous le drapeau bleu de l’Europe ! Et pour finir, rien que de voir un texte écrit en allemand ça me donne des boutons, c’est psychologique je ne peux pas blairer ni les Allemands ni les Autrichiens ; c’est bien pour Mozart qu’on est allé là-bas pas pour leur mentalité germanique et leur bouffe de merde. »
Méga Macarel
« Monsieur Camille vous vous égarez la guerre est finie depuis longtemps vous ne seriez pas un peu comme ces japonais qui continuent la guerre tout seuls sur les îles perdues du pacifique ? La loi c’est la loi européenne maintenant d’abord, avant même la loi française, on est en 2024 et plus en 44 ! il faudrait tourner la page non et rester poli accessoirement, dernier avertissement !? »
Camille
« Monsieur Macarel, nos parents et grands-parents ne se sont pas battus pour une Europe du pognon et des taxes et de la coercition des citoyens on a même plus le droit de dire ce que l’on veut. »
Méga Macarel qui le coupe
« Mr Camille, je vous coupe, nous sommes en ligne avec le Procureur de la justice autrichien on me dit qu’il veut intervenir car on doit écouter aussi la position autrichienne (je me demande comment il a eu notre antenne mais bon c’est une autre histoire), Monsieur Von Damned c’est à vous »
Von Damned (en Français mais avec un fort accent style 2eme guerre mondiale)
« Bonsoir Messieurs Mesdames che me présente che suis le Chef Procureur qui est chargé de cette affaire et che veux expliquer la situation »
Méga Macarel
« Bonsoir Monsieur le Chef procureur, je vous laisse la parole »
Von Damned
« Merci beaucoup ; cela est simplel, Monsieur Camille il a utilisé les autoroutes autrichiennes sans payer péage, alors il a reçu son amende chez lui, grâce aux accords européens de coopération et il n’a pas foulu la payer alors on continue la poursuite jusqu’au bout de cette affaire ! Et le règlement autrichien prévoit la prison un jour et quinze heurs plus tous les frais et naturellement l’amende c’est tout, c’est normal c’est la loi, il n’y a pas de rapport avec la deuxième guerre mondiale ni le nazisme, fous comprenez merci et aurevoir »
Méga Macarel
« Attendez Monsieur le Chef procureur, Monsieur Camille dit qu’il n’y a pas d’information sur les autoroutes, sur le péage à payer »
Von Damned
« Quand fou fenez en Autriche fous devez connaître la loi et la respecter en Autriche on n’a pas besoin de rappeler la loi partout ; alors amende et prison ça être normal maintenant après un an de trafail pour la procédure, fous comprenez merci et aurevoir ».
Méga Macarel
« Monsieur le Chef procureur, c’est un peu sévère non ? Quand les Français ont signé cette directive devaient-ils connaitre la sévérité de vos lois, des lois de chaque pays, de 27 pays ? »
Von Damned
« Ce n’est plus la question maintenant, la directive ils ont signé, nous afons respecté la directife européene, che afertis les touristes comme ça de faire attention pour prochaine fois ils fiennent en notre pays ; merci et aurevoir ! »
Méga Macarel
« Aurevoir Monsieur le Chef procureur, bonne soirée ; Eh bien c’est sûr que les touristes sont avertis maintenant, grâce à vous Monsieur Camille, votre mésaventure servira au moins à quelque chose ! »
Camille
« Je l’espère ».
Méga Macarel
« Bonne soirée et j’espère que fous n’irez pas en prison ! »
Camille en riant
« Je me battrai jusqu’au bout, bonne soirée à tous »
Rideau
ACTE V SCENE 4
Chez la juge Lévina Bontemps
La Juge au gendarme :
« Vous pouvez nous laisser Monsieur le gendarme ; il a déjeuné Mr Camille ? Oui ? Bien je n’en doute pas il devait avoir un bon appétit après son cinéma d’hier soir, vous avez vu ça Monsieur le gendarme ? Non ? Vous regardiez le foot ? On ne parle que de ça dans les couloirs du Palais et j’ai l’air d’une bonne conne, avec un cas pareil. Bon passons aux choses sérieuses » !
S’adressant à Mr Camille
« Vous êtes content ? On peut dire que vous avez fait un tabac hier soir à la télévision vous avez mis les rieurs de votre côté ! Du grand art sans avoir l’air d’y toucher ! J’aurais dû me méfier ! Ah le gentil petit retraité que voilà mais il a signé à Reconquête ! Je me suis renseignée depuis hier ; vous avez le sens de la communication, attendez je lis Et elle lit un journal :
« Gros succès d’audience hier soir pour la 2 avec l’interview de Mr Camille qui a raconté selon sa formule comment l’Europe se nazifie et marche à l’envers et sur la tête à la fois comparant images à l’appui la statue de Rodin le penseur à la France de la raison, et les sculptures de l’Anglais Bromley à l’Europe de la folie destructrice des valeurs européennes notamment de la raison ; il a expliqué tranquillement en plein 20 heures que selon lui l’Europe avait une pratique digne du troisième Reich, puisque un bureaucrate Viennois pouvait faire mettre en prison un français sans jugement, sans qu’il puisse se défendre»
Eh bien vous n’y allez pas de main morte Mr Camille, d’abord vous dites des mensonges, ensuite j’ai le Secrétaire général du Ministre qui me demande comment j’ai fait pour ne pas vous avoir encore mis en prison (un jour et 15 heures je vous le rappelle) ! Selon lui cela vous aurait coupé l’envie d’y revenir en prison, car selon lui, certaines de vos allégations relèvent de l’insulte ou de la haine et il est en train d’analyser vos propos pour voir s’il ne peut pas vous inculper. Qu’est-ce que vous en dites ? »
Mr Camille
« Je m’en fous, qu’il m’inculpe je serais heureux d’être mis en prison par mon pays parce que je traite l’Europe de nazis bureaucrates ; j’ai dit ce que je pensais et ce que pensent des millions de Français et peut-être des millions d’Européens aussi, il n’y a pas que les Français qui en ont marre de leurs directives, de leurs normes et de leur passoire organisée de frontières, et de leurs voitures électriques une connerie sans bornes (électriques) ! Je remarque au passage que vous avez l’information comme quoi je suis chez Reconquête ! Ah ah à part ça on n’est pas fiché ni contrôlé au royaume des libertés individuelles en France, je ne suis pas fiché S dès fois ? Merde alors, je peux vous montrer la photographie des hémorroïdes de ma femme si vous voulez ! »
La Juge
« Attendez là, ça suffit, vous en rajoutez, vous aggravez votre cas, je n’ai rien entendu mais s’il vous plaît n’en remettez pas une couche »
Mr Camille
« Bon qu’est-ce qu’il est permis de dire maintenant ? Rien ? On va boucler tous ceux qui l’ouvrent ? Propos haineux que ça s’appelle ? Oui je très suis content de ma petite minute de pub contre l’Europe, Macron et la mère Von der Layen. Ah le super attelage ou couple franco-allemand. Être gouverné par une allemande ça me tue, quand je pense à mon grand-père et à mon père qui ne pouvaient pas blairer les boches eh bien moi c’est pareil, je ne les encadre pas ces premiers de la classe qui trichent au football et nous font fermer nos centrales nucléaires, pour se chauffer au charbon le plus polluant d’Europe »
La Juge
« Stop d’accord ?! Je dois appeler mon confrère le juge Autrichien, il doit être furieux de l’exploitation éhontée que vous faites de votre cas »
Mr Camille
« Ça je n’en doute pas mais s’il est juge et n’a rien jugé du tout il obéit à son Lander à des bureaucrates qui s’expriment comme des nazis qui appelaient à la délation. Mon grand-père et mon père doivent se retourner dans leur tombe ! Madame la juge qu’est-ce que c’est ce ton ces menaces ces moyens incroyables mis en place pour punir les pauvres citoyens d’une frontière à l’autre pour un péage invisible et impayé par conséquence. L’Europe devrait les obliger à installer des péages. Ah je sais nul n’est censé ignorer la loi mais je suis prêt à parier que même vous vous seriez incapables de connaître votre code pénal tellement il y a d’articles dans tous les sens et sans compter le code de procédure pénale qui permet de faire sortir les truands de taule pour le moindre petit vice de forme, et eux de là-bas à 200 km de leur ancien camp de concentration ils viennent me faire mettre en taule pour un péage puis une contravention impayée ? ! »
La Juge
« C’est vous qui êtes impayable Monsieur Camille prenez un avocat qui vous trouvera un vice de forme mais dépêchez-vous, car votre affaire est au plus haut niveau maintenant et bonjour pour ma carrière ; votre sort sera réglé dans la journée ou demain au plus tard, mais moi je vais traîner une casserole toute ma carrière »
Mr Camille
« Ah oui ? C’est devenu politique peut-être mon péage impayé ? »
La Juge
« Par votre faute : vous vous servez de votre problème personnel minable pour faire de la politique à deux balles à 2 mois des européennes avouez, ne me prenez pas pour une idiote ! » Ils auront votre peau là-haut je vous le dis, je ne sais même pas pourquoi j’essaye de vous faire comprendre la gravité de votre situation »
Mr Camille
« Oui c’est grave je n’ai pas payé un péage d’autoroute que je n’ai jamais vu, mais tous les clandestins qui rentrent dans notre pays les doigts dans le nez par centaines de milliers ça ne les dérange pas à St Germain des Près ?».
La Juge
« Mais vous êtes indécrottable vous et vous mélangez tout »
Camille
« Non Madame le juge je ne mélange rien. Il y en a plein vos bureaux des clandestins illégaux légaux. On a changé la loi pour eux : ils viennent en toute illégalité mais ce n’est plus un délit et ma contravention non payée c’est un délit passible de prison, merci les traitres du Conseil d’Etat et l’Europe !
La Juge
« Je ne veux pas être mêlée à ça. Ici dans mon bureau on applique la loi, point. »
Mr Camille
« Oui Mme le Juge la loi des entreprises qui veulent de la main d’œuvre pas chère, et des futurs pousseurs de caddies, la loi des bobos progressistes bien rassemblés par leurs valeurs communes de solidarité, de fraternité et d’égalité, qui veulent créoliser la France et tuer la civilisation française au passage, qui confondant volontairement toute l’humanité qu’on doit à chaque ’homme et toute la sévérité que l’on doit employer contre leurs gouvernements et contre eux quand ils sont des dizaines de milliers à s’inviter chez nous sans notre permission juridique en tout cas, mais avec la bénédiction de leur gouvernement, et des traitres qui nous gouvernent, nous »
La Juge
« Vous n’êtes pas à la télévision ici Mr Camille mais dans un tribunal et dans l’antichambre de la prison d’accord ? J’appelle le gendarme pour qu’il vous raccompagne dans la salle d’attente pendant que je téléphone à mon collègue autrichien »
Mr Camille
« Merci, vous faites votre travail Mme le Juge «
Son téléphone sonne elle décroche, on entend une voix sa secrétaire qui lui annonce que c’est Monsieur Antoine Sanchez l’adjoint au maire (au téléphone de la Juge) qui veut lui parler d’urgence
La Juge
« Dites-lui que je suis en réunion toute la journée et qu’il me rappelle demain en fin de matinée, ou ce soir à 21 heures »
Elle raccroche
« Monsieur Camille, vous allez passer de sales moments je le crains à la suite de votre petite prestation hier soir, vous vous êtes mis à dos le gouvernement rien que ça sans compter la partie Autrichienne, un conseil vous devriez faire profil bas maintenant au lieu de continuer à débiter vos salades d’extrême droite, raciste et xénophobes et punies par la loi, j’ai beaucoup trop de patience avec vous »
Camille
« Merci mais je sais, je n’ai aucune chance de m’en sortir, Ils ont tous les leviers et tous les pouvoirs.
Ce gouvernement de gauchos bobos fait semblant de s’intéresser au sort des Français mais ils sabotent la France, et maltraitent le peuple. Ils ont tous les moyens juridiques, fiscaux, policiers, judiciaires et j’en passe pour nous écraser. Ils maquillent la réalité, cachent les chiffres et les noms et ils accusent de fascisme et de racisme tous ceux qui veulent arrêter leur machine à tuer la France qu’ils ont lancée.
Les médias sont à leurs ordres, complices. J’ai réussi hier mais c’est bien la dernière fois maintenant c’est la guerre contre moi, je le sais, ils vont tout employer pour faire oublier mon petit combat, pour me punir et faire un exemple, je sais, mais je suis un combattant comme mon grand-père »
La juge
« Et votre père, oui je sais, vous délirez un peu Monsieur Camille, on va arrêter là cette audition vous êtes ici pour un péage impayé en Autriche, ne faites pas de vous un martyre institutionnel !
A demain 10heures Monsieur le gendarme, vous raccompagnerez Monsieur Camille chez lui à midi ».
Rideau
ACTE V SCENE 5
MSF 2EME REUNION (Camille dans la petite salle d’attente adjacente entend tout mais ne voit rien, donc on ne voit rien nous aussi, on entend comme Camille)
Nicolas Darsonville
« Bonjour à tous, mais il en manque ! Il est où Ali ? »
Oksana Vodorowski
« Lui dire moi, aller quartier sous pont à Paris »
Nicolas Darsonville
« Sous pont ? Merde je me tape tous ses papiers ici et lui il se barre à Paris !? Mais ce n’est pas vrai ! Il sait ce que c’est la vie là-haut ? Dans deux jours il est camé jusqu’aux oreilles et il fait la manche sur les trottoirs ; je n’en crois pas mes oreilles, il est foutu ! Ici c’est cool c’est la province on fait doucement sans bruit, en famille entre les assoss et les juges mais là-haut c’est la chasse au pognon tout le temps, tout le temps et tu dors dehors sous le pont justement et tu pisses dans la rue c’est l’horreur ! Alors pourquoi tous ils veulent aller là-haut ?
Oksana Vodorowski
« Il dit beaucoup amis sénégalais là-haut ! »
Nicolas Darsonville
« Et moi je dis beaucoup plumer lui, merde il verra bien je laisse tomber son dossier il reprendra tout depuis le début là-haut. ; Bon à nous j’ai de bonnes nouvelles pour toi Oksana »
Oksana Vodorowski
« Ah enfin »
Nicolas Darsonville
« Quoi Ah enfin ? Tu crois que c’est facile de bouger le cul des bureaucrates ? Tu n’as qu’à essayer toute seule tu verras. »
Oksana Vodorowski
« Cul bureaucrates français bien plus léger que cul bureaucrates ukrainiens ! Alors c’est quoi les nouvelles bonnes ? »
Nicolas Darsonville
« J’ai retrouvé ton mari il vit à Bordeaux maintenant et il a un travail
Oksana Vodorowski
« Quoi Bordeaux c’est quoi ce trou ? On avait dit Paris avant partir ! »
Nicolas Darsonville
« Ecoute moi j’ai obtenu ton titre de séjour et il y a écrit domicile Bordeaux, et Bordeaux c’est une ville de gauche et écolo en plus donc il y a pas mieux »
Oksana Vodorowski
« Ok je discute avec lui, donne les papiers, c’est quoi son travail ? »
Nicolas Darsonville
« Il est sur un chantier de route pour étaler le goudron »
Oksana Vodorowski
« C’est métier ça ? C’est esclavage ! C’est bon pour arabes ! Lui ingénieur peut construire ponts »
Nicolas Darsonville
« Eh dis donc attention avec ton racisme blanc hein Oksana ? Ton mari, eh bien il y a des ponts souvent sur les routes ; s’il travaille bien il verra avec son patron rapidement mais il est content et il t’attend »
Oksana Vodorowski
« Pour quoi faire pour apporter lui des sandwiches ? »
Nicolas Darsonville
« Ecoute Oksana estime toi contente, tout ça en trois jours alors fais comme tu veux mais pour moi j’ai fini ; je dois m’occuper des autres qui ont moins de chances que toi vu leur situation tu peux partir maintenant si tu veux »
Oksana Vodorowski
« Ok moi partir et qui me donne l’argent pour prendre le train pour Bordeaux ? »
Nocolas Darsonville
« Pas besoin c’est gratuit avec ta carte de séjour tu verras «
Oksana Vodorowski
« Bon alors je pars, bonne chance tout le monde, excuse pour les arabes »
Nicolas Darsonville
« Surtout on ne dit pas merci ! »
Oksana Vodorowski
« Si si merci spasiba beaucoup Dosvidanié, fuck you »
Nicolas Darsonville qui a fait semblant de ne pas entendre
« Bon Rabé, pour toi ce n’est pas bon les Malgaches. C’est impossible de la jouer réfugié politique alors que vous venez de faire des élections avalisées par tous les pays et même si votre Président est français la bonne blague ; et donc il faut que tu trouves rapidement une famille qui va t’aider. Et au titre du regroupement familial, c’est possible ? Tu as des parents ici les plus proches possibles ? Ou des amis ?
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Non cousins de ma femme seulement mais elle restée au village avec les enfants ».
Nicolas Darsonville
« Alors c’est mal barré » Je vais réfléchir voir comment on peut faire tu n’es pas homosexuel vu que tu déclares quatre enfants, alors comment on va faire ? »
Rabé Rakotomalala
« Comme tu veux mais permis de conduire, bien connaître zébus et riz et bon chauffeur. »
Nicolas Darsonville
« Bon Rabé je vais en parler à des collègues qui ont fait rentrer des malgaches mais sans aucune famille ici ce sera difficile. Qu’est-ce que tu as à la tête ? »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Tombé hier »
Nicolas Darsonville
« Ouais il faut le dire vite, fais attention Rabé, la rue c’est dangereux ; Zinedine pour toi j’ai bien avancé ; Rabé tu peux nous laisser ? Reviens demain à 9 heures je vais finir le dossier de Zinédine puis je dois partir »
Rabé Rakotomalala
Il sort et dit « Merci beaucoup je vais chercher travail »
ACTE V SCENE 6
Camille sort de la petite pièce où il attendait et voit Rabé qui s’en va il lui dit
« Manao ohana »
Rabé s’arrête aussitôt
« Tu connais Madagascar ? »
Camille
« Je suis né à Madagascar mon ami, je suis Zanatan ! »
Rabé
« Ah je suis content je suis Rabé, je cherche des papiers pour travailler en France, avant je vis à Betafo là-bas.
Camille
« Betafo, je connais c’est très beau avec l’Eglise et le lac et la cascade et le tombeau des ancêtres, et les joueurs de pétanque !! »
Rabé (qui se met à pleurer)
« Monsieur tu me fais pleurer j’ai honte comment tu connais Betafo ? »
Camille
« Voilà ma vie Rabé : je suis né à Tananarive, mon nom est Camille. J’ai vécu à Moramanga et après on rentre en France mais longtemps après encore je veux revoir mon pays, je voyage je reviens à Madagascar et je visite Betafo »
Rabé
« Moramanga ? Ah,pas bon, pas beau ce que les vaza ils ont fait là pendant la guerre ! »
Camille
« Je sais mon père y était ».
Rabé
« Ton père il a fait massacre ?
Camille
« Non il est arrivé juste après, enfin, j’espère »
Rabé
C’est l’histoire ! Maintenant fini, Nous deux sont frères de la terre tu as de la chance tu es Français chez toi ici »
Camille
« Rabé je voudrais t’aider, j’ai entendu ton histoire, je vais essayer de t’aider malgré mes problèmes »
Rabé
« Je veux papiers c’est tout, après je travaille je gagne ma vie je fais venir ma femme et les zazakely»
Camille
« Tu as 4 enfants j’ai entendu »
Rabé en pleurant
« 4 mon ami, que des filles une pour toi très jolie si tu veux si tu m’aides »
Camille en riant
« Merci mais moi je ne suis pas un touriste sexuel, Rabé. Je suis un fils de la terre malgache ; je veux t’aider pour t’aider c’est tout ; quel est ton métier là-bas ?»
Rabé
« Garder et soigner zébus, cultiver riz, »
Camille
« Tu as entendu parler de la Camargue ?
Rabé
« Non »
Camille
« C’est à 100 km d’ici, on garde les toros les toros c’est comme les zébus mais très sauvage et beaucoup moins bon à manger !
Et on cultive le riz aussi, je te montrerai sur une carte, et tu n’as pas d’autre métier comme tous les Malgaches ?
Rabé
« Si, réparer voitures, conduire bien, et fanafout »
Camille
« Fanafout tu fais vraiment fanafout » ?
Rabé
« Oui moi grand devin et peut faire fanafout sur personnes »
Camille
« Tu guéris les maladies avec des plantes médicinales, donc ?
Rabé
« Oui guérir mais aussi punir comme tu préfères, et à Betafo les paysans venir voir moi pour combattre les Dahalo, moi punir Dahalo et eux viennent plus voler les zébus dans notre village maintenant » !
Camille
« Ecoute Rabé, ça m’intéresse, tu vois si je suis ici avec la juge c’est parce que j’ai des problèmes avec des français et des étrangers très très puissants qui veulent me mettre en prison pour des histoires de papier aussi. Tu peux m’aider ?
Rabé
« Oui pas de problème même loin comme Allemand je peux faire, je peux faire pour tous les autres mais jamais pour moi, c’est règle devin malgache »
Camille
« Pourquoi tu dis Allemand ? »
Rabé
« Comme ça je ne sais pas »
Camille
« Ok Rabé je veux faire très peur à des personnes très puissantes avec l’argent et la police et les papiers, qu’est-ce qu’il te faut ? »
Rabé
« Rien, tu restes à côté de moi, tu donnes du rhum pour tes ancêtres et je fais avec mes bâtons tout seul. J’ai gardé mes bâtons là regarde. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais pour moi ?
Camille
« Je t’aide pour tout pour tes papiers ? Et si tu veux je t’emmène en Camargue. On cherchera du travail pour toi et je t’invite à la maison et je te montrerai beaucoup de choses sur Madagascar. Tu seras étonné ; Tu seras comme dans ton pays chez moi, tu verras. Je te montrerai les photos de ma famille à Moramanga, et même de mon père pendant la rébellion. J’ai des photos.
Rabé
« Plus parler de rébellion, nous être amis maintenant tu es mon frère de la terre, mes ancêtres pardonner et toujours regretter les français alors moi aussi.
Demain d’accord : tu vas voir mes pouvoirs sont très forts tes ennemis vont souffrir. N’oublie pas le rhum pour les ancêtres, on doit appeler les ancêtres, les tiens et les miens »
Camille
« Je n’oublierai pas le rhum, mes ancêtres c’est très important pour moi tu verras à la maison. Mais pour le fanafout il y a deux français et deux autrichiens, tu as besoin des noms ?
Rabé
« Pas la peine, les esprits savent qui doit souffrir pas de problème, 4 j’ai compris facile pour moi, 5 si tu veux »
Camille
« Ok demain 10 heures ici devant le bâtiment dehors. Rabé dis-moi : où tu dors ? »
Rabé
« Dans la rue partout, jamais même endroit ».
Camille
« Voilà deux cents euros trouve un hôtel pas cher pour deux ou trois nuits, et mange bien. Demain soir je vais t’inviter à la maison aussi on va regarder toutes mes photographies de Madagascar et les photos de mes ancêtres, tu verras.
Rabé
« Merci beaucoup Monsieur Camille, c’est d’accord demain matin 10 heures, Veloma mon ami on va faire tsiziki comme à Betafo! »
Camille
« Veloma » !
Rideau
ACTE V SCENE 7
Camille est chez lui, prend son téléphone et fait un numéro :
« Oui bonjour puis-je parler à Madame Levina Bontemps svp oui la juge ? Merci Excusez-moi, Madame la juge, non très court, écoutez-moi bien s’il vous plaît, je vous en prie c’est important pour vous.
Je voulais juste vous dire que j’abandonne la rationalité, oui la rationalité, les avocats, les lois, les règlements, oui je m’assois dessus. Vous ne comprenez pas ? Ce n’est pas grave.
Ecoutez moi. Non je ne suis pas fou. Ecoutez moi, vous m’avez dit que demain il y avait une réunion sur mon cas entre la France et l’Autriche, oui, n’y participez pas je vous le demande parce que je vous aime bien finalement, vous n’êtes qu’un instrument du pouvoir.
Ah vous n’êtes pas invitée ? Vous voyez vous n’êtes qu’un petit rouage, non je ne vous méprise pas je vous plains, mais c’est tant mieux, je suis très content pour vous que vous ne participiez pas à cette réunion.
Je ne peux vous expliquer davantage, mais écoutez faites-moi confiance si jamais ils vous appellent pendant leur réunion soyez injoignable, laissez-les dans leur merde.
La juge
« Vous ne voulez pas que j’explique un peu que vous êtes un brave type un peu facho un peu borné mais pas méchant au fond et que cette affaire a assez duré et qu’ils pourraient exceptionnellement vous laisser tranquille ; vous savez il se peut que le ministre lui-même passe le nez à la porte il aime bien les affaires hautement psychologiques, et faire des bons mots qui font la une des journaux ensuite »
Camille
« Oui je sais il aime bien faire des bons mots faciles il ne peut s’en empêcher vous savez ce que disait La Bruyère de ce type de personnage ? Non eh bien un jour je vous le dirai, en attendant, surtout ne participez pas à cette réunion, c’est pour votre bien, je vous en prie, ils sont trop forts, trop habiles, trop malins trop distingués trop friqués, trop puissants pour vous écouter, et puis nous allons leur donner une leçon »
La juge
« Qui nous et quelle leçon allez-vous leur donner Monsieur Camille ? »
Camille
« Nous c’est moi et les esprits de mes ancêtres Madame le juge. La leçon c’est juste pour démontrer la force supérieure des esprits sur l’argent et le pouvoir une petite punition. Vous comprendrez. Vous me promettez, vous n’y participerez pas ?
La juge
« Ok ça fait cinq fois que vous me le dites Aurevoir Monsieur Camille et salutations à vos ancêtres, ou aux esprits de vos ancêtres, je ne vais pas dormir de la nuit, et merci pour l’aide que vous apportez à Monsieur Rakotomalala »
ACTE V SCENE 8
Camille le matin chez lui dans son salon, on voit qu’il est midi il lit un livre en écoutant la radio :
« Ce matin à 10 30 incroyable évènement à la fois à Paris à la chancellerie du ministère de la justice et à Vienne, au ministère de l’intérieur : tous les participants à une réunion par vidéo conférence qui devait régler le sort de Monsieur Camille le français qui risque la prison pour n’avoir pas payé son péage en Autriche puis sa contravention sont devenus subitement et tous à la fois aveugles. Cette information est confirmée par Paris et Vienne le cas est porté au plus haut niveau. Les médecins convoqués en urgence sont interloqués selon le président de l’Ordre des médecins. Nous apprenons à l’instant que le juge Autrichien Von Damned qui participait à la réunion a démissionné et Mega Macarel dans la foulée même si nous ne voyons pas le rapport. Ah, notre ministre de la Justice nous informe qu’une réunion de crise est en cours place Vendôme et que la juge Levina Bontemps souffrante ne faisait pas partie de cette réunion » !
Son téléphone sonne
Camille
« Bonjour Madame la juge.
Il écoute sans rien dire…puis
« Non ne me remerciez pas, je suis content que vous ayez suivi mon conseil, et restez au lit c’est le meilleur endroit de la terre en ce moment pour ceux qui veulent gérer mon petit cas, vous avez raison, bonne journée »
La radio reprend
« Nous vous confirmons : les quatre personnes qui participaient à cette réunion sont devenues ensemble totalement aveugles, ainsi que le ministre de la justice qui passait dans un couloir, c’est incroyable mais vrai, 5 personnes d’un coup à la même minute, mais que se passe-t-il dans ce dossier ? Comment est-ce possible ? Le premier ministre tient une réunion de crise avec son homologue autrichien
Ah voilà une information nouvelle : toutes les poursuites contre Monsieur Camille sont levées en considération de la situation extraordinaire médicale inexplicable qui devient la seule priorité des deux gouvernements Français et Autrichiennes, son cas devenant tout à fait secondaire est d’un commun accord classé définitivement »
Camille
Son téléphone sonne
« Oui Madame le Juge oui j’ai entendu ah ! A condition que je ne parle plus aux médias ? Même aveugles Ils posent encore des conditions ! C’est moi qui pose les conditions. Quelles conditions ? Eh bien je me suis fait un ami dans vos locaux, Monsieur Rakotomalala. Ah ? Vous me pensiez raciste parce que je suis à Reconquête ? Vous êtes une pauvre ignorante sans excuse, Madame la Juge, il faut arrêter d’écouter France Inter. Je ne suis pas raciste ni xénophobe ; les Français ne le sont pas mais ils n’aiment pas être envahis ce n’est pas la même chose.
Le programme de Zemmour ? eh bien lisez le avant d’en parler. Le programme historique de la droite ? De quel programme parlez-vous ? Vous voulez m’insulter ? Qu’est-ce que je suis encore en dehors du fait que je serais raciste ? Expliquez-moi… ah fasciste peut-être, antisémite certainement, et pro-Poutine non ? Allez écouter TF1 Vous me décevez Madame la Juge. Ah la France a besoin d’immigrés ? Sans blague avec 5 millions de chômeurs et 3 millions de foyers qui attendent un logement ? Non Madame la juge, vous avez besoin de serveurs de restaurant, et de bonnes à tout faire, bien dociles et mal payées pour garder vos marmots qui vont dans des écoles privées, tellement l’éducation nationale est à la ramasse et l’insécurité partout. Moi les candidats à l’immigration je les inciterais plutôt à faire la révolution chez eux, à virer leurs élites corrompues à qui nos ministres font des bises, et à qui nos élites entrepreneuriales offrent des billets d’avions et des nuits d’hôtel inoubliables.
Bon j’en ai marre. Alors vous allez faire quelque chose oui ou non pour Monsieur Rakotomalala ? Il lui faudrait ses papiers très rapidement c’est tout. Je suis culotté ? Ce n’est pas de votre ressort ? Non vraiment ? Vous êtes sûre que vous ne pouvez rien faire ? C’est dommage. Darsonville ? Ce traitre ? Il n’est pas digne de cirer les pompes des émigrés qu’il fait venir avec son ONG subventionnée avec mes impôts.
Moi c’est par amitié, je suis un peu malgache et Rabé m’est sympathique, et on s’aide entre malgaches c’est même très naturel. Un conseil,si vous voyez ce que je veux dire faites quelque chose pour Rabé oui pour Rabé et pour toute sa famille, merci ».
Silence puis de nouveau son téléphone sonne
« Ah Madame Bontemps je crois que vous êtes sur la bonne voie ».
Il fait un nouveau numéro sur son téléphone
« Allo Rabé, c’est Camille ! Tu n’oublies pas que demain soir tu viens dîner à la maison j’aurai peut-être de bonnes nouvelles pour toi. Oui tout s’est bien passé hier. Tu as de bons pouvoirs Rabé. Tu es un devin très puissant. ».
Il raccroche et à lui-même
« L’intelligence artificielle elle peut aller se rhabiller face à un devin malgache »
ACTE V SCENE 8 et dernière.
Nouveau et dernier décor
Un inconnu assis dans un décor de bureau rempli de livres, Au mur une grande carte de Madagascar.
Il écrit, on sonne il sort et revient entouré de deux gendarmes, l’un anonyme, l’autre c’est Pavupapri.
Le premier gendarme anonyme
« Je vous lis le document Monsieur : « A la requête du Procureur de la République, Monsieur (vous connaissez votre nom à coucher dehors) sera placé sous mandat de dépôt sans délai et conduit devant le juge auprès de la Cour spéciale antiterroriste de Paris pour s’entendre signifier sa mise en examen et avec effet immédiat son arrestation pour être l’auteur et avoir fait représenter une pièce intitulée « Laviesenva » au caractère haineux envers non seulement les immigrés mais encore envers les associations qui leur viennent en aide, incitant en outre les citoyens à mettre en doute la légalité des décisions de représentants de l’autorité publique en l’occurrence, juges français et étrangers et ministres de la République française, ce faisant créant un climat anti- républicain, anti-démocratique, induisant encore un climat généralisé de peur, de haine et de terreur, mettant en péril le bon fonctionnement des institutions, des rouages de l’Etat, des médias de la république »..
L’inconnu
« Des médias de la république ? Ah les médias appartiennent à la République ? C’est bien pour cela que j’ai écrit cette pièce, on n’est jamais meilleur media que media soi-même, enfin tant qu’on est vivant ».
Le premier gendarme anonyme
« Dépêchez-vous s’il vous plaît »
Pavupapri avec un clin d’œil qui a regardé la carte au mur.
« Oui dépêchez -vous c’est pas le pays du mora mora ici »
Le premier gendarme anonyme
« C’est quoi ça ? »
Pavupapri en souriant à l’inconnu
« Rien, ce serait trop long à t’expliquer, mais j’ai un petit conseil, sois gentil avec le Monsieur »
RIDEAU FIN
LAVIESENVA
Pièce en 5 actes
Personnages :
Firmin père d’André
Francine épouse de Firmin, mère d’André
André ( Le garçon, le fils, le sergent) fils de Firmin et de Francine
Mon lieutenant L’officier français, le gradé anonyme, plus tard Mon colonel
Juliette épouse d’André (voix magnétophone)
Camille fils d’André et de Juliette
Antonella épouse de Camille
J-P l’ami de Camille
Mary l’amie américaine de Camille new yorkaise (au téléphone)
Lévina Bontemps la juge française
Walter von Damned le juge autrichien (au téléphone)
Matéo Pavupapri le gendarme français
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
Nicolas Darsonville responsable juridique accueil migrants MSF
Méga Macarel présentateur du JT de 20h sur la 2
Auteur Anonyme
Dédicace : « Le théâtre, c’est la vie. Tout ce que nous observons dans notre quotidien, nous le racontons sur scène. C’est un véritable honneur pour moi de jouer et d’être observé par des centaines de personnes. Le théâtre m’a enseigné de nombreuses valeurs, notamment l’amour de la famille, de la patrie, des amis et de l’entourage », explique Tambiniaina Rojovola Ratsinjomanana, jeune acteur de théâtre et membre de « Sakaizan’ny Teatra Malagasy »
Décors :
Les différentes scènes se représentent devant un grand paravent adapté qui illustre le lieu, l’atmosphère. Un mobilier minimum éventuellement ; mais le paravent doit suffire pour représenter un ou des symboles forts de chaque scène. Des illustrations pour ces paravents sont proposées, en tête de chaque scène.
Le temps :
Les scènes suivent un certain ordre chronologique commençant après la première guerre mondiale et se finissant aujourd’hui. Les costumes, le décor et le physique des personnes reflètent le passage du temps et l’époque de la scène en cours.
Le style :
Pas une comédie, pas une tragédie, une tragi-bouffonnerie.
L’auteur :
Non professionnel, sa tranche de vie lui permet, de sa lorgnette, de mettre en scène une certaine marche des évènements, pour s’amuser lui-même à cet exercice, pour amuser des lecteurs spectateurs imaginaires et, qui sait, faire réfléchir.
ACTE I SCENE 1
Un couple en 2024 dans les 70 ans pour Camille, 60 ans pour Madame, assis dans un salon classique /moderne télé chaîne hifi, table basse deux canapés. Beaucoup de plantes vertes encadrent des fenêtres sans rideau baignées de la lumière du Sud. Madame porte un sweat qui représente une chouette ! Monsieur petit, rondouillard, bien conservé habillé style casual années 80. Ils lisent en écoutant de la musique classique. Une sonnette style carillon retentit.
Monsieur
« Tu attends un colis Antonella ? »
Madame
« Non »
Monsieur
« J’y vais »
Il sort de la pièce par une porte-fenêtre qui donne sur un jardin. Madame se replonge dans son livre. Il revient avec un courrier à la main.
Monsieur
« C’est un recommandé avec AR je me demande qui prend cette peine, pour nous emmerder certainement »
Il ouvre une enveloppe bien épaisse.
« Asfinag ? C’est quoi ce truc écrit en Allemand ? Attends, il y a une traduction. Ah ! C’est pour ma bagnole. Type de délit : Non-paiement du péage en Autriche…Contrôle automatique des vignettes sur le réseau routier autrichien soumis à péage. Montant des frais de péage fixé net 100 euros plus TVA= 120 euros ! Ils ne s’emmerdent pas. Il reprend la lecture : « Il a été constaté que les frais de péage dus en fonction du temps n’ont pas été prélevés correctement pour ce véhicule ». Correctement ? En plus c’est en fonction du temps ?!!
C’est une arnaque certainement. Attends je lis en diagonale tellement ça m’énerve.
Silence pendant qu’il lit
En plus ils ne mollissent pas : ils joignent les références de leur compte bancaire, et si tu ne payes pas dans le délai de 4 semaines : mise en place d’une procédure pénale par les autorités compétentes qui peuvent prescrire une amende de 300 euros et si tu ne payes pas l’amende peut passer entre 300 et 3000 euros !
Ils n’y vont pas de main morte les Autrichiens. Incroyable ! Même à 1000 km de distance, ils peuvent venir te planter direct des contraventions forfaitaires et des amendes, comme ça chez toi, direct, en France !
Attends je continue à lire : « si vous pensez que l’allégation de non-paiement des frais de péage n’est pas justifiée veuillez contacter Asfinag par e- mail et ce en anglais ou en allemand »
L’allégation ? Un peu que j’ai des questions ! Je n’ai jamais vu une mention de péage quelque part sur leurs autoroutes !!! Ça m’insupporte ce ton. Incroyable, et tout cela selon : « les articles 24 et 25 de la Directive (UE) 2019/520 »
Bon, voilà l’Europe qui débarque chez toi maintenant pour t’emmerder. Déjeunons. Je relirai tout ça après. Si ce n’est pas une arnaque c’est une belle illustration de notre Europe des nations, tu parles, du pognon oui, et du flicage en plus ».
Antonella
« C’est prêt, je t’ai fait du poisson et je me ferai un steak haché, et il y a des frites et des haricots verts, c’est la brasserie du bisou ici »
Monsieur
« Exactement et j’ai remarqué que tu mets de plus en plus de bisous »
Antonella
« Plains-toi mon Camille ! »
Camille
« Mais je ne me plains pas au contraire, allez à table c’est moi qui vais te servir »
Rideau
ACTE I SCENE 2
Deux paysans, un couple, dans un champ de pommes de terre ; l’homme en bleu de travail godillots et béret, la femme chapeau en paille tressée à larges bords, sabots et tablier sombre ; ils ont chacun un de ces paniers en bois assez bas et de forme rectangulaire qui servent à mettre les pommes de terre qu’ils ramassent en retournant la terre. Elles roulent dans le panier qui devient rapidement lourd, et ils le vident alors dans une brouette.
L’homme
« Francine, on s’arrête ? On en a déjà assez. La récolte est bonne cette année »
La femme
« On s’arrêtera quand on sera fatigués, ramassons tout et si nous on ne les mange pas les cochons les mangeront »
L’homme
« D’accord mais il fait soif »
La femme
« Tu as toujours un peu soif Firmin »
Ils se taisent et continuent leur travail. Un gamin de 14 ans arrive, en culotte courte, chaussettes hautes pull bleu marine sur une chemise blanche dont on voit le col, cheveux courts un béret sur la tête.
Le gamin Il crie de loin
« Maman, papa, le père Lados me prend comme apprenti ! »
Ils lèvent la tête, relâchent le long du corps la pioche à manche court qui leur permet de retourner la terre et attendent l’enfant qui se plante devant eux, en attente.
Le père
« Mon fils, allons fêter ça tout de suite »
La mère tout en embrassant son enfant
« Tu n’en rates pas une pour picoler »
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 3
Quatre ans ont passé : même champ, même habits, même travail. Les deux personnages adultes reviennent ; ils ont vieilli. Mêmes gestes.
Le garçon revient, un peu plus grand et un peu plus baraqué, sans son béret et en bleu de travail style garagiste, il dit sérieux
Le garçon
« Ça y est papa maman, j’ai mon CAP ouvrier forgeron serrurier et mécanicien »
Le père
« Ça s’arrose mon fils, ta mère et moi on est contents, bravo mon fiston tu l’as bien mérité, je le savais, je n’ai que des compliments du père Chargneaux »
La mère
« Oui ça se fête tu ne seras pas un domestique comme ton père »
Le père
« Y a pas de honte à être domestique, surtout quand on a sa terre à côté comme nous »
La mère
« Oui Le Firmin c’est sûr, allez on finit la rangée et on y va l’arroser ce CAP, c’est bien mon fils »
Firmin
« Oui mon garçon tu vas trouver un travail d’atelier facilement, tu ne seras pas comme nous, dans les champs du matin au soir, et du soir au matin, hein La Francine ? »
Francine
« Oui quand c’est pas toute la nuit pour sauver la récolte de la pluie ; allez petit attends nous, on arrive, la soupe est prête, lave toi les mains »
Le gamin repart, ils restent pensifs sans rien dire puis sortent.
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 4
Les mêmes paysans dans le champ, encore un peu vieillis, ils binent le sol doucement. Des mauvaises herbes à enlever. Ils rêvassent un peu. Leur fils arrive, habillé façon ville mais très modeste.
Firmin
« Tiens la Francine voilà l’André qui vient ; il a une allure un peu torve qui ne me plaît pas, l’aurait une question pas plaisante que ça ne m’étonnerait point »
Francine
« Tais-toi le Firmin, qu’elle lui répond, tendue : « ça va le gamin ? »
Le fils
« Faut que je vous dise » Silence Je me suis engagé pour être militaire »
Firmin, il éructe
« Putain merde si je m’attendais à ça ! Merde de merde. Mais mon fils, pourquoi ? N’ont pas besoin de forgerons -serruriers dans l’armée, tu vas faire quoi avec ton CAP » ?
La mère
« On ne va plus te voir mon fils, tu es fou ! »
Le fils
« M’ont dit que dans le génie je poursuivrai mes études tout le long de mon engagement, alors j’ai signé à Langon, je pars dans trois jours en train, à Bordeaux, j’ai mon billet »
Le père
« Eh ben ils t’ont bien eu les serpattes ! Putain tu verras merde l’armée ! Ah c’est beau dans les défilés mais putain quand tu dois enfoncer une baïonnette dans le ventre d’un schleu comme moi à Salonique ? Je t’ai raconté non ? C’était la peine de te casser le cul aux études pour tenir un flingue ? Ton CAP de serrurier il va te servir à peau de balle mais putain, des balles tu risques d’en voir dans pas longtemps avec le fou qu’ils ont recruté en Allemagne. Mon Dieu, viens, mon fils, on va se saouler et la Francine elle n’a plus qu’à pleurer dans la soupe et prier encore et encore pour que tu reviennes ; pourvu que ton frère ça ne le prenne pas non plus ! ».
Ils s’en vont, la mère complètement abattue lâche son outil.
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 5
Le garçon le fils, resté seul en scène, dans le champ il dit :
« Oui, c’est fini, la terre, l’esclavage, les bêtes, le ciel oui c’est fini la terre, les cochons, la ferme, fini de regarder le ciel tout le temps pour ceci ou cela, plus de parents sur le dos, pas domestique jamais, pas de patrons, pas de châtelains à tirer le chapeau bas.
Les châtaigniers, les pintades, les cages à lapin, les cochons, les poules, les jambons, le Sauternes, merde tout ça c’est fini. Il n’y a plus que l’armée maintenant. C’est ma nouvelle vie.
18 ans, c’est ma nouvelle vie à moi qui commence, pour moi.
C’est dur pour les parents mais il y a encore mon frangin ils ne seront pas seuls et moi je vais progresser et voir du pays. J’en ai marre de Langon et de Château Promis et de leur pinard.
Je risque ma peau s’il y a la guerre mais c’est ça l’armée c’est fait pour servir le moment venu ; s’il faut se battre, on verra si je suis plus con qu’un autre »
Rideau et fin de l’acte I
ACTE II SCENE 1
Nouveau décor
Le jeune maintenant âgé de 24 ans, de dos, assis face à un militaire style jeune officier de l’autre côté d’un bureau très ordonné, qui feuillette un livret. Un calendrier au mur 1944. Sur la manche de la veste d’André, des galons en triangle ; sergent donc.
Le gradé
« Vous n’avez pas chômé, sergent, déjà sergent je devrais dire ». Silence.
« Vous n’aimez pas l’inaction mon ami ». Silence
« Même pour vous évader vous n’avez pas traîné, 3 mois et s’en va ! » Il rit, puis Silence.
« Et moins de 4 jours après votre évasion du camp de Mirecourt en septembre 39 vous vous êtes pointé direct à la caserne du génie à Avignon pour demander une affectation. Pas de bol pour vous la guerre était pliée en métropole. Eh oui ! Donc on vous a envoyé remuer du papier à Bergerac puis à Nice et finalement ici à Montpellier, depuis mars 41 à l’intendance, où vous devez vous emmerder ferme.
Silence.
2 années à mariner au total. Pas étonnant que vous soyez volontaire pour l’AOF. Ok, un petit tour en Afrique Noire donc. » Et il rit. « Un petit tour de quatre années quand même ! Tant qu’à y être, autant en prendre pour son grade !»
Et il se marre.
« Donc mon petit gars vous allez embarquer à Marseille le 10 septembre et pour Dakar mon ami. Voici votre ordre de mission et tous vos papiers, 3 mois pour faire vos adieux à votre Juliette, et revenez me voir dans 4 ans ; rompez ! ».
Le Sergent (André, le fils ou le garçon)
« Merci mon lieutenant » Il salue et quitte le bureau.
Rideau
ACTE II SCENE 2
Nouveau décor, même pièce mais un peu monacal, style « Désert des Tartares » chambre de soldat, décorée très légèrement, sobre un vase style africain trône sur une table de bureau.
Monologue du Jeune, en uniforme, il a pris du galon.
Le Sergent
« 4 ans que je suis en AOF maintenant.
Dakar, Thiès, Tambacounda, terminé : je vais passer le prochain Noël en France.
4 années sans voir les parents ni mon frère, ni Juliette.
Le Sénégal c’est bien mais j’en ai marre c’est long 4 ans ».
Enfin je ne ramène que des bons souvenirs et une médaille, l’étoile noire du Bénin ça en jette ça !
Et une peau de Python !
Ce n’est pas tout le monde qui a mangé du python et vu le cul des singes, et bu le coup avec les villageois sous les baobabs.
Et mes défenses en Ivoire transformées en vases sculptés, magnifiques.
Bon je débarque à Bordeaux ça tombe bien, pas loin de la maison.
Me voilà adjudant à 26 ans c’est pas mal et croix de guerre en plus, avec citations au pluriel.
Je peux débarquer la tête haute. Mes parents et mon frère vont être fiers.
4 mois de perm pour commencer normal après quatre années sans avoir le droit de rentrer.
Juliette elle, elle ne va pas me reconnaître ! »
Rideau
ACTE II SCENE 3
Nouveau décor
Un magnétophone sur une table, rien d’autre à part une sculpture inquiétante drapée comme un fantôme. Une voix de femme s’élève.
« Bonjour…, je suis Juliette, je suis une âme, je suis morte, j’étais Juliette, Juliette la patiente on aurait dû m’appeler…
Pour commencer, 4 ans sans voir mon fiancé volontaire pour l’Afrique. Heureusement mes sœurs et mon frère m’ont soutenu.
Moi mes parents c’était la boucherie et la vigne, le vin rouge à Puéchabon dans l’Hérault à 30 km de Montpellier.
André mon mari l’engagé volontaire comme on disait à l’époque, ses parents c’était le cochon, les poules les patates et les dindons, et le Sauternes du chatelain du coin, de ce trou de merde de Preignac, dans leur ferme de Gironde, Miselles, que ça s’appelait, misère oui.
Je vais vous raconter un peu ce qui s’est passé. Mon mari vous l’avez compris, c’est le beau soldat engagé en faisant pleurer sa mère et râler son père qui avait fait 14-18 et qui savait ce que c’était la guerre.
André mon mari je l’ai rencontré jeune sergent en 1942 dans le petit train de Palavas ; c’était un jeune beau soldat, mince, il avait commencé la guerre en faisant péter des ponts sur lesquels il y avait des Allemands tant qu’à y être bien sûr. Ils l’ont chopé fait prisonnier de guerre mais lui, il s’évade au bout de trois mois ou quatre (mon fils Camille a encore sa carte Taride qui a servi à son père dans son évasion). 4 jours après son évasion du camp il revient se présenter à Avignon aux militaires qui vont le balader entre Avignon, Bergerac, Nice et Montpellier avant qu’il en ait marre et se porte volontaire pour l’Afrique noire. Ben voyons 4 ans pendant lesquels je l’attendrai, moi pauvre nouille amoureuse, apprentie couturière à Montpellier.
Pendant la guerre j’échappe aux Allemands, et j’y avais intérêt parce que mon père le Guiraud nous avait averti nous ses filles : la première qui couche avec un Allemand je la tue. On crevait de faim, on attendait la fin de la guerre et moi je l’attendais lui mon futur mari, militaire au Sénégal. N’épousez jamais un militaire, ils se baladent tout le temps c’est la règle deux ans ici puis deux ans là-bas.
A l’époque on allait en Afrique leur apporter la civilisation, leur faire des voies de chemin de fer et les enrôler dans nos armées. A l’époque, car aujourd’hui vous le verrez plus tard, on pille leur poisson et donc comme ils crèvent de faim ils viennent chez nous les pauvres en France se geler pour faire les boulots que nos braves français ne veulent plus faire. Qui s’en serait douté à l’époque ? La vie, ça va ça vient mais ça ne revient jamais comme avant.
André me revient donc un jour au bout de 4 ans d’Afrique noire, plein de médailles et il m’emmène faire connaissance de ses parents qui ne m’aimaient pas ; on se fiance quand même, et le voilà déjà barré, affecté à Paris à la direction centrale du Génie, et paf, le croyez- vous, au bout de 4 mois il se porte volontaire pour Madagascar.
N’épousez pas un militaire vous épousez du vent un vent qui s’appelle la France ou la république comme on voudra.
Et Monsieur le sous-officier prend le bateau à Marseille, et le Canal de Suez, et Port- Said, Aden, et enfin Tamatave, puis Moramanga, en septembre 1947. Moramanga, j’y reviendrai c’est le cas de le dire, mais ce n’était pas une page glorieuse de l’armée non pas glorieuse du tout.
1er Bataillon de marche du génie, je m’en souviens.
Eh oui ça chauffait là-bas aussi : l’insurrection de ces pauvres malgaches, ce n’est pas une belle page pour l’histoire de la France que la répression de cette rébellion, renseignez-vous : pas beau ; je n’ai jamais su si mon mari avait trempé dans ces horreurs mais comme il n’en a jamais parlé je crains le pire. Enfin je n’en sais rien.
C’était l’époque des colonies, et Madagascar… quel nom magnifique quelle île magnifique, le pays du mora mora, doucement doucement ça veut dire.
Pauvres malgaches révoltés ils en ont eu du courage et de l’inconscience surtout ; lisez, lisez, lisez les trains remplis de paysans en colère que l’on jette dans les ravins. Moramanga ! Mon Dieu, je ne savais pas que j’irais un jour dans cet endroit.
Et mon fiancé qui m’écrit : « tu viendras quand ça sera fini ». Mais en attendant, entre 1947 et 1949 pas une seule permission pour demander ma main à mon père. Alors il a fait ça par correspondance « envoyez moi votre fille je l’aime et veux l’épouser ».
Et moi je fais ma valise comme une vraie petite couturière que j’étais, toujours vierge me voici mariée en avril 1949, civilement et à l’Eglise à Tananarive à un militaire en poste à Madagascar ! L’insurrection s’était éteinte définitivement.
Je n’ai pas une seule photographie de notre mariage. Ils faisaient des routes et des ponts à cette époque, et des voies de chemin de fer. Ils avaient des noms les ponts, « pont Bailey » par exemple et ils bossaient dur mais la vie était belle on s’invitait les uns les autres je faisais des robes pour moi et pour ces dames et à Tananarive il ne manquait pas de belles dames à habiller.
Mon mari bossait dur le jour sur le terrain, le soir dans ses livres de maths donc et il gravissait les échelons de son grade de sous-officier. Adjudant puis adjudant-chef échelon 1, 2,3, puis 4.
Mon premier fils Camille, vous l’avez vu au début de cette pièce, dans son salon, est né à Tananarive une année après, en 1950. Il ne s’en est jamais remis, cette île est tellement douce, mais, j’anticipe. Tout allait bien à Madagascar mais il a fallu rentrer. Mais je vous laisse, mon héros de fils justement, le voilà qui arrive.
Rideau
ACTE II SCENE 4
Nouveau décor
Décor le salon du début
Camille revient il tient dans ses mains un tableau sous verre où sont accrochées sur du velours rouge bordeaux des médailles sous l’inscription « Honneur et Patrie ». Il semble perplexe, dubitatif.
« Mais qu’est-ce que je pourrais faire de ces médailles ? Quand je crèverai qu’est-ce qu’ils en feront ? Rien, tout le monde s’en fout, mais quand même c’est de l’histoire de France ça ! Putain quand je me regarde et que je vois ce tableau j’ai honte de moi ! Qu’est-ce que j’ai fait à côté de mon père ? Il faut que je trouve une solution, sinon, eh bien sinon, dans mon cercueil »
Entre en scène un autre sexagénaire moins rond plus déplumé, bien habillé un peu style chic des années 60.
Camille
« Salut Jean Paul je t’attendais ; regarde ! » (Et il lui montre le tableau).
JP
« Oui il a baroudé ton père »
Camille
« Eh oui tout ça pour voir un pays bouffé par la dette envahi par des étrangers et vendu aux américains.
Que de morts et de sacrifices derrière ces médailles…
Et l’autre qui fait ses cérémonies aux invalides en bombant son petit torse. Le petit énarque mondialiste. Je ne peux même plus le voir à la télé.
JP
« Arrête de te faire du mal tu viens à la plage ? »
Camille
« Oui mais qu’est-ce que je vais faire de ce tableau de médailles ? Tu parles honneur et patrie, qu’est-ce qu’il en a à foutre ce pervers »
JP
« Eh bien envoie-le à la grande chancellerie de la légion d’honneur pour qu’ils le mettent à la poubelle eux ».
Camille
« Non tu vois cette médaille ? Elle vaut toutes les légions d’honneur, c’est la médaille militaire, la plus haute distinction de l’armée ; il y a plein de généraux qui ne l’ont pas, celle-là tu dois la gagner en tant que militaire et pour faits d’armes. Donc la grande chancellerie de la légion d’honneur pas question. Ils fabriquent des médailles pour les femmes de président d’Amérique latine : Madame Lula ? Tenez pour mettre sur votre chapeau, la rosette d’entrée de gamme !
Tu sais j’ai remarqué il y a quelques années au défilé du 14 juillet une femme chef de bataillon. Je lui enverrai ce tableau de médailles pour qu’elle le mette dans son bureau. Une femme haut gradée ça veut dire qu’elle a plus de couilles que bien des généraux.
JP
« Ça certainement quand tu entends les généraux à la retraite qui viennent à la télé commenter la guerre en Ukraine tu te demandes tu as l’impression qu’ils se prostituent face à des jeunots qui savent tout qui font les questions et les réponses et qui s’en foutent en fait ce qui compte c’est l’audimat alors on fait du délayage à longueur de journée. J’en sais plus qu’eux ! Allez viens, tu as une bonne idée donne les à cette baroudeuse ; allons à la plage tant qu’il ne fait pas trop chaud »
Camille
« Sûr que ce n’est pas une bureaucrate de Bruxelles ».
JP
« C’est une bonne idée je te dis, sinon tu donnes une ou deux médailles à chaque membre de ta famille, mais quand on est mort on ne sait plus ce qui se passe après, donc il faut que tu trouves la bonne solution pour que tu reposes bien en paix ! ».
Tu vas faire faire des travaux chez toi non ? Eh bien tu coules les médailles dans le béton ; pour les jeter il faudra casser ta baraque !
Ils se marrent tous les deux.
Camille
« Très bonne idée je peux aussi les mettre dans le béton mais visibles derrière une vitre bien épaisse, je vais réfléchir »
Rideau
ACTE II SCENE 5
Nouveau décor
André debout dans un bureau face à un haut gradé on reconnaît le lieutenant du début et tous deux ont vieilli
André (maintenant gradé capitaine)
« Mon Colonel vous m’avez convoqué ».
Le Colonel
« Oui Capitaine, je tenais à vous dire adieu puisque demain vous nous quittez puisque vous avez fait valoir vos droits à la retraite. Vous vous emmerdez une nouvelle fois si je comprends bien ?
André
« Un peu mon Colonel, un peu beaucoup même, enfin oui »
Le Colonel
« Eh oui mon vieux c’est normal, quand on a vécu ce que vous avez vécu, mais on ne va pas faire des guerres juste pour distraire les vrais soldats, officiers, comme vous.
Dites-moi quand même vous en avez profité de toutes ces affectations où chaque fois vous vous êtes porté volontaire ?
J’en étais resté à Madagascar 1947 avec vous mais depuis (il regarde un dossier) Viet Nam, un peu de Laos au passage, le Tonkin quoi, puis la Tunisie et encore Madagascar décidément vous avez chopé le virus du fihavana dans ce pays, ou vous vous êtes fait fanafouter comme on dit là-bas ?
Et l’Algérie pour finir, le bled et le désert, et les barbelés après les rizières du Viet Nam et Madagascar. Quelle vie de soldat !
Vous avez chopé le palu, quand même je vois.
Avignon maintenant pour terminer vous vous emmerdez. Le Pont d’Avignon, on y danse, rien à voir avec les ponts qu’on fait sauter ou qu’on construit sur les rivières aux noms poétiques hein, et de préférence sous les balles, c’est encore mieux. Je vous plains mon vieux, enfin le vieux ici c’est moi.
Question décorations et citations vous avez fait le plein, normal, avec toutes ces guerres ou guérillas comme on veut, mais la médaille militaire il faut aller la chercher celle-là, bravo mon ami je suis fier de vous. Elle ne se brade pas celle-là elle ne se vend pas contre l’achat de Rafales ou de sous-marins, et réservée aux militaires Français enfin pour le moment.
Bon mon ami, je voudrais vous entendre dire quelques mots sur votre parcours maintenant que vous partez, votre meilleur souvenir de combat ? »
André
« Le Tonkin mon Colonel mes sapeurs mes tirailleurs sénégalais et marocains, les jours à faire la fête et les nuits à faire la guerre. Mais on ne m’a pas laissé sauter avec eux sur Dien Bien Phu, j’aurais aimé ; ils m’ont offert ce briquet que j’ai toujours sur moi, même si je ne fume pas »
Le Colonel
« Ah oui vous aviez demandé à sauter sur Dien Bien Phu, c’est écrit là, mais on vous l’a refusé et ça vous ne l’avez pas digéré, mais mon ami, vous aviez femme et enfant tant pis pour vous. Il faut choisir à un moment donné pouponner ou barouder, les deux à la fois c’est trop, l’armée a bien fait de vous protéger contre vous-même. Je plaisante, je vous connais.
Mais dites-moi, franchement quand vous étiez à Haïn Sefra dans le bled en Algérie à ramasser des lapins électrifiés par la clôture du camp pour qui avez-vous penché De Gaulle ou les généraux ?
André réfléchit puis :
« C’est trop récent pour en parler Mon Colonel je me suis tenu à carreau dans le bled, en attendant d’y voir clair et il n’y avait rien d’autre à faire mais les harkis Mon Colonel je l’ai en travers ; nos camarades de combat qui avaient choisi la France, on s’est comporté comme des salauds on les a abandonnés, ils se sont fait égorger par les fellaghas ; quant à ceux qui sont rentrés avec nous, j’ai honte, j’en ai marre de ces trahisons, honneur et patrie, c’est fini ».
Le Colonel qui l’interrompt
« Bon passons mon ami on ne va pas faire de cuisine politique quand on a vos états de service oubliez tout cela, définitivement, soignez votre palu come un bon souvenir et tournez la page, les pages de cette histoire et de toutes les trahisons de cette histoire par des politiques ou des militaires, on s’est compris n’est-ce pas s, on se connaît ; je vous dis adieu et bonne chance dans le civil »
André
« Merci mon colonel, il reprend le carnet que tient le Colonel et où sont récapitulés ses états de services, salue et s’en va. « Adieu mon colonel ».
Rideau
Fin de l’Acte II
ACTE III SCENE 1 JP ET CAMILLE ETUDIANTS
Une journée ensoleillée à la mer en Provence, septembre. Deux personnes 21 22 ans environ. On est en 1970.
Camille (jeune étudiant donc)
« On est bien ici, je crois que ce que je préfère c’est un travail où tu peux rêver, penser à tout sauf à ce que tu fais comme les vendanges par exemple ! »
JP
« Tu ne m’avais pas dit que tu allais essayer les classes préparatoires à St Cyr ?
Camille
« Si, j’y suis allé, pour voir, avec mon père, mais quand j’ai vu les deuxièmes années se mettre en rang par deux pour rentrer dans les classes j’ai craqué. Mon père n’était pas très chaud en fait, l’armée il n’y croit plus. Donc ce sera le droit, puisqu’en Lettres il y a tellement de monde qu’on n’arrive pas à s’inscrire »
JP
« Bon, quatre années faciles et puis ça mène à tout le droit… »
Camille
« Tu es exempté de service militaire toi avec tes pieds plats ! mais moi, il faudra que j’y passe après la fac donc 5 ans au total, avant de bosser »
JP
Ouais, le problème c’est le travail après la fac. On va se retrouver dans un goulet d’étranglement question boulot, tellement on est nombreux.
Ils n’ont jamais vu ça 800 en première année.
Bon on verra ; en attendant on va en profiter, avec toutes ces boums étudiantes il y en a une chaque semaine pratiquement !
Camille
« Ouais, avec ta petite Honda décapotable tu dragues qui tu veux, moi avec ma 4cv je rame !! »
JP
« Oui mais toi tu frimes un maximum au tennis, chacun sa technique ! »
Ils se marrent tous les deux.
Camille
« Et je vais encore progresser, vu le nombre d’heures de cours ! Je m’emmerde tellement que j’ai décidé d’apprendre le Russe pour meubler le temps, j’aime cette langue sans savoir pourquoi et en plus comme j’ai fait du grec, l’alphabet, les conjugaisons et les déclinaisons c’est facile. »
JP
« Le Russe ? Tu es malade, d’abord c’est difficile, ensuite ça ne sert à rien il n’y a qu’eux qui le parlent ! Moi c’est plutôt le Chinois que j’apprendrais à ta place, ils se réveillent il paraît. Tu as lu le petit livre rouge de Mao !? »
Camille
« C’est pour les gauchos qui vont en lettres ».
JP
« Pourvu qu’ils y restent et ne prennent pas le pouvoir un jour ces illuminés ! »
Camille
« En tout cas notre bac 68 il vaut que dalle tu verras quand on cherchera du boulot c’est la première chose qu’ils vont nous dire. »
JP
« On n’y est pas, je me casse j’ai un rencart avec Ghislaine. »
Camille
« Salut amuse-toi bien »
Rideau
ACTE III SCENE 2
Nouveau décor.
Camille seul s’entraîne seul à un entretien d’embauche ; le paravent montre un individu assez perplexe.
Camille
« Bonjour Monsieur »
Le Recruteur joué aussi par Camille, qui surjoue les rôles avec humour.
« Asseyez-vous et dites-moi pourquoi vous avez postulé ce poste en dehors du fait que vous cherchez du travail »
Camille
« Je cherche un travail de juriste dans un groupe industriel comme le vôtre qui fait beaucoup d’exportation »
Le Recruteur
« Ah oui, on se voit déjà dans les aéroports et les grands hôtels avec l’attaché-case à la main ! » Combien de langues étrangères parlez-vous en dehors de l’anglais bien entendu ? »
Camille
« Aucune, mais s’il le faut je peux me mettre à l’Espagnol ou au Russe même »
Le Recruteur
« Vous croyez qu’on apprend le Russe ou l’Espagnol comme ça en trois mois enfin en immersion peut-être. Vous avez eu de bons professeurs de droit, c’est certain, je le vois sur votre cv, mais naturellement vous n’avez aucune expérience encore..
Vous ne voulez pas faire un stage d’abord ? Je peux vous faire travailler sur droit des sociétés, mais je vous prendrai comme rédacteur des lettres de crédit vous voyez ce que c’est ? Vous avez déjà vu une garantie bancaire ? Ou une lettre de confort rédigée en anglais pendant vos études ? »
Camille
« Lettre de crédit oui mais garantie bancaire non. Lettre de confort je ne vois pas ce que c’est ; mais j’ai 23 ans maintenant et il faut que je gagne ma vie, à Paris, que je me loge etc. avec un salaire de stagiaire je n’y arriverai pas »
Le Recruteur
« A vous de voir, je vais être franc avec vous votre formation m’intéresse mais je ne peux pas payer quelqu’un à qui je devrai tout apprendre, vous voyez lettre de confort vous ne savez même pas ce que c’est !! »
Camille
« Oui mais j’apprends vite, et vous l’avez dit, j’ai une très bonne formation ; vous pouvez me prendre trois mois à l’essai, et me virer si je ne suis pas rentable »
Le Recruteur
« Elle est bonne celle-là 3 mois à l’essai mais c’est la règle mon ami de toute manière. Je vais réfléchir, en attendant je vais demander une graphologie de votre lettre de candidature vous avez une écriture qui monte drôlement sur la droite vous voulez vous envoler ou quoi ? Vous avez vu qui avant moi au service du personnel ?
Camille
« Madame Guerlain »
Le Recruteur
« Non pas madame Guerlain si c’était elle, elle ne serait pas au personnel mais au Ritz comme cliente ! Madame Merlain vous voulez dire. Ok je vais discuter avec elle quand nous aurons vu votre grapho et je dois voir 5 autres candidats avant de vous contacter éventuellement ; continuez à chercher un travail surtout, faites marcher votre réseau universitaire et apprenez une langue étrangère qui pourra vous servir style l’espagnol ou le portugais je ne vous demanderai pas le balinais c’est sûr, aurevoir et merci ».
Pour votre info j’ai reçu 80 candidatures dont une dizaine vraiment costaude, le choix va être difficile ; en plus vous venez de la province donc pas facile pour vous mais je vous dis aurevoir il faut que je regarde ces dossiers ».
Il montre la pile de dossiers devant lui.
Camille
« Je serais ravi de vous en prendre quelques-uns ! Merci Monsieur aurevoir, j’attends donc un contact prochainement ».
Il s’en va et revient jouer le recruteur
« 80 ? 120 oui mais comment vont-ils trouver du travail tous ces jeunes, 120 lettres de motivation et 120 cv à lire je n’en peux plus moi. Ah mai 68 une grande cuvée »
Rideau
ACTE III SCENE 3
Nouveau décor au bord de l’eau à la plage
JP et Camille, Camille tient un objet un peu Africain dans ses mains ls ont 27/ 28 ans maintenant
JP
« Je n’en reviens pas que tu aies largué ton boulot et ton petit studio dans l’Ile st Louis pour aller planter des tomates et des haricots verts au Cameroun !! »
Camille
« Non, pas que ça il y avait aussi la gestion d’un atelier de fabrication de sacs, l’étude d’une usine pour faire du lait concentré à partir de la poudre de lait européenne et aussi une usine pour fabriquer des plateaux pour les œufs à partir de vieux journaux ! »
JP
« Et finalement tu es revenu au bout de trois mois seulement qu’est ce qui s’est passé ? Il paraît que tu t’es fait remettre dans l’avion ? »
Camille
« Mes papiers n’étaient pas en règle Jean Michel n’arrivait pas à faire transformer mon visa touristique en visa de travail et j’ai dû revenir ! Mais sinon c’était super comme expérience quoiqu’un peu difficile sur le plan culturel »
JP
« Ouais tu m’en diras tant, on t’a remis ans l’avion tu as du pot tu avais ton billet retour sinon tu y serais encore et en taule »
Camille
« Oui mais qu’est-ce que tu veux, la France avait remis dans l’avion une centaine de Camerounais le mois d’avant alors ils se sont un peu amusés avec moi, le bon français qui essaye de filouter ; ils ont été très gentils en tout cas. Je ne regrette rien j’ai beaucoup appris en peu de temps.
JP
« Tu vas y retourner ? »
Camille
« Non je suis vacciné j’ai senti l’odeur de la prison et je m’en souviendrai toute ma vie de cette odeur ; moi ils m’ont fait dormir dans l’antichambre de la prison sur une espèce de mezzanine avec les riches prisonniers qui fumaient le cigare et donnaient les restes de leur repas aux gardiens ; leur femme leur apportait leur repas deux fois par jour ! Mais l’odeur tu ne peux pas imaginer 50 types au moins dans un couloir de 3 m de large sur 10 de long ; les plus costauds étaient devant contre les grilles.
Et puis si tu veux savoir ce qu’est une dictature tu peux aller là-bas : tu critiques l’état de la route et les mecs qui sont avec toi dans le taxi ils demandent à descendre tellement ils craignent qu’on les prenne pour des opposants ! Et là-bas les opposants qui ouvrent trop leur gueule ils disparaissent d’un coup comme ça.
En plus si tu es blanc tu es trop visible on croit que tu es riche. Je n’aime pas et je ne veux pas y retourner ».
JP
« Va t’inscrire au chômage pour commencer ! »
Camille
« C’est déjà fait, j’ai droit à rien ! »
JP
« Normal non ? Eh bien ça t’apprendra ! Tu es bon pour les petits boulots ; tu habites où à Paris ?
Camille
« Chez mes amis François et Mary sa femme américaine ils me logent c’est le cas de le dire dans une loge de concierge et je me douche chez eux…
JP
« Une vraie vie de bâton de chaise et moi pendant ce temps j’ai déjà deux filles »
Camille
« Je remonterai la pente avec un peu de chance mais je reste sur Paris c’est là où il y a du boulot »
JP
« Et tu as des nouvelles de Jean-Michel ? »
Camille
« Non, juste que mes papiers sont arrivés mais je ne retournerai pas là-bas je le lui ai dit. Les affaires c’est bien mais comme célibataire, le soir si tu ne vas pas te souler dans les boites et te faire une pute tu t’emmerdes ; il n’y a rien ; tu attends « le monde » comme le messie et il arrive avec deux ou trois jours de retard »
JP
« Bon eh bien tu vas voir pour le boulot, c’est un peu la crise sauf dans l’informatique, tu devrais chercher par-là. En attendant on t’invite à dîner ce soir »
Camille
« Merci je viendrai »
JP
« Tu as aussi les cabinets d’avocats qui recrutent si tu veux je te donnerai les coordonnées de mon patron à Paris »
Camille
« Non merci je n’aime pas ce métier »
JP
« Il ne faut pas faire le difficile, il y a un maximum de chômeurs diplômés qui cherchent du taf »
Camille
« Je sais mais là je cherche un boulot où je pourrai rester 10 ans j’en ai marre comme tu dis de la vie de bâton de chaise. Il faut que je me fasse un trou dans une boîte, pierre qui roule n’amasse pas mousse etc. Le seul ennui c’est le logement qui coûte de plus en plus cher et avec les taux d’intérêt à 14%, tu vois le travail »
JP
« Et tu oublies la pluie, il pleut sans arrêt là-haut, bon on en reparle ce soir viens vers 19 heures qu’on ait le temps de se prendre un apéro avant de dîner »
Camille
« D’accord j’emmène quelques fleurs à Cathy, et un peu de piment de là-bas tu n’as jamais goûté un truc comme ça allez à plus »
Rideau
ACTE III SCENE 4
Chez eux Camille et Antonella
Camille qui tient une lettre dans sa main
« Encore ! Ah mais c’est qu’ils insistent les Autrichiens d’Asfinag, ils m’informent qu’étant donné qu’ils n’ont pas reçu mon paiement de 120 euros ils doivent « transmettre le dossier aux autorités compétentes de Salzbourg afin qu’une procédure administrative pénale puisse être engagée. La facture d’origine est maintenant considérée comme étant sans objet qu’ils disent. Ah bon ? »
Antonella
« Tu aurais dû payer, maintenant tu vas devoir suivre cette affaire et ça va t’énerver »
Camille
« C’est pour le principe je n’accepte pas leur ton on se croirait pendant l’occupation, c’est psychologique en fait ou héréditaire je ne sais pas dès que je vois un texte en Allemand je ne supporte pas »
Antonella
« Ils appliquent une directive européenne Camille, attention ! »
Camille
« Tu as raison mais je ne supporte pas il y a quelque chose d’ agressif dans leur baratin, quelque chose de menaçant pour te faire peur, putain mon père ne s’est pas battu pendant la deuxième guerre mondiale contre les allemands pour que 70 ans après des allemands ou des autrichiens viennent me menacer comme ça chez moi en langue allemande même avec traduction en français ; ça me hérisse et en plus c’est une Allemande qui est à la tête de l’Europe, tu te rends compte du renversement de situation qu’ils ont réalisé ;et ils sont cul et chemise avec les Américains, pire que les Anglais, et je ne blaire ni les uns ni les autres»
Antonella
« Ne t’énerve pas, ça ne sert à rien, réponds plutôt à ton téléphone qui sonne »
ACTE III SCENE 5 MARY
Son portable sonne ; il est sur haut -parleur.
Camille
« Oui allo !! »
Mary (en Français mais avec un fort accent américain)
« Hello Camille c’est Mary, bonjour comment vas-tu ? »
Camille
« Je vais bien merci pour ta carte de Noël il n’y a plus que toi qui envoie des cartes en papier par la poste ; c’est vraiment agréable de la recevoir, j’ai honte je ne t’ai pas encore envoyé mes vœux ; tu vas bien ? Quand reviens-tu nous voir ? »
Mary (en Français, en riant mais avec un fort accent américain toujours)
Je vais bien mais j’appelle aussi pour avoir des nouvelles de François, je n’ose pas l’appeler ; est-ce qu’il va bien ? «
Camille
« Ecoute oui je crois que son nouveau traitement est bon et qu’il tient le coup en tout cas il marche toujours autant après chaque repas et il lit toujours autant aussi ; toujours un bouquin sur lui ; tu devrais l’appeler ou lui écrire par mail il serait content »
Mary
« Je n’ose pas il ne dit jamais réellement ce qu’il pense et surtout pas la vérité sur sa santé ou son moral »
Camille
« Je sais il faut rester au niveau de l’humour et des allusions avec lui jamais trop direct sinon il se ferme comme une huitre, je ne parle jamais politique par exemple avec lui ; et toi tu t’occupes comment, maintenant que tu ne travailles plus ? »
Mary
« Je lis beaucoup je m’occupe de mon frère et de mes amis voilà je reste seule maintenant plus de projet avec les hommes et surtout pas les français ! »
Camille
« Comment ça ? Une femme comme toi ? Je comprends que tu en aies marre des français mais on ne sait jamais, essaye un peu »
Mary
« J’ai vieilli ! Je t’appelle aussi parce que je suis inquiète pour le risque de guerre en Europe. Qu’est-ce que tu penses toi de cette histoire entre Russes et Ukrainiens ? »
Camille
« Tu ne vas pas être déçue : que vous en Amérique avec l’aide des Anglais qui sont toujours à votre botte, vous avez tout fait pour que cette guerre ait lieu pour ruiner l’Europe et la Russie en même temps, et ensuite venir nous faire payer pour nous aider à reconstruire ! Voilà ce que pensent les Français qui ne se laissent pas influencer par tous les bien-pensants. »
Mary
“ Les bienpensants c’est qui ? »,
Camille
« Toute la gauche, les écologistes, le centre et la moitié de la droite, Mary vous vendez vos armes, vous créez je ne sais combien de centaines de milliers d’’emplois et nous on paye tout plus cher pour vivre et surtout des centaines de milliers d’hommes d’enfants et de femmes sont déjà morts, des Russes et des Ukrainiens pour vous faire plaisir. Ce n’est pas abstrait la guerre »
Mary
“Camille il faut défendre la liberté des Ukrainiens d’être dans l’Otan et l’UE »
Camille
« Sans blague ? Et à Poutine ça lui plait les ogives nucléaires à 300 km de Moscou, vous avez fait pareil que lui avec Cuba tu ne t’en souviens pas ? L’Ukraine un des pays les plus corrompus du monde jamais je ne me battrai pour eux. Les Russes il ne faut pas venir les emmerder à leur frontière ; ils ne demandent pas plus ; De gaulle n’aurait jamais laissé cette guerre s’installer. »
Mary
“ Les Ukrainiens vous défendront contre les Russes »
Camille
“ C’est ça, et depuis quand les Russes nous menacent ? Les Ukrainiens font la guerre pour vous et à cause de vous. Sache qu’il y a beaucoup de Français qui sont contre l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan et dans l’UE. Vous voulez ruiner la Russie et l’Europe. Des centaines de milliers de morts européens pour que vous vendiez armes et pétrole.
Comment peux-tu croire à tout ce discours ambiant tu trouves ça normal cette belle unanimité ? On nous bourre le mou comme on dit ici en France, les médias officiels et les médias de gauche woke et consorts tu acceptes ça ? »
Mary
« Si tu viens à New York, on parlera calmement avec un bon vin de Californie ! »
Camille
« Non, je reste chez moi au pays des vins du Rhône ! Je t’embrasse »
Mary
« Je t’embrasse aussi take care et venez nous voir quand vous voulez »
ACTE III SCENE 6
Toujours chez eux Camille et Antonella, une sonnette extérieure retentit
Camille
« Ne bouge pas j’y vais »
Il revient avec un courrier
« Tiens de nouveau les Autrichiens ! Ils ne me lâchent pas voyons ça.
Ah c’est le land de Salzbourg qui m’écrit ce n’est plus le services Asfinag des amendes, sympa les héritiers de Mozart on y retournera !
Ils demandent le paiement de 300 euros maintenant.
Ah ça c’est nouveau : si on ne paye pas dans les délais il n’y aura pas de procédure administrative, il n’y aura pas d’enquête approfondie, il n’y aura pas de communication à d’autres autorités (au pluriel).
Merde c’est contradictoire ensuite ils disent « jusqu’à l’ouverture d’une procédure administrative seules les informations mentionnées dans la section B peuvent être délivrées, voyons la section B
Ah oui c’est la description du délit : les frais de péage en fonction du temps n’ont pas été prélevés correctement.
Non seulement ils ne t’informent pas qu’il y a des péages et qu’il faut payer quand tu es sur leurs routes mais en plus c’est en fonction du temps ! Quel temps le temps que tu passes sur l’autoroute ou en Autriche ?
Bon je continue : si vous ne payez pas l’amende en tant que propriétaire vous devez déclarer le nom du conducteur du véhicule ou de nommer la personne en mesure de déclarer le conducteur du véhicule !
Mais c’est vraiment comme un interrogatoire : il faut accuser un conducteur bientôt ! En plus je n’y comprends rien, écoute ça : aucun recours légal n’est autorisé vis-à-vis de la demande de déclaration du conducteur du véhicule (ou de la personne redevable de l’information) eh ben !!
Et en plus donc, si tu ne payes pas l’amende il y a un formulaire de déclaration ou de dénonciation pour ça en plus non mais quel est ce pays ?!!! Tu dois remplir avec le nom prénom du conducteur date de naissance et adresse !!!! et idem pour le nom de celui que tu dénonces comme sachant qui conduisait c’est la gestapo de retour ici !
Ah l’absence de déclaration ou une fausse déclaration fera l’objet d’une amende pouvant aller jusqu’à 10000 euros !!! Mais ils font ce qu’ils veulent pourquoi pas 100000 euros ou la prison ? Comme ça sans aucun contrôle possible de qui que ce soit !!
Et si tu veux leur répondre : en langue allemande obligatoire !! Quelle Europe ? Je croyais que le Français était une langue officielle …
J’en ai marre de cette Europe c’est de la surveillance du harcèlement carrément avec des punitions dans tous les coins. Tu as raison, le covid c’était un galop d’entraînement pour ces salauds qui veulent nous tenir en laisse et nous transformer en esclaves de leur bureaucratie et de leurs règlements, j’en ai marre de la dictature bureaucratique ».
Antonella
« Ecoute tu as raison mais tu ferais mieux de payer, tu vas t’attirer des ennuis »
Camille
« Mais tu te rends compte comment nous sommes harcelés alors qu’ils n’arrivent même pas à renvoyer un OQTF chez eux ni à mettre en tôle les dealers qui poussent comme des champignons dans cette ville.
Sans compter les terroristes qui pullulent tranquille grâce à l’ouverture de nos frontières ; si les dealers peuvent se procurer des kalashnikovs tu penses bien que des terroristes peuvent en trouver aussi.
On subit la totale dans ce pays : Insécurité, crise du logement, crise de l’hôpital, crise de l’école, crise de l’énergie, endettement colossal, impôts, charges, justice de merde et bientôt on aura plus le droit de dire ce qu’on veut ».
Antonella
« Bon, On le sait tout ça, si tu as décidé de t’énerver je vais à côté lire un bouquin »
Camille
« Bon j’arrête ; quand je dis que j’aurais aimé vivre à l’époque des cavernes c’est presque sérieux. Je vais voir JP ».
Rideau
Fin de l’acte III
ACTE IV SCENE 1
Décor style carte postale d’une plage avec mer
JP et Camille aujourd’hui sur une terrasse avec parasol et chaises de jardin ils boivent un pastis
Camille
« Qu’est-ce qu’on est bien comme ça au soleil abrité du vent. Ah tiens Il faut que je te dise j’ai signé chez Reconquête »
JP
« Ça ne m’étonne pas. Je reconnais qu’il ne dit pas que des conneries Zemmour et que depuis des années comme peu d’autres politiques il dit tout haut ce qu’il ne faut pas nommer, il avertit que ça va péter avec cette bombe à retardement de l’immigration économique ou politique, mais quand même c’est un peu focalisé, ça ne suffit pas à faire un programme pour toutes les questions »
Camille
« Tout est lié JP ; bien entendu l’immigration massive et de populations qui ne sont pas culturellement assimilables n’est pas la seule cause, mais une des causes de notre situation déplorable.
On a bousillé nous-même le système scolaire par souci d’égalité, on a fait un numerus clausus stupide pour les médecins on trouve toute excuse possible aux délinquants on tolère, on tolère, on encourage par cette tolérance et impunité toutes les dérives des incivilités, on ne gère pas la question de la drogue, on paye des centaines de milliers de personnes à ne rien faire, on a supprimé le service militaire, on fait de la discrimination positive qui tue le goût de l’effort, on laisse s’installer la fraude sociale et fiscale, on a des fonctionnaires par millions avec nos strates administratives on s’occupe des loisirs des gens, on s’est mis des boulets juridiques, des normes nouvelles sans arrêt, dans tous les domaines etc. »
JP
« L’immigration est une des causes mais pas la seule loin de là ; on ne peut pas baser un programme sur un seul sujet un rejet qui plus est, et surtout celui-là qui fait mal à la conscience de toutes les bonnes âmes généreuses avec le pognon des autres ou le pognon qu’on doit emprunter !
Tu oublies les conneries comme l’abandon du nucléaire, la transformation de producteurs en quémandeurs de subventions, l’assistanat à tout va, la mort de la valeur travail, les 35 heures payées 40, la gratuité de trop de choses, les nouveaux droits sans arrêt …Les trois quarts de tous ces migrants se demandent quel est ce pays où tout est cadeau si tu sais y faire alors pourquoi s’emmerder ?»
Camille
« Il faut arrêter ce flux de folie. Et par ailleurs je suis contre l’immigration choisie aussi parce qu’elle prive ces pays de leurs meilleurs éléments qui pourraient faire les révolutions chez eux. Regarde l’Algérie comment les militaires ont mis au pas tous ceux qui voulaient un peu plus de transparence, de démocratie et de partage de la manne pétrolière : en taule les manifestants. Et en nous envoyant leurs jeunes ils évacuent les chômeurs, les contestataires potentiels et ils reçoivent le pognon de ceux qui travaillent et cerise sur le gâteau ils nous coulent notre mode de vie par la démographie et la religion islamique. Ils ont tout gagnant les dirigeants Algériens.
JP
« On comprend qu’ils ne veuillent pas changer les traités, en effet, et en plus de tout ça, ils nous culpabilisent avec l’aide de nos bobos intérieurs, et nous crachent dessus jusque dans leur hymne national »
Camille
« L’immigration soi-disant subie par altruisme au nom des droits de l’homme, est en fait voulue : le patronat a besoin de bras ? Donc on ne contrôle plus les frontières, on subventionne les associations pro-migrants, on voit les décisions folles du Conseil d’Etat qui oblige à rentrer dans une procédure kafkaïenne pour renvoyer des migrants illégaux alors qu’avant on pouvait les ramener d’où ils venaient par exemple de l’Italie par une simple reconduite à la frontière.
Et ce n’est pas que de la recherche de main d’œuvre docile sous couvert de l’altruisme : il y a aussi une vraie volonté de tuer la culture française qui n’existe pas selon Macron, et de contrôler les Français par l’économie en noyant les Français sous les problèmes individuels et collectifs.
L’immigration est un des moyens de coercition ; ils veulent des consommateurs écrasés sous la nécessité, la contrainte des problèmes quotidiens, la peur et l’envie.
Ils ne veulent pas que le français moyen ait le temps de réfléchir, de se demander pourquoi on finance la guerre en Ukraine, pourquoi nos agriculteurs se suicident, pourquoi les jeunes brillants se tirent de France ; Alors ils laissent les problèmes économiques et sociaux se multiplier. C’est une stratégie c’est une volonté de nous écraser sous les problèmes et les loisirs, de nous tenir en laisse. C’est une sorte de covid social, par la peur, l’insécurité, la nécessité de bouffer écologique et les incitations de toutes sortes à la consommation stupide alors que tous les prix augmentent, qu’il faut se loger alors qu’il manque déjà trois ou quatre millions de logements ?
Et ces cons de gauche n’y voient que du feu ; ils ne pensent qu’à taxer les entreprises et les entrepreneurs tout en souscrivant à des assurances vie » !
JP
« Tu parles comme Zemmour »
Camille
« Un peu, oui, mais ils veulent nous abêtir collectivement nous contrôler individuellement et cerise sur le gâteau, tuer la civilisation française. Ce qui compte c’est consommer et fermer sa gueule, c’est l’objectif de ces élites je me répète : tous les problèmes du quotidien à régler, l’immigration et ses conséquences, la consommation sont des outils. Ils veulent nous noyer, nous tenir la tête juste au-dessus de l’eau, par l’appauvrissement collectif immigration ou pas immigration.
JP
« Non je ne vois pas comme toi un plan prémédité ; ils font connerie sur connerie d’accord mais c’est parce qu’ils sont tous d’accord car ils sont consanguins : tous énarques ils pensent tous la même chose au même moment, et si tu critiques tu es d’extrême droite, un facho »
Camille
« Tu as entendu parler de Davos, de Soros, des droits de l’homme, du gouvernement planétaire, de la libre circulation des biens et des personnes, de l’inclusivité ?»
JP
« Il n’y a pas de grand complot, il n’y a que la loi du marché, la connerie des politiques et l’égoïsme individuel. Tu mélanges tout, moi ce qui m’intéresse est l’économie, la bonne gestion, les impôts au bon endroit, l’arrêt des fraudes sociales et fiscales, le retour du nucléaire propre, la fin des gaspillages, la fin des emplois fictifs dans le public, la fin de l’assistanat incontrôlé, de bons salaires pour les emplois surtout lorsqu’ils sont difficiles et manuels, et moins de charges et plus de prisons pour la sécurité, et des lois appliquées pour une vraie sécurité et non une sécurité de papier, »
Camille
« Sûr qu’on doit mieux payer les emplois difficiles et arrêter de diplômer et d’entretenir par milliers des intellos qui ne veulent pas se salir les mains et qui ne veulent faire que le boulot qu’ils aiment, souvent en tentant de transformer leur passion par exemple la littérature, le théâtre, l’art en métier mais ils ne peuvent en vivre pour x raisons donc solution ? L’assistanat, la subvention. Et où est l’égalité avec la caissière de supermarché qui ne fait pas ce métier par plaisir ni vocation mais qui bosse et paye des cotisations et des impôts.
Ecoute JP, je ne suis pas raciste je n’ai jamais regardé comme différent de moi quelqu’un d’une couleur de peau différente. Je ne respecte que le courage quand ta situation te le permet. J’ai plus d’admiration pour le migrant qui quitte sa famille qui fait 5000 km souvent très risqués que pour tous ces intellos qui vivent à nos crochets pour assouvir leur petite passion personnelle et qui donnent des leçons d’altruisme et de démocratie en vivotant en fait grâce aux charges qui pèsent sur les travailleurs et les entreprises. C’est un vrai libéralisme qu’il leur faut à ceux-là et qu’ils aillent chercher leur pognon ; arrêtons de subventionner les hobbies des bobos.
JP
« Les hobbies des bobos ça sonne bien je trouve. Mais l’immigrant c’est bien celui-là que tu veux renvoyer à la mer chez Reconquête non ?
Camille
« Ne caricature pas je ne veux renvoyer personne à la mer, je veux qu’ils restent chez eux et y vivent dignement. Mais parmi ceux qui viennent ici peu viennent par goût pour la France, ils s’en foutent, la France c’est un portefeuille ! Si tu reçois sans rien faire 400 euros par mois et que dans ton pays le smic est à 120 euros par mois tu es un héros si tu envoies 100 euros par mois à ta famille là-bas. C’est l’objectif de beaucoup qui choisissent la France. Mais beaucoup aussi jouent le jeu, et forcent l’admiration parce qu’ils ont courage, envie de réussir, et que leurs enfants aient un futur de bon niveau ; le malien qui faisait les carreaux des vitrines dans mon quartier il a démarré à pied avec son seau et sa raclette et maintenant il a une camionnette et deux employés ! Il a plus de courage que les bobos qui pointent depuis la Thaïlande et ne veulent pas se lever avant 10 h du matin ; lui il démarre à 5 heures. Ils sont des dizaines de milliers comme ça, qui sont admirables mais malheureusement des dizaines de milliers d’autres n’ont qu’un mot à la bouche « à quoi j’ai droit, quand est-ce que j’aurai un logement ? Tu sais ce que j’ai envie de leur répondre ? Quand est-ce que tu fais la révolution chez toi ? Et aussi : On n’a plus les moyens tout simplement !
Regarde Antonella au bout d’une année son dossier retraite n’est toujours pas bouclé ; elle va gagner moins qu’un mec qui arrive nulle part, qui n’a jamais travaillé ni cotisé en France à qui on offre la santé gratuite, des allocs et l’hébergement ! Je me payais mon hôtel quand j’étais à Paris à chercher du boulot ! Et le logement ? 3 ou 4 millions de personnes qui attendent un HLM, et l’hôpital ? Tu attends un mois pour un IRM. L’éducation ? Le niveau de merde. La sécurité ? Toujours plus de flics toujours plus de violence. La justice ? Il faut trois ans pour un jugement. Les routes ? Ne sont plus entretenues.
Mais on s’occupe de nos loisirs on subventionne à tout va les concerts et les expos les festivals et les associations tout cela dans un Etat déficitaire. Certains s’en sortent très bien grâce à leurs diplômes recherchés, ou grâce à leurs parents ou leurs talents mais la classe moyenne son niveau de vie a bien baissé malgré le fait que dans un couple les deux travaillent etc. etc. »
JP
« Les migrants devraient rester dans leur pays et faire sauter les régimes corrompus qui les gouvernent.
Les ONG qui mettent du baume sur les plaies : elles retardent les révolutions qui s’imposent. Mais c’est un autre débat.
Camille
Non tu as raison, tu sais que j’ai longuement étudié la situation politique de Madagascar où je suis né eh bien tu donnes ce pays à la Suisse et en 20 ans ils t’en font un paradis et pas un paradis fiscal un paradis. Ils ont tout là-bas du sous-sol aux paysages pour être heureux, des ressources naturelles incroyables mais tout est exploité au profit de cinquante mille familles locales et entreprises étrangères qui tiennent tout là-bas, du sol au plafond ! Le pays est maintenu dans la pauvreté absolue, et tout ça avec la bénédiction des Eglises de l’ONU de l’Europe et de tous les pays pilleurs comme la Chine et d’autres, qui osent dire que c’est un pays démocratique parce qu’il y a des élections bidon.
JP
« Ecoute Camille là-bas c’est là-bas mais ici quelles sont les causes de notre malheur ? Je constate que tu as drôlement viré ta cuti pour un mec qui a voté Mitterrand en 2081 ; c’est la valeur travail qui a disparu avec les 35 heures et le reste, et tout découle de ça : le travail c’est devenu une peine de prison pour beaucoup ; la société des loisirs on la paye par l’abaissement général du niveau de vie : si tu ne veux pas bosser il faut que quelqu’un d’autre t’entretienne, par l’impôt ou par l’emprunt. »
Camille
« Tu ne vois que le problème économique, Zemmour a d’abord vu le problème civilisationnel d’une immigration incontrôlée, islamique et s’est rendu compte ensuite de l’état de délabrement de notre pays. On paye le chômeur professionnel, l’assisté professionnel, le fonctionnaire qui gère les flux, et les problèmes et l’immigré qui fait le travail. Celui qui soulève le tapis n’est jamais bien vu ! Il a le mauvais rôle, c’est tellement plus gratifiant d’être généreux avec le pognon des autres ou les emprunts qu’il faut souscrire ».
JP
« Bon on ne va pas résoudre ça tous les deux maintenant, là ici sur la plage ? Il y a une concentration Porsche à la Grande Motte aujourd’hui tu vas voir ces bagnoles ça va te réconcilier avec l’Allemagne aussi ! »
Et il se marre.
Rideau
ACTE 4 SCENE 2
Dans une pièce style salle d’attente, visiblement au Palais de Justice une salle adjacente sont réunis assis ou vautrés dans des fauteuils 4 personnes.
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
Entre une 5eme personne (très enjouée)
Nicolas Darsonville les mains jointes et faisant des courbettes
« Bonjour !! bonjour les amis, Bonjour à toutes et à tous, je vais parler en français car je sais que vous êtes tous des réfugiés qui parlent déjà cette langue c’est un super bon point pour vous et pour la France, super.
Bon, je me présente : je suis Nicolas l’avocat qui a été désigné par MSF, MSF vous connaissez naturellement, pour vous porter assistance dans la constitution de votre dossier de demande d’asile.
Bienvenue en France d’abord, et ici dans les locaux que nous prête le Palais de Justice. Soyez rassurés, beaucoup de français sont racistes et fascistes, mais ici dans ce palais de justice, c’est le droit qui dirige, les droits de l’homme d’abord.
Je vais suivre votre dossier. C’est MSF qui me paye donc ne vous inquiétez pas c’est gratuit pour vous.
Non on ne fume pas ici (l’un des participants était en train d’allumer une cigarette)
Le mieux aurait été de vous recevoir un par un mais pour gagner du temps et parce que vous n’êtes pas nombreux enfin ce matin en tout cas on va pouvoir discuter des bases du dossier qui sont je crois, les mêmes pour tout le monde.
Vous êtes tous des réfugiés politiques, hein ? Vous êtes arrivés clandestinement et il est urgent de monter un bon dossier en ce sens. Ensuite je vous contacterai individuellement pour finaliser avec chacun de vous votre dossier personnel.
Est-ce que vous avez des questions ? »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Je suis Oksana et comme réfugiée politique Ukrainienne. C’est facile non le dossier ? Combien je vais attendre pour les papiers ? J’ai besoin pour aller Paris, tranquille. »
Nicolas Darsonville
« Ok Oksana pas de problème une semaine ou deux maximums pas plus pour boucler ton dossier je te promets »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Nicolas je suis Rabé moi Malgache je veux aller aussi à Paris connaître mes cousins mais je n’ai plus l’argent »
Nicolas Darsonville
« Pour rencontrer vos cousins vous voulez dire ; vous êtes Malgache donc c’est plus difficile pour vous pour les papiers quel est votre motif ? »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Je viens pour travailler pour ma famille »
Philippe Darsonville
« Ah non surtout pas, il ne faut pas dire ça, ça ne va pas, il faut une raison politique ou autre spéciale, pas pour le travail, le travail c’est après quand vous aurez le droit de rester en France. Je t’aiderai, Rabé, mais il faut être patient. Comme Madagascar n’a pas de problème politique il faut une raison personnelle très forte, je vous aiderai à trouver la bonne raison, mais Bon Dieu comment tu as fait pour être déjà ici ? Depuis Madagascar ça fait une trotte tu me raconteras ton parcours car ils ne sont pas nombreux les Malgaches ici, quel courage et quel voyage, bravo mon ami ! »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Oui beaucoup de chance et bonne raison : pas problème politique, mais rien à manger, le kéré, la faim mourir de faim et maladies choléra, quatre enfants, demande ONG malgache ils savent eux, eux venir tout le temps dans le sud pour apporter riz »
Nicolas Darsonville
« Ok on verra mais la faim ce n’est pas politique c’est économique, asile politique impossible, mourir de faim pas politique, économique, on va voir ce qu’on peut faire quand même ensemble »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Merci Monsieur, moi pressé car famille attend argent du travail de moi, et moi tout dépensé pour venir »
Nicolas Darsonville
« Ok j’ai compris mais je t’avertis ce sera très difficile, mais on va trouver. Ali c’est toi ? » (Il s’adresse à Zinedine)
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Non Ali c’est moi ! Je suis sénégalais et moi aussi je veux travailler vite, moi pêcheur et je veux aller Bretagne »
Nicolas Darsonville
« Oui Ali c’est logique mais c’est comme pour Rabé : au Sénégal pas de guerre, pas de famine, pas de problème politique, des élections libres ont eu lieu très récemment, alors comment on va faire pour l’asile tu as une idée ? »
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Tu me dis et je fais comme tu me dis Tu es mon frère ! »
Nicolas Darsonville
« Oui mais il faut trouver une solution ! Difficile, difficile mais on va trouver, tu sais ce que tu veux en tout cas et courageux je vois, la mer en Bretagne c’est du sérieux ! »
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Moi pêcheur Sénégal, bateaux chinois et français prendre tout le poisson, plus poisson pour la famille alors solution venir en France, comme pêcheur ; moi je viens d’abord puis famille »
Nicolas Darsonville
« Eh oui mon vieux c’est le monde en l’envers avant les blancs colonisaient l’Afrique qui ne demandait rien et aujourd’hui les Africains colonisent l’Europe qui ne veut pas (enfin pour certains salauds) qu’ils viennent y vivre, alors qu’on pille leurs ressources. Mais tout cela nous dépasse, je vais faire le maximum mais il y aura beaucoup de travail ! Bon on y arrivera et toi mon ami tu es Zinédine donc, Algérien, tranquille là mon vieux c’est beaucoup plus facile, tu as de la famille ici à Avignon » ?
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
« Non pas de famille en France c’est pour ça que le regroupement familial ne marche pas je suis arrivé par la mer par le Maroc avec d’autres frères qui sont comme moi, je ne sais pas où ils sont. Comment on va faire ? Je suis bon travailleur agricole surtout la vigne et je veux travailler tout de suite et toucher de l’argent pour l’envoyer »
Nicolas Darsonville
« Ok mon vieux on va voir. Voici les papiers exprès pour les Algériens tu essayes de remplir tous les blancs et moi je finirai avec toi demain, ok ? C’est le premier contact on fait connaissance et on va travailler ensemble pour remplir les papiers »
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
« Oui merci beaucoup Monsieur je vais téléphoner à ma famille que tout va bien merci beaucoup »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Et mon mari tu as des nouvelles ? Normalement il est déjà Paris, tu peux regarder pour savoir, il est arrivé en Octobre et depuis moi plus de nouvelles »
Nicolas Darsonville
« Qu’est-ce qu’il fait en France ton mari ? Il est handicapé ? »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Pourquoi ça handicapé ? Quoi le problème ? Lui pas handicapé lui échappé pour éviter d’être prisonnier par les Russes et venir en France »
Nicolas Darsonville
« Non pas de problème mais les hommes Ukrainiens normalement restent et combattent sur le pays » Je ferai des recherches.
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Qu’est-ce que tu veux dire que mon mari lâche et peur des Russes ? Si toi veux y a aller à sa place te battre contre Russes tu peux ! »
Nicolas Darsonville
« Il ne faut pas s’énerver il y a beaucoup de difficultés déjà » Bon vous regardez les papiers vous faites ce que vous pouvez et moi je finirai avec vous ; je dois parler à d’autres avocats aussi, je vous laisse demain à la même heure ici commencez à remplir les papiers comme un brouillon, à demain !»
Rideau
ACTE IV SCENE 3
Dans leur salon Camille et Antonella. Camille lit à haute voix :
« Toujours les Allemands, non les Autrichiens, ce sont de vrais chiens loups ceux-là ! »
Antonella
« Arrête, tu ne me fais pas rire ».
Camille poursuit
« Peine de simple police avis d’amende
Cette ordonnance de contravention est immédiatement exécutoire en cas d’absence de recours » Un coup ils disent absence de recours un coup opposition c’est la traduction certainement …je n’y comprend rien …
Amende 350 euros contrainte par corps 1 jour 15 heures o minute !! Putain contrainte par corps ça veut dire prison dis donc ! J’ai échappé aux travaux forcés je vais finir au stalag !!
J’ai 2 semaines pour faire un recours (toujours en langue allemande ben normal alors qu’eux m’écrivent en Français.
Bon je vais attendre qu’on vienne me mettre en prison c’est manière de voir comment fonctionne l’Europe judiciaire ou pénale, ou de mes deux. Elle fonctionne certainement mieux pour punir ses citoyens tranquilles qui ne payent pas leur péage sans le vouloir et leurs amendes que pour punir les délinquants français ou étrangers qu’ils soient récidivistes ou non. Petit bourgeois je suis une cible de choix !
Antonella
Tu joues quand même avec des gens qui ont du pouvoir. A ce point ce n’est pas normal mais quand même, fais attention la politique du pire ça ne paye pas généralement. Qui sème le vent récolte la tempête : paye et amen !! »
Camille
« Ecoute je veux voir à quel point la France protège ses ressortissants quand on voit comment elle protège et coucoune les immigrés clandestins, et les voyous. Tu rentres dans le pays qui n’est pas le tien sans papiers, ce n’est pas un délit, tu voles et récidives pas un souci : travaux d’intérêt général quand on te convoque au tribunal trois mois après et que tu es assez sympa pour y aller.
Tu ne payes pas un péage qui n’est même pas indiqué ça devient une contravention puis un délit passible de prison ! »
Antonella
« Ça risque de mal finir pour toi, tout ça ; tu n’as pas l’âge d’aller en prison et pas les moyens de payer des amendes pour le plaisir de faire de la pédagogie pour les français qui s’en foutent de toute manière. »
Camille
« Je sais mais si c’est bien médiatisé ça peut faire réfléchir non ? »
Antonella
« Mais non, d’abord ton histoire ne sera jamais médiatisée vu les médias officiels qui ne veulent surtout pas de vagues ; ils ne parlent pas des viols de mémés de 80 ans alors pourquoi veux-tu qu’ils parlent de ton problème de riche, du français qui va à Vienne qui ne sait pas qu’il faut payer un péage qui se prend une amende, qui ne la paye pas et finit en taule c’est rien pour eux, c’est bien fait pour ta gueule au contraire.»
Camille
« Je ne suis pas d’accord avec toi il y a dans mon cas des ingrédients qui parlent encore aux français : la bagnole, les amendes, les poursuites, et pour conclure la taule pour un vieux con de retraité français qui a 75 ans et qui se balade en Autriche, c’est du piment tout ça dans leur assiette au 20 h de TF1 ou de la 2 !! Non ?
Si tu rajoutes un peu l’accent allemand et leur putain d’appel à la délation comme au temps de la collaboration pendant la deuxième guerre mondiale ça rappelle des souvenirs ! Tiens je fais lire leur prose avec leur putain d’accent « Ah fous foulez pas dénoncer celui qui conduisait si ce n’est pas fous !!!...Fous allez parler sous la contrainte par corps, ça c’est de moi mais on n’en est pas loin au niveau du langage menaçant c’est comme au cinéma non ?
Les Allemands ont perdu la deuxième guerre mondiale mais leur putain de mentalité de chef esclavagiste est toujours là. Ils ont gagné la guerre en fait, par l’économie grâce à l’Europe et à leur mentalité de bosseurs quand nous on signe les 35 heures les 5 semaines de congés payés et l’assistanat à tout va !
Antonella
« Calme toi chéri tu t’énerves pour rien, tu ne passes pas encore à la télé alors viens te coucher ! »
Rideau
Fin de l’acte IV
ACTE V SCENE I
Les vieux encore, dans leur salon, la sonnette d’entrée retentit.
Antonella
« Tu vas voir chéri ce que c’est, pour une fois je n’ai pas commandé de vin ! »
Camille
« On nous dérange toujours au moment de passer à table ; tu as peut-être encore commandé une bricole en Chine ? »
Antonella
« Non je n’ai rien commandé depuis longtemps c’est peut-être le voisin, vas-y mais ne traîne pas c’est prêt dans le four ».
Camille
« Ok ”
Il revient trente secondes après, un peu pâle accompagné d’un gendarme en uniforme
« Je reviens, j’avertis ma femme » dit-il au gendarme
Antonella
« Qu’est ce qui se passe chéri ? «
Camille
« Bon eh bien tu vas le manger toute seule ton rôti ! Tu te souviens de l’affaire autrichienne du péage ? Eh bien c’est la suite merde alors ! Il faut que je suive le gendarme, il m’a dit de préparer une petite valise, je n’y crois pas ! Je crois qu’ils vont me mettre en taule en France ou m’extrader !
On va d’abord devant le juge m’a dit le gendarme tiens lis cette convocation ! »
Antonella
« Mais ce n’est pas vrai ! Attends mais tu ne vas pas y aller ?
Matéo Pavupapri le gendarme
“Bonjour Madame, Il fait ce qu’il veut votre mari Madame, moi je ne vais pas l’emmener de force, mais la convocation est claire et elle dit « convocation remise en mains propres et après avoir pris quelques affaires de toilette et de rechange conduite devant le juge immédiatement pour y être présenté avant 14 heures ; c’est écrit sur mon papier et certainement sur le vôtre, vérifiez Monsieur »
Camille en lisant le papier bleu
« Oui effectivement : « vous devez répondre sans délai à cette convocation et vous présenter immédiatement devant le juge à l’adresse ci-dessous au plus tard avant 14 heure ce jour faute de quoi je me verrai obligée de mettre en œuvre la force publique pour vous faire présenter au plus tôt par devers moi. »
C’est signé Madame Lévina Bontemps juge d’instruction auprès du Tribunal correctionnel d’Avignon.
Et l’objet de la convocation est : étude de la contrainte par corps prononcée par le juge Walter von Damned juge auprès du tribunal des affaires fiscales de Salzbourg suivant ordonnance de payement restée sans effet.
Antonella
« Ce n’est pas croyable Ah l’Europe ! Ça marche quand il s’agit d’emmerder les citoyens et de leur faire payer les amendes ça marche mieux que pour ramener les clandestins délinquants récidivistes dans leur pays ! Je n’en reviens pas ! Je vais appeler la rédaction de Boulevard Voltaire, on va en parler de cette histoire !
Camille (qui était sorti pour aller chercher un sac revient gentiment en souriant vers le gendarme).
« Laisse tomber c’est TF1 qu’il faut appeler. Bon je n’ai pas été trop long vous voyez, vous voulez un café ? » Chérie tu me prépares un sandwich vite fait s’il te plaît ça me donne faim ces émotions !
Matéo Pavupapri
« Non merci pas de café, mais dépêchez-vous pour le sandwich, en plus je ne veux pas vous mettre en retard on a juste le temps d’aller au Tribunal et la juge vous attend »
Camille à qui sa femme tend un sandwich enrobé vite fait.
« Merci Chérie, j’y vais, je ne vais pas faire un bordel ici ; il n’y est pour rien le gendarme mais je crois que notre concert de ce soir est cuit. Je t’appelle dès que je peux ; tiens fais une photo de cette convocation de merde et envoie-la quand même à Boulevard Voltaire et à Valeurs actuelles et à qui tu veux, arrose au maximum ça va les intéresser cette histoire »
Il se marre
Il embrasse sa femme ensuite et dit au gendarme : « Bon Monsieur le gendarme je vous suis, je sens qu’on ne va pas s’ennuyer »
C’est un peu mal parti cette affaire. »
Matéo Pavupapri
« Attention à ce que vous dites Monsieur, je ne le prends pas pour moi naturellement, mais ils prennent vite la mouche au tribunal je vous donne un conseil pas de mots comme ça avec la juge, elle n’est pas commode »
Ils partent
Camille
« Tu vois chérie c’est bien ça il m’emmène peut-être en prison !!Merci du conseil Monsieur le gendarme, chérie on fait comme on a dit et à je ne sais pas quand ! »
Matéo Pavupapri
« On y va aurevoir Madame, il a son téléphone et son chargeur votre mari ? »
Camille
« Oui, et ma carte d’identité et un bon bouquin pour me détendre, allons-y le plus tôt sera le mieux, je suis curieux de savoir où tout cela va me mener. Les camps de concentration sont fermés non ? »
Matéo Pavupapri
« Je vous le répète Monsieur, ne faites pas le malin avec la juge, elle ne rigole pas avec les prévenus »
Camille
« Ah j’oubliais je suis un prévenu, merci Monsieur l’agent. Je suis étonné on ne va pas y aller à pied ? »
Matéo Pavupapri
« Non mon collègue nous attend dans la voiture bleue là au coin, dépêchons-nous, nous avons encore deux personnes à aller chercher »
Camille
« Ah bon ? C’est une rafle alors ? »
Matéo Pavupapri
« Je vous ai donné un conseil monsieur faites attention aujourd’hui on ne sait même pas si l’on peut faire une plaisanterie ; ces nouvelles lois bien floues sont dangereuses pour excusez-moi l’expression pour les grandes gueules ; faites attention même à votre âge ; un conseil, profil bas vous taire et de bien écouter »
Camille
« Ok merci encore une fois du conseil, Monsieur Pavupapri »
Rideau
ACTE 5 SCENE 2
Nouveau décor
Dans le bureau de la juge ; le gendarme a tapé à la porte on entend qu’elle lui a dit d’entrer et de la laisser seule avec Camille
Lévina Bontemps la juge française
« Bonjour Monsieur Camille, asseyez-vous. Je me présente, Juge Bontemps auprès du tribunal pénal correctionnel de cette bonne ville d’Avignon.
Vous ne pouvez pas payer vos amendes comme tout le monde ? Ça nous éviterait du travail comme si j’en manquais et vous ça vous éviterait qu’on finisse par vous passer les menottes ; je suis Juge et comme vous l’avez lu, j’espère, sur votre mandat d’emmener, chargée de vous imposer une contrainte par corps pour vous apprendre d’abord à ne pas payer vos amendes et aussi naturellement pour vous les faire payer sympa comme tâche »
Camille
« Alors comme ça on obéit direct aux juges autrichiens, en France, vous arrêtez vos concitoyens Français sur ordre, sans même entendre ce qu’ils pourraient dire ?»
Lévina Bontemps la juge française
« Vous n’êtes pas en état d’arrestation vous êtes sous le coup d’un mandat d’emmener que j’ai délivré moi-même maintenant ça ne veut pas dire que je ne vous ferai pas « arrêter » comme vous dites pour purger votre peine : un jour 15 heures et zéro minute, c’est précis comme une montre suisse »
Camille
Ou plutôt allemande, moi ça me rappelle un peu les films sur la deuxième guerre mondiale vous savez Madame, les ordres en allemand, la gestapo, rien à voir avec les gentils coucous suisses, on est dans la coercition, la menace ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Mais c’est qu’il a de l’humour mon concitoyen ! Je sens qu’on va passer un bon moment ensemble, vous voulez que je vous fasse passer les menottes pour vous mettre dans l’ambiance que vous décrivez ? Non ? Bon j’appelle le sieur Walter von Damned mon homologue, le juge autrichien qui ne vous veut pas du bien ! Qu’elle est votre profession « Monsieur Camille qui ne paye pas les péages » ?
Camille
« Je suis retraité »
Lévina Bontemps la juge française
« Ce n’est pas une profession ça ! C’est votre métier qui m’intéresse, avant votre retraite bien méritée certainement, vous aviez bien un travail ? Ne faites pas de l’humour avec moi Monsieur Camille je n’en ai pas le temps. »
Camille
« Madame Bontemps, je ne fais pas de l’humour, je n’ai pas demandé à vous connaître non plus. J’étais marchand d’art contemporain, j’avais ma galerie d’art mais en même temps j’étais juriste d’entreprise puisque j’ai fait des études de droit mais pas pénales je précise, donc je ne connais rien à votre métier puisque je n’ai pas l’habitude de fréquenter les tribunaux, donc j’aimerais que vous preniez un peu de votre temps pour m’expliquer comment il se fait qu’un fonctionnaire autrichien puisse au nom des accords européens me menacer de prison parce que je n’ai pas payé une contravention pour le non-paiement d’un péage invisible. Merci d’avance. ».
Lévina Bontemps la juge française
« Vous croyez que les juges ont que ça à faire : vous expliquer le fonctionnement de la justice ? J’ai 200 dossiers sur ma table qui attendent et moi on me fait dire en haut qu’il faut aller vite. Alors non, vous payez l’amende ou je dois poursuivre la procédure. Ça vous ennuie d’être là moi aussi si maintenant les petits citoyens se mettent aussi à se rebeller contre les lois où est-ce que l’on va !
Bon il répond ce skieur de fond autrichien ? Je l’appelle comme ça, entre nous, parce que visiblement il ne lâche pas le morceau. Vous vous en rendez compte. Ils ont du temps et de l’argent en Autriche, 5 courriers en 8 mois c’est du harcèlement ou ils veulent faire un exemple ».
Camille
« Le petit citoyen, il vous craint plus que la peste, parce qu’il est un bon petit bourgeois, justement avec beaucoup à perdre contrairement aux délinquants que vous voyez tous les jours et qui vous en font baver ; moi, je suis un citoyen bien trop facile pour la justice et la police.
Mais vous avez parlé d’exemple, je crois en effet que c’est un bon sujet pour les journalistes entre nous !
Est-ce normal de ne pas annoncer qu’il y a un péage à payer ? Ils ont trouvé un moyen de piéger les touristes sans investir en information ou poste de péage sans trop ne se fatiguer ni ralentir la circulation ! Vous y êtes allée en Autriche ? Moi je ne les ai pas vu les péages ni aucun avertissement quelconque : c’est un piège ce pays, j’ai même d’abord cru que c’était une arnaque ! Si maintenant il faut lire toutes les lois avant d’aller dans un pays ! Ouais ça va faire du bruit dans la presse ce truc : en prison à première demande pour non-paiement d’une amende ! Et ce avec la bénédiction de mon Etat. Quelle Europe !! tout ça à deux mois des élections européennes, ça va faire mal à la télévision un vrai feuilleton on n’est pas capables de garder nos frontières mais pour ce qui est de mettre en prison les citoyens ça marche avec von der Layen.
Lévina Bontemps la juge française
« A première demande vous exagérez, vous avez reçu quatre courriers et puis si vous voulez faire de la politique, pas dans mon bureau svp, la justice est indépendante, je vous en informe.
Camille qui s’apprête à parler interrompu
Lévina Bontemps
« Ah Mister Walter Von Damned? Yes, I speak English of course I am Mrs Levina Bontemps the French judge that you have contacted in order to solve the Monsieur Camille Case” Yes Exact perfect this is right so Monsieur Camille is in my office and not very happy indeed so have you something special you would like to say to me or to discuss moreover about your international EU requisition?
Nothing? You just want him to go to jail now as an example? Ouh ouh this is very very hard! Do you know that Monsieur Camille is 74 years old and was doing tourism in your country? Classic music, Mozart and so on? Not the subject matter! Yes, I see, I see, but Monsieur Camille does not see the same than you, I think.
So, are you sure? Prison one day plus 15 hours plus the maximum fine? Is that that you want and request, plus the justice fees? Are you sure? You are not going to make good reputation for your country; this story will finish in the newspapers and may be in French TV.
Monsieur Camille is a very intelligent person and I think ready to fight your views. No matter? Ok Ok I will pursue. Thank you; Yes, I will let you know of course.
No, I do not favor an extradition in your country we have prisons too in France and there is one just 5 kms from my office.
Ah you say the law is the law and that we must extradite him to Austria. I did not know I must check this with the Chancellery, because I am not used to this; I call you back and in between for today at last Monsieur Camille will stay here, not being allowed to go back home, I am not afraid that he may fly away!
You are in a hurry to close this matter? Me too but you may open la boîte de Pandore
You do not understand what is la boîte de Pandore. You know, TV , radios, newspapers, European elections and so on …No time to explain think about it and have a nice day I call you back asap...Bye!
Elle se retourne vers Camille :
« Vous avez compris je suppose ? » Le juge autrichien veut faire un exemple il me semble en tout cas il me demande votre extradition pour que vous fassiez votre journée et demie de prison en Autriche, un vrai bouledogue il ne lâche pas ». A elle-même : « je ne suis pas près d’aller dans ce pays ! »
Camille
Et alors qu’est-ce que vous attendez pour collaborer avec l’ancien occupant pour m’envoyer en taule là-bas ?
Lévina Bontemps la juge française
« Monsieur Camille, je suis plutôt gentille avec vous faites attention aux mots que vous employez : je coopère, je ne collabore pas, d’accord ? ».
Camille
« Oui mais je ne vais pas me laisser faire. Je veux me battre contre ces conneries je vous le dis. Dites-moi exactement ce qui va se passer svp »
Lévina Bontemps la juge française
« D’abord j’attends des instructions de la chancellerie de Paris pour savoir si vous devez faire de la prison et le cas échéant, si vous allez faire votre prison ici ou en Autriche. En attendant (elle sort et appelle le gendarme) je vais vous demander de rester bien tranquille dans la petite salle d’attente à côté ; Monsieur Pavupapri, Monsieur Camille reste ici dans cette pièce et pas de discussions svp, il n’est autorisé à passer d’appels ni à en recevoir qu’avec son épouse vérifiez svp. merci »
Camille
« C’est la Kommandatur ici ! Quand je pense qu’en prison ils ont des portables et des baisodromes ! Donc on poursuit la plaisanterie ? Vous allez obéir à un juge autrichien sans que je puisse être entendu ? Le dernier des malfrats en France a droit à un avocat et moi que dalle ! Fous exécutez les ordres de la Kommandatur ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Monsieur Camille, je vous ai dit de surveiller votre langage et surtout vos références à la deuxième guerre mondiale finie depuis 80 ans
Je n’obéis qu’à mes supérieurs et à la loi et vous devriez respecter les lois des pays où vous roulez en voiture et payer les péages. »
Camille
« Encore faut-il savoir qu’il y a un péage !! Je vous l’ai dit c’est du racket organisé leur méthode à ces sociétés d’autoroute et ils sont appuyés par leur administration. Ici c’est à qui appliquera le mieux les directives de Bruxelles, demandez aux paysans ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Bon ça suffit suivez Monsieur l’agent et à tout à l’heure ».
L’agent et Camille sortent
Monsieur Pavupapri
« Il va falloir que je me rase je sens qu’on va passer à la télévision dans pas longtemps, vous êtes un sacré numéro vous ! Vous me rappelez le film « Papi fait de la résistance »
Camille
« Je compte sur vous pour me faire de la pub auprès des journalistes ! »
Monsieur Pavupapri
« Tout le commissariat est déjà au courant ça ne devrait pas tarder à défiler, en tout cas je crois franchement malgré son air sévère que la juge elle vous a à la bonne je l’ai vue plus remontée que ça, je ne serais pas étonné qu’on ait déjà votre dossier Place Beauvau vous connaissez ? Vous savez votre genre d’affaire, ça remonte très vite et puis ça fait du ping pong entre la Justice, et la Police ! »
ACTE V SCENE 3
On va suivre en même temps la conversation de la juge et celle de Camille qui a un appel de sa femme.
Côté gauche : Camille et l’agent assis
Côté droit la juge au téléphone assise à son bureau mais nerveuse.
Le téléphone de Camille sonne ; il décroche et montre au gendarme qu’il est sur WhatsApp et que c’est sa femme qui l’appelle ; parallèlement la juge fait un numéro.
Camille au gendarme
« C’est ma femme, vous voyez, la juge a dit que je pouvais lui parler au téléphone »
Camille à sa femme au téléphone, en parlant tout bas pour que la juge n’entende pas mais le gendarme lui entend tout.
« Ah chérie dis donc on est en plein délire ici ; la juge ne sait pas trop quoi faire en fait elle ne sait pas si je dois aller en prison et si oui en France ou en Autriche, mais personne ne parle ici de me juger en France ; et c’est la prison plus l’amende de 300 euros plus les frais de justice que veulent les autrichiens !! »
Antonella
« Ecoute j’en ai parlé à Michel qui en a parlé à un copain qu’il a à FR3 et ils ont l’air de s’intéresser à ton cas il leur a dit que tu es sur le point d’aller en prison pour un péage pas payé en Autriche !! Du coup ils veulent un interview car ce n’est pas courant comme histoire »
Camille
« C’est génial ma chérie on va leur faire de la pub aux Autrichiens, attends que je réfléchisse et surtout que je ressorte d’ici et rentre à la maison. S’ils veulent un interview, ils vont être servis mais à la maison en direct sinon rien ! »
Antonella
« D’accord je vais leur dire d’attendre, que tu es devant le juge et que tu attends pour savoir si tu peux sortir ce soir. Michel veut en parler aussi à Valeurs actuelles »
Camille
« Non surtout pas il faut que cette histoire passe sur les télés officielles bien pensantes et bien à gauche »
Antonella
« Ok je lui dirai, bises mon chérie et ne te mets pas à dos la juge si tu veux sortir »
Camille qui se marre
« Tu peux compter sur moi elle se fait du souci à mon avis »
Le gendarme
« C’est bon raccrochez maintenant et arrêtez de jouer au martyre un bon conseil »
La juge au téléphone (elle parle fort et tout le monde l’entend ainsi que son interlocuteur inconnu)
« Oui Monsieur, je vous écoute car c’est délicat et je n’ai pas l’intention de faire une erreur, ça peut devenir polémique rapidement ce sujet vu le profil de mon interlocuteur, ce n’est pas le prévenu lambda »
X au téléphone
« Ne vous laissez aucunement intimider par cet abruti qui a envie de jouer avec les lois et les règlements ; comme vous je pense qu’il faut faire attention mais être ferme. C’est simple la loi toute la loi, que la loi, pas de sentiments, ni d’hésitation »
La juge au téléphone
« D’accord Monsieur, je fais quoi alors ? Je le mets en prison sans jugement comme ça ? Sans autre forme de procès c’est le cas de le dire ; en plus je ne connais pas ces réglementations internationales et je viens juste d’arriver et d’être mise au courant alors que ce dossier traîne depuis deux mois et qu’il n’y a pas une seule note à l’intérieur ! Je n’ai que la demande autrichienne »
X au téléphone
« Faites votre travail Madame le Juge si votre prédécesseur ne l’a pas fait, vous devez vérifier que cette décision administrative a le caractère d’une chose jugée sans possibilité d’appel en Autriche ni en France et que cette…décision qui a le caractère d’une pseudo sentence est conforme au droit européen et applicable de plein droit en France »
La juge au téléphone
« Je ne peux pas vérifier tout cela en une après-midi !!! et il est là dans mes locaux sous la garde d’un gendarme !! et il nous écoute, il n’y avait même pas de local disponible pour le faire attendre et le gendarme doit quitter son service maintenant »
X au téléphone
« Il n’est pas en état d’arrestation non ? Il a été convoqué pour lui signifier sa situation et le préparer, il ne va pas s’envoler, ce n’est pas un délinquant ni un OQTF donc renvoyez le chez lui et demandez d’urgence l’avis de la chancellerie une bonne fois pour toutes, bougez-vous car ce type de petite affaire de rien du tout peut devenir grosse et faire du bruit il faut au minimum être sûr du droit et l’appliquer, j’appelle la chancellerie place Vendôme et je leur demande d’activer l’étude du dossier que vous allez leur transmettre ce soir en urgence »
La juge au téléphone (elle regarde sa montre, il est 18h30 déjà)
« D’accord Monsieur, j’ai déjà fait le récapitulé du dossier et je fais la demande d’éclaircissements immédiatement et en attendant la réponse donc je le libère si je puis dire ?»
X au téléphone
« Oui renvoyez le chez lui, mais ce ne sont pas des éclaircissements qu’il vous faut de la chancellerie, ma Chère mais des certitudes écrites rappelez-moi dès que vous aurez reçu l’étude et la marche à suivre, merci et attention à la publicité, cette affaire ne me plaît pas du tout ; il y a tous les ingrédients d’une belle publicité pour l’extrême droite à deux mois des européennes, faites attention mais je ne vous ai rien dit ! »
La juge au téléphone
« Entendu Monsieur je vous tiens au courant et je le renvoie chez lui et le reconvoque dès que j’aurai la marche à suivre si nécessaire, mais je ne peux pas l’empêcher de raconter sa vie à ses amis ; bonne soirée Monsieur »
X au téléphone
« Bonne soirée, et ne vous inquiétez pas tout va bien se passer »
La juge raccroche et toute seule
« Tu parles je sens que ça va dégénérer cette affaire, ils sont fous ces autrichiens quand je pense qu’ici pour mettre un type en cabane il faut une putain de procédure d’enfer et chez eux n’importe quel gratte papier t’envoie au trou. Sympa comme débuts dans mon nouveau poste ; je ne vais pas encore rentrer chez moi avant 21 heures, j’en ai marre de ces affaires pourries qu’on m’a laissées ça va être sportif et il commence à sortir le parachute pépère, à moi le bâton merdeux koâ !
Elle ouvre sa porte et :
« Monsieur Pavupapri (à voix basse) « Bon Dieu pour un flic un nom pareil ça ne s’invente pas ils vont s’éclater de rire les journalistes si tout ça arrive à leurs oreilles, Monsieur Pavupapri, voulez-vous svp raccompagner Monsieur Camille à son domicile, svp évitez d’ébruiter cette affaire vous êtes tenu par le secret professionnel je vous le rappelle gentiment »
Le gendarme
« Oui Madame le Juge mais tout le monde est au courant au commissariat, je suis désolé mais l’affaire est trop grosse pour rester inconnue, ils ne parlent que de ça et comparent avec les dealers qu’on relâche malgré des récidives longues comme le bras. Mais me concernant moi je ne dirai rien à personne je rentre direct chez moi après avoir déposé Monsieur Camille chez lui »
La juge
« Allez Monsieur Pavupapri je compte sur vous, à demain 9h vous me ramènerez Monsieur Camille, voici une nouvelle convocation que j’avais préparée par précaution,
Et s’adressant à Camille
« Vous, prenez votre brosse à dents demain matin » Et elle sort en riant. Il est 18h30.
ACTE V SCENE 4 Camille sur TF1 20heures
Camille dans son salon des caméras et micros partout ils sont quatre : lui, son épouse, un preneur de son un caméraman et le journaliste local qui coordonne l’interview en direct avec Antenne2 au journal de 20 heures ; sur un écran on voit le présentateur du Journal télévisé et on l’entend :
Méga Macarel
« Bon l’interview commencera à 20h18 et durera 3 minutes, soyez prêts, merci »
Camille
« Je suis prêt c’est quand vous voulez »
Le journaliste local
« Soyez factuel expliquez bien votre situation, dans 20 minutes maintenant »
Antonella
« Quelqu’un veut un verre d’eau, quelque chose, un thé ? »
Le journaliste local
« Ça y est c’est l’heure tenez-vous prêt c’est à vous dans 5 4 3 2 1 ; bonjour à tous, je suis avec Mr Camille retraité avignonnais qui risque la prison pour une contravention non payée en Autriche expliquez-nous Mr Camille ce qui vous arrive et qui n’est pas banal ; c’est à vous ! »
Méga Macarel
« On vous écoute Monsieur Camille, alors si j’ai bien compris un jour et 15 heures de prison pour une contravention non payée en Autriche ?
Camille
« Eh bien c’est simple, L’été dernier on est passé par L’Autriche et on n’a pas vu de péages ni d’information par la quelle il y avait un péage à payer sous forme de vignette à acheter. Et deux mois après notre retour j’ai reçu en allemand et en Français une lettre m’appliquant une amende ; ils avaient mon adresse car la réglementation européenne prévoit l’échange d’informations sur les titulaires de plaques minéralogiques. Donc les Autrichiens responsables des autoroutes (Asfinag ça s’appelle) ont obtenu mon nom et mon adresse et m’ont envoyé la lettre recommandée en me mettant une amende de 90 euros !! Ça ne m’a pas plus et je n’ai pas payé. J’ai reçu une 2eme lettre de relance 200 euros. Et ensuite ce n’est plus Asfinag qui m’a écrit mais c’est l’autorité administrative du Lander comme ils disent là-bas, toujours pareil toujours en allemand et en français mais 350 euros pouvant être porté à 1000 euros et le pompon c’est la 4 -ème lettre du Lander qui là me menace carrément de prison et hier je me suis retrouvé devant un juge convoqué au Tribunal d’Avignon, et emmené par un gendarme ! »
Méga Macarel
« Vous êtes donc menacé d’un jour et 15 heures de prison pour non-paiement d’une amende en Autriche ! Que comptez-vous faire allez-vous payer cette contravention, ou vous retrouver en prison ? »
Camille
« Monsieur ce n’est pas ça le vrai sujet : mon père n’a pas fait la guerre de 39 45 pour qu’une autorité administrative autrichienne m’envoie en prison comme ça, tranquille depuis Vienne sans jugement sans qu’on m’écoute ! C’est devenu quoi l’Europe un régime de terreur administrative sur les citoyens. A quoi ça sert d’avoir vaincu les nazis. ! »
Méga Macarel
« Mais pourquoi ne payez-vous pas simplement ? »
Camille
« Ce n’est pas le sujet je vous dis, le sujet c’est l’Europe de merde Monsieur, depuis quand en France on met en prison les gens qui ne payent pas une contravention ? Vous avez vu ça vous ? Et sans intervention d’un juge, sans jugement en tout cas et là depuis Vienne, une administration autrichienne demande qu’on me mette en prison ? »
Méga Macarel
« C’est la coopération européenne, Monsieur, mais surveillez votre langage Monsieur sinon je serai dans l’obligation d’interrompre cet entretien. Je répète ma question qu’attendez-vous pour payer, qu’on vous mette en prison ?
Camille
« Justement, j’attends oui, je veux savoir à quel point nous nous sommes soumis nous français aux règles européennes, à quel point on ne défend plus nos citoyens puisqu’un gratte papier autrichien peut envoyer en prison un citoyen français comme ça parce que c’est l’Europe ! « Vous trouvez ça normal vous ? »
On marche sur la tête comme dans les sculptures de Bromley, moi je réfléchis comme le penseur de Rodin et je me dis que ce n’est pas normal »
Méga Macarel
« On voit que vous avez été au Musée Rodin, c’est intéressant votre comparaison malheureusement on n’a pas d’images de ces sculptures à montrer là tout de suite ! Donc vous prenez ce risque pour contester le droit européen, vous tout seul dans votre petit coin en risquant la prison. »
Camille
« Oui on est dans une Europe anti-citoyens ; on a refusé le traité de Lisbonne ils se sont assis sur notre refus. Mais eux, ils appliquent sérieusement les règlements en Europe quand il s’agit de punir les citoyens de base. Pour du pognon ça ne rigole pas mais pour la démocratie ils se sont assis dessus, je ne les respecte pas ces faux-culs de bureaucrates Bruxellois ! Donc je me révolte oui et je répète on n’a pas résisté aux allemands nazis pour se voir traiter comme des veaux par des fonctionnaires autrichiens depuis leur pays, depuis Buchenwald. C’est la kommandatur qui revient sous le drapeau bleu de l’Europe ! Et pour finir, rien que de voir un texte écrit en allemand ça me donne des boutons, c’est psychologique je ne peux pas blairer ni les Allemands ni les Autrichiens ; c’est bien pour Mozart qu’on est allé là-bas pas pour leur mentalité germanique et leur bouffe de merde. »
Méga Macarel
« Monsieur Camille vous vous égarez la guerre est finie depuis longtemps vous ne seriez pas un peu comme ces japonais qui continuent la guerre tout seuls sur les îles perdues du pacifique ? La loi c’est la loi européenne maintenant d’abord, avant même la loi française, on est en 2024 et plus en 44 ! il faudrait tourner la page non et rester poli accessoirement, dernier avertissement !? »
Camille
« Monsieur Macarel, nos parents et grands-parents ne se sont pas battus pour une Europe du pognon et des taxes et de la coercition des citoyens on a même plus le droit de dire ce que l’on veut. »
Méga Macarel qui le coupe
« Mr Camille, je vous coupe, nous sommes en ligne avec le Procureur de la justice autrichien on me dit qu’il veut intervenir car on doit écouter aussi la position autrichienne (je me demande comment il a eu notre antenne mais bon c’est une autre histoire), Monsieur Von Damned c’est à vous »
Von Damned (en Français mais avec un fort accent style 2eme guerre mondiale)
« Bonsoir Messieurs Mesdames che me présente che suis le Chef Procureur qui est chargé de cette affaire et che veux expliquer la situation »
Méga Macarel
« Bonsoir Monsieur le Chef procureur, je vous laisse la parole »
Von Damned
« Merci beaucoup ; cela est simplel, Monsieur Camille il a utilisé les autoroutes autrichiennes sans payer péage, alors il a reçu son amende chez lui, grâce aux accords européens de coopération et il n’a pas foulu la payer alors on continue la poursuite jusqu’au bout de cette affaire ! Et le règlement autrichien prévoit la prison un jour et quinze heurs plus tous les frais et naturellement l’amende c’est tout, c’est normal c’est la loi, il n’y a pas de rapport avec la deuxième guerre mondiale ni le nazisme, fous comprenez merci et aurevoir »
Méga Macarel
« Attendez Monsieur le Chef procureur, Monsieur Camille dit qu’il n’y a pas d’information sur les autoroutes, sur le péage à payer »
Von Damned
« Quand fou fenez en Autriche fous devez connaître la loi et la respecter en Autriche on n’a pas besoin de rappeler la loi partout ; alors amende et prison ça être normal maintenant après un an de trafail pour la procédure, fous comprenez merci et aurevoir ».
Méga Macarel
« Monsieur le Chef procureur, c’est un peu sévère non ? Quand les Français ont signé cette directive devaient-ils connaitre la sévérité de vos lois, des lois de chaque pays, de 27 pays ? »
Von Damned
« Ce n’est plus la question maintenant, la directive ils ont signé, nous afons respecté la directife européene, che afertis les touristes comme ça de faire attention pour prochaine fois ils fiennent en notre pays ; merci et aurevoir ! »
Méga Macarel
« Aurevoir Monsieur le Chef procureur, bonne soirée ; Eh bien c’est sûr que les touristes sont avertis maintenant, grâce à vous Monsieur Camille, votre mésaventure servira au moins à quelque chose ! »
Camille
« Je l’espère ».
Méga Macarel
« Bonne soirée et j’espère que fous n’irez pas en prison ! »
Camille en riant
« Je me battrai jusqu’au bout, bonne soirée à tous »
Rideau
ACTE V SCENE 4
Chez la juge Lévina Bontemps
La Juge au gendarme :
« Vous pouvez nous laisser Monsieur le gendarme ; il a déjeuné Mr Camille ? Oui ? Bien je n’en doute pas il devait avoir un bon appétit après son cinéma d’hier soir, vous avez vu ça Monsieur le gendarme ? Non ? Vous regardiez le foot ? On ne parle que de ça dans les couloirs du Palais et j’ai l’air d’une bonne conne, avec un cas pareil. Bon passons aux choses sérieuses » !
S’adressant à Mr Camille
« Vous êtes content ? On peut dire que vous avez fait un tabac hier soir à la télévision vous avez mis les rieurs de votre côté ! Du grand art sans avoir l’air d’y toucher ! J’aurais dû me méfier ! Ah le gentil petit retraité que voilà mais il a signé à Reconquête ! Je me suis renseignée depuis hier ; vous avez le sens de la communication, attendez je lis Et elle lit un journal :
« Gros succès d’audience hier soir pour la 2 avec l’interview de Mr Camille qui a raconté selon sa formule comment l’Europe se nazifie et marche à l’envers et sur la tête à la fois comparant images à l’appui la statue de Rodin le penseur à la France de la raison, et les sculptures de l’Anglais Bromley à l’Europe de la folie destructrice des valeurs européennes notamment de la raison ; il a expliqué tranquillement en plein 20 heures que selon lui l’Europe avait une pratique digne du troisième Reich, puisque un bureaucrate Viennois pouvait faire mettre en prison un français sans jugement, sans qu’il puisse se défendre»
Eh bien vous n’y allez pas de main morte Mr Camille, d’abord vous dites des mensonges, ensuite j’ai le Secrétaire général du Ministre qui me demande comment j’ai fait pour ne pas vous avoir encore mis en prison (un jour et 15 heures je vous le rappelle) ! Selon lui cela vous aurait coupé l’envie d’y revenir en prison, car selon lui, certaines de vos allégations relèvent de l’insulte ou de la haine et il est en train d’analyser vos propos pour voir s’il ne peut pas vous inculper. Qu’est-ce que vous en dites ? »
Mr Camille
« Je m’en fous, qu’il m’inculpe je serais heureux d’être mis en prison par mon pays parce que je traite l’Europe de nazis bureaucrates ; j’ai dit ce que je pensais et ce que pensent des millions de Français et peut-être des millions d’Européens aussi, il n’y a pas que les Français qui en ont marre de leurs directives, de leurs normes et de leur passoire organisée de frontières, et de leurs voitures électriques une connerie sans bornes (électriques) ! Je remarque au passage que vous avez l’information comme quoi je suis chez Reconquête ! Ah ah à part ça on n’est pas fiché ni contrôlé au royaume des libertés individuelles en France, je ne suis pas fiché S dès fois ? Merde alors, je peux vous montrer la photographie des hémorroïdes de ma femme si vous voulez ! »
La Juge
« Attendez là, ça suffit, vous en rajoutez, vous aggravez votre cas, je n’ai rien entendu mais s’il vous plaît n’en remettez pas une couche »
Mr Camille
« Bon qu’est-ce qu’il est permis de dire maintenant ? Rien ? On va boucler tous ceux qui l’ouvrent ? Propos haineux que ça s’appelle ? Oui je très suis content de ma petite minute de pub contre l’Europe, Macron et la mère Von der Layen. Ah le super attelage ou couple franco-allemand. Être gouverné par une allemande ça me tue, quand je pense à mon grand-père et à mon père qui ne pouvaient pas blairer les boches eh bien moi c’est pareil, je ne les encadre pas ces premiers de la classe qui trichent au football et nous font fermer nos centrales nucléaires, pour se chauffer au charbon le plus polluant d’Europe »
La Juge
« Stop d’accord ?! Je dois appeler mon confrère le juge Autrichien, il doit être furieux de l’exploitation éhontée que vous faites de votre cas »
Mr Camille
« Ça je n’en doute pas mais s’il est juge et n’a rien jugé du tout il obéit à son Lander à des bureaucrates qui s’expriment comme des nazis qui appelaient à la délation. Mon grand-père et mon père doivent se retourner dans leur tombe ! Madame la juge qu’est-ce que c’est ce ton ces menaces ces moyens incroyables mis en place pour punir les pauvres citoyens d’une frontière à l’autre pour un péage invisible et impayé par conséquence. L’Europe devrait les obliger à installer des péages. Ah je sais nul n’est censé ignorer la loi mais je suis prêt à parier que même vous vous seriez incapables de connaître votre code pénal tellement il y a d’articles dans tous les sens et sans compter le code de procédure pénale qui permet de faire sortir les truands de taule pour le moindre petit vice de forme, et eux de là-bas à 200 km de leur ancien camp de concentration ils viennent me faire mettre en taule pour un péage puis une contravention impayée ? ! »
La Juge
« C’est vous qui êtes impayable Monsieur Camille prenez un avocat qui vous trouvera un vice de forme mais dépêchez-vous, car votre affaire est au plus haut niveau maintenant et bonjour pour ma carrière ; votre sort sera réglé dans la journée ou demain au plus tard, mais moi je vais traîner une casserole toute ma carrière »
Mr Camille
« Ah oui ? C’est devenu politique peut-être mon péage impayé ? »
La Juge
« Par votre faute : vous vous servez de votre problème personnel minable pour faire de la politique à deux balles à 2 mois des européennes avouez, ne me prenez pas pour une idiote ! » Ils auront votre peau là-haut je vous le dis, je ne sais même pas pourquoi j’essaye de vous faire comprendre la gravité de votre situation »
Mr Camille
« Oui c’est grave je n’ai pas payé un péage d’autoroute que je n’ai jamais vu, mais tous les clandestins qui rentrent dans notre pays les doigts dans le nez par centaines de milliers ça ne les dérange pas à St Germain des Près ?».
La Juge
« Mais vous êtes indécrottable vous et vous mélangez tout »
Camille
« Non Madame le juge je ne mélange rien. Il y en a plein vos bureaux des clandestins illégaux légaux. On a changé la loi pour eux : ils viennent en toute illégalité mais ce n’est plus un délit et ma contravention non payée c’est un délit passible de prison, merci les traitres du Conseil d’Etat et l’Europe !
La Juge
« Je ne veux pas être mêlée à ça. Ici dans mon bureau on applique la loi, point. »
Mr Camille
« Oui Mme le Juge la loi des entreprises qui veulent de la main d’œuvre pas chère, et des futurs pousseurs de caddies, la loi des bobos progressistes bien rassemblés par leurs valeurs communes de solidarité, de fraternité et d’égalité, qui veulent créoliser la France et tuer la civilisation française au passage, qui confondant volontairement toute l’humanité qu’on doit à chaque ’homme et toute la sévérité que l’on doit employer contre leurs gouvernements et contre eux quand ils sont des dizaines de milliers à s’inviter chez nous sans notre permission juridique en tout cas, mais avec la bénédiction de leur gouvernement, et des traitres qui nous gouvernent, nous »
La Juge
« Vous n’êtes pas à la télévision ici Mr Camille mais dans un tribunal et dans l’antichambre de la prison d’accord ? J’appelle le gendarme pour qu’il vous raccompagne dans la salle d’attente pendant que je téléphone à mon collègue autrichien »
Mr Camille
« Merci, vous faites votre travail Mme le Juge «
Son téléphone sonne elle décroche, on entend une voix sa secrétaire qui lui annonce que c’est Monsieur Antoine Sanchez l’adjoint au maire (au téléphone de la Juge) qui veut lui parler d’urgence
La Juge
« Dites-lui que je suis en réunion toute la journée et qu’il me rappelle demain en fin de matinée, ou ce soir à 21 heures »
Elle raccroche
« Monsieur Camille, vous allez passer de sales moments je le crains à la suite de votre petite prestation hier soir, vous vous êtes mis à dos le gouvernement rien que ça sans compter la partie Autrichienne, un conseil vous devriez faire profil bas maintenant au lieu de continuer à débiter vos salades d’extrême droite, raciste et xénophobes et punies par la loi, j’ai beaucoup trop de patience avec vous »
Camille
« Merci mais je sais, je n’ai aucune chance de m’en sortir, Ils ont tous les leviers et tous les pouvoirs.
Ce gouvernement de gauchos bobos fait semblant de s’intéresser au sort des Français mais ils sabotent la France, et maltraitent le peuple. Ils ont tous les moyens juridiques, fiscaux, policiers, judiciaires et j’en passe pour nous écraser. Ils maquillent la réalité, cachent les chiffres et les noms et ils accusent de fascisme et de racisme tous ceux qui veulent arrêter leur machine à tuer la France qu’ils ont lancée.
Les médias sont à leurs ordres, complices. J’ai réussi hier mais c’est bien la dernière fois maintenant c’est la guerre contre moi, je le sais, ils vont tout employer pour faire oublier mon petit combat, pour me punir et faire un exemple, je sais, mais je suis un combattant comme mon grand-père »
La juge
« Et votre père, oui je sais, vous délirez un peu Monsieur Camille, on va arrêter là cette audition vous êtes ici pour un péage impayé en Autriche, ne faites pas de vous un martyre institutionnel !
A demain 10heures Monsieur le gendarme, vous raccompagnerez Monsieur Camille chez lui à midi ».
Rideau
ACTE V SCENE 5
MSF 2EME REUNION (Camille dans la petite salle d’attente adjacente entend tout mais ne voit rien, donc on ne voit rien nous aussi, on entend comme Camille)
Nicolas Darsonville
« Bonjour à tous, mais il en manque ! Il est où Ali ? »
Oksana Vodorowski
« Lui dire moi, aller quartier sous pont à Paris »
Nicolas Darsonville
« Sous pont ? Merde je me tape tous ses papiers ici et lui il se barre à Paris !? Mais ce n’est pas vrai ! Il sait ce que c’est la vie là-haut ? Dans deux jours il est camé jusqu’aux oreilles et il fait la manche sur les trottoirs ; je n’en crois pas mes oreilles, il est foutu ! Ici c’est cool c’est la province on fait doucement sans bruit, en famille entre les assoss et les juges mais là-haut c’est la chasse au pognon tout le temps, tout le temps et tu dors dehors sous le pont justement et tu pisses dans la rue c’est l’horreur ! Alors pourquoi tous ils veulent aller là-haut ?
Oksana Vodorowski
« Il dit beaucoup amis sénégalais là-haut ! »
Nicolas Darsonville
« Et moi je dis beaucoup plumer lui, merde il verra bien je laisse tomber son dossier il reprendra tout depuis le début là-haut. ; Bon à nous j’ai de bonnes nouvelles pour toi Oksana »
Oksana Vodorowski
« Ah enfin »
Nicolas Darsonville
« Quoi Ah enfin ? Tu crois que c’est facile de bouger le cul des bureaucrates ? Tu n’as qu’à essayer toute seule tu verras. »
Oksana Vodorowski
« Cul bureaucrates français bien plus léger que cul bureaucrates ukrainiens ! Alors c’est quoi les nouvelles bonnes ? »
Nicolas Darsonville
« J’ai retrouvé ton mari il vit à Bordeaux maintenant et il a un travail
Oksana Vodorowski
« Quoi Bordeaux c’est quoi ce trou ? On avait dit Paris avant partir ! »
Nicolas Darsonville
« Ecoute moi j’ai obtenu ton titre de séjour et il y a écrit domicile Bordeaux, et Bordeaux c’est une ville de gauche et écolo en plus donc il y a pas mieux »
Oksana Vodorowski
« Ok je discute avec lui, donne les papiers, c’est quoi son travail ? »
Nicolas Darsonville
« Il est sur un chantier de route pour étaler le goudron »
Oksana Vodorowski
« C’est métier ça ? C’est esclavage ! C’est bon pour arabes ! Lui ingénieur peut construire ponts »
Nicolas Darsonville
« Eh dis donc attention avec ton racisme blanc hein Oksana ? Ton mari, eh bien il y a des ponts souvent sur les routes ; s’il travaille bien il verra avec son patron rapidement mais il est content et il t’attend »
Oksana Vodorowski
« Pour quoi faire pour apporter lui des sandwiches ? »
Nicolas Darsonville
« Ecoute Oksana estime toi contente, tout ça en trois jours alors fais comme tu veux mais pour moi j’ai fini ; je dois m’occuper des autres qui ont moins de chances que toi vu leur situation tu peux partir maintenant si tu veux »
Oksana Vodorowski
« Ok moi partir et qui me donne l’argent pour prendre le train pour Bordeaux ? »
Nocolas Darsonville
« Pas besoin c’est gratuit avec ta carte de séjour tu verras «
Oksana Vodorowski
« Bon alors je pars, bonne chance tout le monde, excuse pour les arabes »
Nicolas Darsonville
« Surtout on ne dit pas merci ! »
Oksana Vodorowski
« Si si merci spasiba beaucoup Dosvidanié, fuck you »
Nicolas Darsonville qui a fait semblant de ne pas entendre
« Bon Rabé, pour toi ce n’est pas bon les Malgaches. C’est impossible de la jouer réfugié politique alors que vous venez de faire des élections avalisées par tous les pays et même si votre Président est français la bonne blague ; et donc il faut que tu trouves rapidement une famille qui va t’aider. Et au titre du regroupement familial, c’est possible ? Tu as des parents ici les plus proches possibles ? Ou des amis ?
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Non cousins de ma femme seulement mais elle restée au village avec les enfants ».
Nicolas Darsonville
« Alors c’est mal barré » Je vais réfléchir voir comment on peut faire tu n’es pas homosexuel vu que tu déclares quatre enfants, alors comment on va faire ? »
Rabé Rakotomalala
« Comme tu veux mais permis de conduire, bien connaître zébus et riz et bon chauffeur. »
Nicolas Darsonville
« Bon Rabé je vais en parler à des collègues qui ont fait rentrer des malgaches mais sans aucune famille ici ce sera difficile. Qu’est-ce que tu as à la tête ? »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Tombé hier »
Nicolas Darsonville
« Ouais il faut le dire vite, fais attention Rabé, la rue c’est dangereux ; Zinedine pour toi j’ai bien avancé ; Rabé tu peux nous laisser ? Reviens demain à 9 heures je vais finir le dossier de Zinédine puis je dois partir »
Rabé Rakotomalala
Il sort et dit « Merci beaucoup je vais chercher travail »
ACTE V SCENE 6
Camille sort de la petite pièce où il attendait et voit Rabé qui s’en va il lui dit
« Manao ohana »
Rabé s’arrête aussitôt
« Tu connais Madagascar ? »
Camille
« Je suis né à Madagascar mon ami, je suis Zanatan ! »
Rabé
« Ah je suis content je suis Rabé, je cherche des papiers pour travailler en France, avant je vis à Betafo là-bas.
Camille
« Betafo, je connais c’est très beau avec l’Eglise et le lac et la cascade et le tombeau des ancêtres, et les joueurs de pétanque !! »
Rabé (qui se met à pleurer)
« Monsieur tu me fais pleurer j’ai honte comment tu connais Betafo ? »
Camille
« Voilà ma vie Rabé : je suis né à Tananarive, mon nom est Camille. J’ai vécu à Moramanga et après on rentre en France mais longtemps après encore je veux revoir mon pays, je voyage je reviens à Madagascar et je visite Betafo »
Rabé
« Moramanga ? Ah,pas bon, pas beau ce que les vaza ils ont fait là pendant la guerre ! »
Camille
« Je sais mon père y était ».
Rabé
« Ton père il a fait massacre ?
Camille
« Non il est arrivé juste après, enfin, j’espère »
Rabé
C’est l’histoire ! Maintenant fini, Nous deux sont frères de la terre tu as de la chance tu es Français chez toi ici »
Camille
« Rabé je voudrais t’aider, j’ai entendu ton histoire, je vais essayer de t’aider malgré mes problèmes »
Rabé
« Je veux papiers c’est tout, après je travaille je gagne ma vie je fais venir ma femme et les zazakely»
Camille
« Tu as 4 enfants j’ai entendu »
Rabé en pleurant
« 4 mon ami, que des filles une pour toi très jolie si tu veux si tu m’aides »
Camille en riant
« Merci mais moi je ne suis pas un touriste sexuel, Rabé. Je suis un fils de la terre malgache ; je veux t’aider pour t’aider c’est tout ; quel est ton métier là-bas ?»
Rabé
« Garder et soigner zébus, cultiver riz, »
Camille
« Tu as entendu parler de la Camargue ?
Rabé
« Non »
Camille
« C’est à 100 km d’ici, on garde les toros les toros c’est comme les zébus mais très sauvage et beaucoup moins bon à manger !
Et on cultive le riz aussi, je te montrerai sur une carte, et tu n’as pas d’autre métier comme tous les Malgaches ?
Rabé
« Si, réparer voitures, conduire bien, et fanafout »
Camille
« Fanafout tu fais vraiment fanafout » ?
Rabé
« Oui moi grand devin et peut faire fanafout sur personnes »
Camille
« Tu guéris les maladies avec des plantes médicinales, donc ?
Rabé
« Oui guérir mais aussi punir comme tu préfères, et à Betafo les paysans venir voir moi pour combattre les Dahalo, moi punir Dahalo et eux viennent plus voler les zébus dans notre village maintenant » !
Camille
« Ecoute Rabé, ça m’intéresse, tu vois si je suis ici avec la juge c’est parce que j’ai des problèmes avec des français et des étrangers très très puissants qui veulent me mettre en prison pour des histoires de papier aussi. Tu peux m’aider ?
Rabé
« Oui pas de problème même loin comme Allemand je peux faire, je peux faire pour tous les autres mais jamais pour moi, c’est règle devin malgache »
Camille
« Pourquoi tu dis Allemand ? »
Rabé
« Comme ça je ne sais pas »
Camille
« Ok Rabé je veux faire très peur à des personnes très puissantes avec l’argent et la police et les papiers, qu’est-ce qu’il te faut ? »
Rabé
« Rien, tu restes à côté de moi, tu donnes du rhum pour tes ancêtres et je fais avec mes bâtons tout seul. J’ai gardé mes bâtons là regarde. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais pour moi ?
Camille
« Je t’aide pour tout pour tes papiers ? Et si tu veux je t’emmène en Camargue. On cherchera du travail pour toi et je t’invite à la maison et je te montrerai beaucoup de choses sur Madagascar. Tu seras étonné ; Tu seras comme dans ton pays chez moi, tu verras. Je te montrerai les photos de ma famille à Moramanga, et même de mon père pendant la rébellion. J’ai des photos.
Rabé
« Plus parler de rébellion, nous être amis maintenant tu es mon frère de la terre, mes ancêtres pardonner et toujours regretter les français alors moi aussi.
Demain d’accord : tu vas voir mes pouvoirs sont très forts tes ennemis vont souffrir. N’oublie pas le rhum pour les ancêtres, on doit appeler les ancêtres, les tiens et les miens »
Camille
« Je n’oublierai pas le rhum, mes ancêtres c’est très important pour moi tu verras à la maison. Mais pour le fanafout il y a deux français et deux autrichiens, tu as besoin des noms ?
Rabé
« Pas la peine, les esprits savent qui doit souffrir pas de problème, 4 j’ai compris facile pour moi, 5 si tu veux »
Camille
« Ok demain 10 heures ici devant le bâtiment dehors. Rabé dis-moi : où tu dors ? »
Rabé
« Dans la rue partout, jamais même endroit ».
Camille
« Voilà deux cents euros trouve un hôtel pas cher pour deux ou trois nuits, et mange bien. Demain soir je vais t’inviter à la maison aussi on va regarder toutes mes photographies de Madagascar et les photos de mes ancêtres, tu verras.
Rabé
« Merci beaucoup Monsieur Camille, c’est d’accord demain matin 10 heures, Veloma mon ami on va faire tsiziki comme à Betafo! »
Camille
« Veloma » !
Rideau
ACTE V SCENE 7
Camille est chez lui, prend son téléphone et fait un numéro :
« Oui bonjour puis-je parler à Madame Levina Bontemps svp oui la juge ? Merci Excusez-moi, Madame la juge, non très court, écoutez-moi bien s’il vous plaît, je vous en prie c’est important pour vous.
Je voulais juste vous dire que j’abandonne la rationalité, oui la rationalité, les avocats, les lois, les règlements, oui je m’assois dessus. Vous ne comprenez pas ? Ce n’est pas grave.
Ecoutez moi. Non je ne suis pas fou. Ecoutez moi, vous m’avez dit que demain il y avait une réunion sur mon cas entre la France et l’Autriche, oui, n’y participez pas je vous le demande parce que je vous aime bien finalement, vous n’êtes qu’un instrument du pouvoir.
Ah vous n’êtes pas invitée ? Vous voyez vous n’êtes qu’un petit rouage, non je ne vous méprise pas je vous plains, mais c’est tant mieux, je suis très content pour vous que vous ne participiez pas à cette réunion.
Je ne peux vous expliquer davantage, mais écoutez faites-moi confiance si jamais ils vous appellent pendant leur réunion soyez injoignable, laissez-les dans leur merde.
La juge
« Vous ne voulez pas que j’explique un peu que vous êtes un brave type un peu facho un peu borné mais pas méchant au fond et que cette affaire a assez duré et qu’ils pourraient exceptionnellement vous laisser tranquille ; vous savez il se peut que le ministre lui-même passe le nez à la porte il aime bien les affaires hautement psychologiques, et faire des bons mots qui font la une des journaux ensuite »
Camille
« Oui je sais il aime bien faire des bons mots faciles il ne peut s’en empêcher vous savez ce que disait La Bruyère de ce type de personnage ? Non eh bien un jour je vous le dirai, en attendant, surtout ne participez pas à cette réunion, c’est pour votre bien, je vous en prie, ils sont trop forts, trop habiles, trop malins trop distingués trop friqués, trop puissants pour vous écouter, et puis nous allons leur donner une leçon »
La juge
« Qui nous et quelle leçon allez-vous leur donner Monsieur Camille ? »
Camille
« Nous c’est moi et les esprits de mes ancêtres Madame le juge. La leçon c’est juste pour démontrer la force supérieure des esprits sur l’argent et le pouvoir une petite punition. Vous comprendrez. Vous me promettez, vous n’y participerez pas ?
La juge
« Ok ça fait cinq fois que vous me le dites Aurevoir Monsieur Camille et salutations à vos ancêtres, ou aux esprits de vos ancêtres, je ne vais pas dormir de la nuit, et merci pour l’aide que vous apportez à Monsieur Rakotomalala »
ACTE V SCENE 8
Camille le matin chez lui dans son salon, on voit qu’il est midi il lit un livre en écoutant la radio :
« Ce matin à 10 30 incroyable évènement à la fois à Paris à la chancellerie du ministère de la justice et à Vienne, au ministère de l’intérieur : tous les participants à une réunion par vidéo conférence qui devait régler le sort de Monsieur Camille le français qui risque la prison pour n’avoir pas payé son péage en Autriche puis sa contravention sont devenus subitement et tous à la fois aveugles. Cette information est confirmée par Paris et Vienne le cas est porté au plus haut niveau. Les médecins convoqués en urgence sont interloqués selon le président de l’Ordre des médecins. Nous apprenons à l’instant que le juge Autrichien Von Damned qui participait à la réunion a démissionné et Mega Macarel dans la foulée même si nous ne voyons pas le rapport. Ah, notre ministre de la Justice nous informe qu’une réunion de crise est en cours place Vendôme et que la juge Levina Bontemps souffrante ne faisait pas partie de cette réunion » !
Son téléphone sonne
Camille
« Bonjour Madame la juge.
Il écoute sans rien dire…puis
« Non ne me remerciez pas, je suis content que vous ayez suivi mon conseil, et restez au lit c’est le meilleur endroit de la terre en ce moment pour ceux qui veulent gérer mon petit cas, vous avez raison, bonne journée »
La radio reprend
« Nous vous confirmons : les quatre personnes qui participaient à cette réunion sont devenues ensemble totalement aveugles, ainsi que le ministre de la justice qui passait dans un couloir, c’est incroyable mais vrai, 5 personnes d’un coup à la même minute, mais que se passe-t-il dans ce dossier ? Comment est-ce possible ? Le premier ministre tient une réunion de crise avec son homologue autrichien
Ah voilà une information nouvelle : toutes les poursuites contre Monsieur Camille sont levées en considération de la situation extraordinaire médicale inexplicable qui devient la seule priorité des deux gouvernements Français et Autrichiennes, son cas devenant tout à fait secondaire est d’un commun accord classé définitivement »
Camille
Son téléphone sonne
« Oui Madame le Juge oui j’ai entendu ah ! A condition que je ne parle plus aux médias ? Même aveugles Ils posent encore des conditions ! C’est moi qui pose les conditions. Quelles conditions ? Eh bien je me suis fait un ami dans vos locaux, Monsieur Rakotomalala. Ah ? Vous me pensiez raciste parce que je suis à Reconquête ? Vous êtes une pauvre ignorante sans excuse, Madame la Juge, il faut arrêter d’écouter France Inter. Je ne suis pas raciste ni xénophobe ; les Français ne le sont pas mais ils n’aiment pas être envahis ce n’est pas la même chose.
Le programme de Zemmour ? eh bien lisez le avant d’en parler. Le programme historique de la droite ? De quel programme parlez-vous ? Vous voulez m’insulter ? Qu’est-ce que je suis encore en dehors du fait que je serais raciste ? Expliquez-moi… ah fasciste peut-être, antisémite certainement, et pro-Poutine non ? Allez écouter TF1 Vous me décevez Madame la Juge. Ah la France a besoin d’immigrés ? Sans blague avec 5 millions de chômeurs et 3 millions de foyers qui attendent un logement ? Non Madame la juge, vous avez besoin de serveurs de restaurant, et de bonnes à tout faire, bien dociles et mal payées pour garder vos marmots qui vont dans des écoles privées, tellement l’éducation nationale est à la ramasse et l’insécurité partout. Moi les candidats à l’immigration je les inciterais plutôt à faire la révolution chez eux, à virer leurs élites corrompues à qui nos ministres font des bises, et à qui nos élites entrepreneuriales offrent des billets d’avions et des nuits d’hôtel inoubliables.
Bon j’en ai marre. Alors vous allez faire quelque chose oui ou non pour Monsieur Rakotomalala ? Il lui faudrait ses papiers très rapidement c’est tout. Je suis culotté ? Ce n’est pas de votre ressort ? Non vraiment ? Vous êtes sûre que vous ne pouvez rien faire ? C’est dommage. Darsonville ? Ce traitre ? Il n’est pas digne de cirer les pompes des émigrés qu’il fait venir avec son ONG subventionnée avec mes impôts.
Moi c’est par amitié, je suis un peu malgache et Rabé m’est sympathique, et on s’aide entre malgaches c’est même très naturel. Un conseil,si vous voyez ce que je veux dire faites quelque chose pour Rabé oui pour Rabé et pour toute sa famille, merci ».
Silence puis de nouveau son téléphone sonne
« Ah Madame Bontemps je crois que vous êtes sur la bonne voie ».
Il fait un nouveau numéro sur son téléphone
« Allo Rabé, c’est Camille ! Tu n’oublies pas que demain soir tu viens dîner à la maison j’aurai peut-être de bonnes nouvelles pour toi. Oui tout s’est bien passé hier. Tu as de bons pouvoirs Rabé. Tu es un devin très puissant. ».
Il raccroche et à lui-même
« L’intelligence artificielle elle peut aller se rhabiller face à un devin malgache »
ACTE V SCENE 8 et dernière.
Nouveau et dernier décor
Un inconnu assis dans un décor de bureau rempli de livres, Au mur une grande carte de Madagascar.
Il écrit, on sonne il sort et revient entouré de deux gendarmes, l’un anonyme, l’autre c’est Pavupapri.
Le premier gendarme anonyme
« Je vous lis le document Monsieur : « A la requête du Procureur de la République, Monsieur (vous connaissez votre nom à coucher dehors) sera placé sous mandat de dépôt sans délai et conduit devant le juge auprès de la Cour spéciale antiterroriste de Paris pour s’entendre signifier sa mise en examen et avec effet immédiat son arrestation pour être l’auteur et avoir fait représenter une pièce intitulée « Laviesenva » au caractère haineux envers non seulement les immigrés mais encore envers les associations qui leur viennent en aide, incitant en outre les citoyens à mettre en doute la légalité des décisions de représentants de l’autorité publique en l’occurrence, juges français et étrangers et ministres de la République française, ce faisant créant un climat anti- républicain, anti-démocratique, induisant encore un climat généralisé de peur, de haine et de terreur, mettant en péril le bon fonctionnement des institutions, des rouages de l’Etat, des médias de la république »..
L’inconnu
« Des médias de la république ? Ah les médias appartiennent à la République ? C’est bien pour cela que j’ai écrit cette pièce, on n’est jamais meilleur media que media soi-même, enfin tant qu’on est vivant ».
Le premier gendarme anonyme
« Dépêchez-vous s’il vous plaît »
Pavupapri avec un clin d’œil qui a regardé la carte au mur.
« Oui dépêchez -vous c’est pas le pays du mora mora ici »
Le premier gendarme anonyme
« C’est quoi ça ? »
Pavupapri en souriant à l’inconnu
« Rien, ce serait trop long à t’expliquer, mais j’ai un petit conseil, sois gentil avec le Monsieur »
RIDEAU FIN
LAVIESENVA
Pièce en 5 actes
Personnages :
Firmin père d’André
Francine épouse de Firmin, mère d’André
André ( Le garçon, le fils, le sergent) fils de Firmin et de Francine
Mon lieutenant L’officier français, le gradé anonyme, plus tard Mon colonel
Juliette épouse d’André (voix magnétophone)
Camille fils d’André et de Juliette
Antonella épouse de Camille
J-P l’ami de Camille
Mary l’amie américaine de Camille new yorkaise (au téléphone)
Lévina Bontemps la juge française
Walter von Damned le juge autrichien (au téléphone)
Matéo Pavupapri le gendarme français
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
Nicolas Darsonville responsable juridique accueil migrants MSF
Méga Macarel présentateur du JT de 20h sur la 2
Auteur Anonyme
Dédicace : « Le théâtre, c’est la vie. Tout ce que nous observons dans notre quotidien, nous le racontons sur scène. C’est un véritable honneur pour moi de jouer et d’être observé par des centaines de personnes. Le théâtre m’a enseigné de nombreuses valeurs, notamment l’amour de la famille, de la patrie, des amis et de l’entourage », explique Tambiniaina Rojovola Ratsinjomanana, jeune acteur de théâtre et membre de « Sakaizan’ny Teatra Malagasy »
Décors :
Les différentes scènes se représentent devant un grand paravent adapté qui illustre le lieu, l’atmosphère. Un mobilier minimum éventuellement ; mais le paravent doit suffire pour représenter un ou des symboles forts de chaque scène. Des illustrations pour ces paravents sont proposées, en tête de chaque scène.
Le temps :
Les scènes suivent un certain ordre chronologique commençant après la première guerre mondiale et se finissant aujourd’hui. Les costumes, le décor et le physique des personnes reflètent le passage du temps et l’époque de la scène en cours.
Le style :
Pas une comédie, pas une tragédie, une tragi-bouffonnerie.
L’auteur :
Non professionnel, sa tranche de vie lui permet, de sa lorgnette, de mettre en scène une certaine marche des évènements, pour s’amuser lui-même à cet exercice, pour amuser des lecteurs spectateurs imaginaires et, qui sait, faire réfléchir.
ACTE I SCENE 1
Un couple en 2024 dans les 70 ans pour Camille, 60 ans pour Madame, assis dans un salon classique /moderne télé chaîne hifi, table basse deux canapés. Beaucoup de plantes vertes encadrent des fenêtres sans rideau baignées de la lumière du Sud. Madame porte un sweat qui représente une chouette ! Monsieur petit, rondouillard, bien conservé habillé style casual années 80. Ils lisent en écoutant de la musique classique. Une sonnette style carillon retentit.
Monsieur
« Tu attends un colis Antonella ? »
Madame
« Non »
Monsieur
« J’y vais »
Il sort de la pièce par une porte-fenêtre qui donne sur un jardin. Madame se replonge dans son livre. Il revient avec un courrier à la main.
Monsieur
« C’est un recommandé avec AR je me demande qui prend cette peine, pour nous emmerder certainement »
Il ouvre une enveloppe bien épaisse.
« Asfinag ? C’est quoi ce truc écrit en Allemand ? Attends, il y a une traduction. Ah ! C’est pour ma bagnole. Type de délit : Non-paiement du péage en Autriche…Contrôle automatique des vignettes sur le réseau routier autrichien soumis à péage. Montant des frais de péage fixé net 100 euros plus TVA= 120 euros ! Ils ne s’emmerdent pas. Il reprend la lecture : « Il a été constaté que les frais de péage dus en fonction du temps n’ont pas été prélevés correctement pour ce véhicule ». Correctement ? En plus c’est en fonction du temps ?!!
C’est une arnaque certainement. Attends je lis en diagonale tellement ça m’énerve.
Silence pendant qu’il lit
En plus ils ne mollissent pas : ils joignent les références de leur compte bancaire, et si tu ne payes pas dans le délai de 4 semaines : mise en place d’une procédure pénale par les autorités compétentes qui peuvent prescrire une amende de 300 euros et si tu ne payes pas l’amende peut passer entre 300 et 3000 euros !
Ils n’y vont pas de main morte les Autrichiens. Incroyable ! Même à 1000 km de distance, ils peuvent venir te planter direct des contraventions forfaitaires et des amendes, comme ça chez toi, direct, en France !
Attends je continue à lire : « si vous pensez que l’allégation de non-paiement des frais de péage n’est pas justifiée veuillez contacter Asfinag par e- mail et ce en anglais ou en allemand »
L’allégation ? Un peu que j’ai des questions ! Je n’ai jamais vu une mention de péage quelque part sur leurs autoroutes !!! Ça m’insupporte ce ton. Incroyable, et tout cela selon : « les articles 24 et 25 de la Directive (UE) 2019/520 »
Bon, voilà l’Europe qui débarque chez toi maintenant pour t’emmerder. Déjeunons. Je relirai tout ça après. Si ce n’est pas une arnaque c’est une belle illustration de notre Europe des nations, tu parles, du pognon oui, et du flicage en plus ».
Antonella
« C’est prêt, je t’ai fait du poisson et je me ferai un steak haché, et il y a des frites et des haricots verts, c’est la brasserie du bisou ici »
Monsieur
« Exactement et j’ai remarqué que tu mets de plus en plus de bisous »
Antonella
« Plains-toi mon Camille ! »
Camille
« Mais je ne me plains pas au contraire, allez à table c’est moi qui vais te servir »
Rideau
ACTE I SCENE 2
Deux paysans, un couple, dans un champ de pommes de terre ; l’homme en bleu de travail godillots et béret, la femme chapeau en paille tressée à larges bords, sabots et tablier sombre ; ils ont chacun un de ces paniers en bois assez bas et de forme rectangulaire qui servent à mettre les pommes de terre qu’ils ramassent en retournant la terre. Elles roulent dans le panier qui devient rapidement lourd, et ils le vident alors dans une brouette.
L’homme
« Francine, on s’arrête ? On en a déjà assez. La récolte est bonne cette année »
La femme
« On s’arrêtera quand on sera fatigués, ramassons tout et si nous on ne les mange pas les cochons les mangeront »
L’homme
« D’accord mais il fait soif »
La femme
« Tu as toujours un peu soif Firmin »
Ils se taisent et continuent leur travail. Un gamin de 14 ans arrive, en culotte courte, chaussettes hautes pull bleu marine sur une chemise blanche dont on voit le col, cheveux courts un béret sur la tête.
Le gamin Il crie de loin
« Maman, papa, le père Lados me prend comme apprenti ! »
Ils lèvent la tête, relâchent le long du corps la pioche à manche court qui leur permet de retourner la terre et attendent l’enfant qui se plante devant eux, en attente.
Le père
« Mon fils, allons fêter ça tout de suite »
La mère tout en embrassant son enfant
« Tu n’en rates pas une pour picoler »
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 3
Quatre ans ont passé : même champ, même habits, même travail. Les deux personnages adultes reviennent ; ils ont vieilli. Mêmes gestes.
Le garçon revient, un peu plus grand et un peu plus baraqué, sans son béret et en bleu de travail style garagiste, il dit sérieux
Le garçon
« Ça y est papa maman, j’ai mon CAP ouvrier forgeron serrurier et mécanicien »
Le père
« Ça s’arrose mon fils, ta mère et moi on est contents, bravo mon fiston tu l’as bien mérité, je le savais, je n’ai que des compliments du père Chargneaux »
La mère
« Oui ça se fête tu ne seras pas un domestique comme ton père »
Le père
« Y a pas de honte à être domestique, surtout quand on a sa terre à côté comme nous »
La mère
« Oui Le Firmin c’est sûr, allez on finit la rangée et on y va l’arroser ce CAP, c’est bien mon fils »
Firmin
« Oui mon garçon tu vas trouver un travail d’atelier facilement, tu ne seras pas comme nous, dans les champs du matin au soir, et du soir au matin, hein La Francine ? »
Francine
« Oui quand c’est pas toute la nuit pour sauver la récolte de la pluie ; allez petit attends nous, on arrive, la soupe est prête, lave toi les mains »
Le gamin repart, ils restent pensifs sans rien dire puis sortent.
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 4
Les mêmes paysans dans le champ, encore un peu vieillis, ils binent le sol doucement. Des mauvaises herbes à enlever. Ils rêvassent un peu. Leur fils arrive, habillé façon ville mais très modeste.
Firmin
« Tiens la Francine voilà l’André qui vient ; il a une allure un peu torve qui ne me plaît pas, l’aurait une question pas plaisante que ça ne m’étonnerait point »
Francine
« Tais-toi le Firmin, qu’elle lui répond, tendue : « ça va le gamin ? »
Le fils
« Faut que je vous dise » Silence Je me suis engagé pour être militaire »
Firmin, il éructe
« Putain merde si je m’attendais à ça ! Merde de merde. Mais mon fils, pourquoi ? N’ont pas besoin de forgerons -serruriers dans l’armée, tu vas faire quoi avec ton CAP » ?
La mère
« On ne va plus te voir mon fils, tu es fou ! »
Le fils
« M’ont dit que dans le génie je poursuivrai mes études tout le long de mon engagement, alors j’ai signé à Langon, je pars dans trois jours en train, à Bordeaux, j’ai mon billet »
Le père
« Eh ben ils t’ont bien eu les serpattes ! Putain tu verras merde l’armée ! Ah c’est beau dans les défilés mais putain quand tu dois enfoncer une baïonnette dans le ventre d’un schleu comme moi à Salonique ? Je t’ai raconté non ? C’était la peine de te casser le cul aux études pour tenir un flingue ? Ton CAP de serrurier il va te servir à peau de balle mais putain, des balles tu risques d’en voir dans pas longtemps avec le fou qu’ils ont recruté en Allemagne. Mon Dieu, viens, mon fils, on va se saouler et la Francine elle n’a plus qu’à pleurer dans la soupe et prier encore et encore pour que tu reviennes ; pourvu que ton frère ça ne le prenne pas non plus ! ».
Ils s’en vont, la mère complètement abattue lâche son outil.
Ils sortent de scène, le décor ne bouge pas.
ACTE I SCENE 5
Le garçon le fils, resté seul en scène, dans le champ il dit :
« Oui, c’est fini, la terre, l’esclavage, les bêtes, le ciel oui c’est fini la terre, les cochons, la ferme, fini de regarder le ciel tout le temps pour ceci ou cela, plus de parents sur le dos, pas domestique jamais, pas de patrons, pas de châtelains à tirer le chapeau bas.
Les châtaigniers, les pintades, les cages à lapin, les cochons, les poules, les jambons, le Sauternes, merde tout ça c’est fini. Il n’y a plus que l’armée maintenant. C’est ma nouvelle vie.
18 ans, c’est ma nouvelle vie à moi qui commence, pour moi.
C’est dur pour les parents mais il y a encore mon frangin ils ne seront pas seuls et moi je vais progresser et voir du pays. J’en ai marre de Langon et de Château Promis et de leur pinard.
Je risque ma peau s’il y a la guerre mais c’est ça l’armée c’est fait pour servir le moment venu ; s’il faut se battre, on verra si je suis plus con qu’un autre »
Rideau et fin de l’acte I
ACTE II SCENE 1
Nouveau décor
Le jeune maintenant âgé de 24 ans, de dos, assis face à un militaire style jeune officier de l’autre côté d’un bureau très ordonné, qui feuillette un livret. Un calendrier au mur 1944. Sur la manche de la veste d’André, des galons en triangle ; sergent donc.
Le gradé
« Vous n’avez pas chômé, sergent, déjà sergent je devrais dire ». Silence.
« Vous n’aimez pas l’inaction mon ami ». Silence
« Même pour vous évader vous n’avez pas traîné, 3 mois et s’en va ! » Il rit, puis Silence.
« Et moins de 4 jours après votre évasion du camp de Mirecourt en septembre 39 vous vous êtes pointé direct à la caserne du génie à Avignon pour demander une affectation. Pas de bol pour vous la guerre était pliée en métropole. Eh oui ! Donc on vous a envoyé remuer du papier à Bergerac puis à Nice et finalement ici à Montpellier, depuis mars 41 à l’intendance, où vous devez vous emmerder ferme.
Silence.
2 années à mariner au total. Pas étonnant que vous soyez volontaire pour l’AOF. Ok, un petit tour en Afrique Noire donc. » Et il rit. « Un petit tour de quatre années quand même ! Tant qu’à y être, autant en prendre pour son grade !»
Et il se marre.
« Donc mon petit gars vous allez embarquer à Marseille le 10 septembre et pour Dakar mon ami. Voici votre ordre de mission et tous vos papiers, 3 mois pour faire vos adieux à votre Juliette, et revenez me voir dans 4 ans ; rompez ! ».
Le Sergent (André, le fils ou le garçon)
« Merci mon lieutenant » Il salue et quitte le bureau.
Rideau
ACTE II SCENE 2
Nouveau décor, même pièce mais un peu monacal, style « Désert des Tartares » chambre de soldat, décorée très légèrement, sobre un vase style africain trône sur une table de bureau.
Monologue du Jeune, en uniforme, il a pris du galon.
Le Sergent
« 4 ans que je suis en AOF maintenant.
Dakar, Thiès, Tambacounda, terminé : je vais passer le prochain Noël en France.
4 années sans voir les parents ni mon frère, ni Juliette.
Le Sénégal c’est bien mais j’en ai marre c’est long 4 ans ».
Enfin je ne ramène que des bons souvenirs et une médaille, l’étoile noire du Bénin ça en jette ça !
Et une peau de Python !
Ce n’est pas tout le monde qui a mangé du python et vu le cul des singes, et bu le coup avec les villageois sous les baobabs.
Et mes défenses en Ivoire transformées en vases sculptés, magnifiques.
Bon je débarque à Bordeaux ça tombe bien, pas loin de la maison.
Me voilà adjudant à 26 ans c’est pas mal et croix de guerre en plus, avec citations au pluriel.
Je peux débarquer la tête haute. Mes parents et mon frère vont être fiers.
4 mois de perm pour commencer normal après quatre années sans avoir le droit de rentrer.
Juliette elle, elle ne va pas me reconnaître ! »
Rideau
ACTE II SCENE 3
Nouveau décor
Un magnétophone sur une table, rien d’autre à part une sculpture inquiétante drapée comme un fantôme. Une voix de femme s’élève.
« Bonjour…, je suis Juliette, je suis une âme, je suis morte, j’étais Juliette, Juliette la patiente on aurait dû m’appeler…
Pour commencer, 4 ans sans voir mon fiancé volontaire pour l’Afrique. Heureusement mes sœurs et mon frère m’ont soutenu.
Moi mes parents c’était la boucherie et la vigne, le vin rouge à Puéchabon dans l’Hérault à 30 km de Montpellier.
André mon mari l’engagé volontaire comme on disait à l’époque, ses parents c’était le cochon, les poules les patates et les dindons, et le Sauternes du chatelain du coin, de ce trou de merde de Preignac, dans leur ferme de Gironde, Miselles, que ça s’appelait, misère oui.
Je vais vous raconter un peu ce qui s’est passé. Mon mari vous l’avez compris, c’est le beau soldat engagé en faisant pleurer sa mère et râler son père qui avait fait 14-18 et qui savait ce que c’était la guerre.
André mon mari je l’ai rencontré jeune sergent en 1942 dans le petit train de Palavas ; c’était un jeune beau soldat, mince, il avait commencé la guerre en faisant péter des ponts sur lesquels il y avait des Allemands tant qu’à y être bien sûr. Ils l’ont chopé fait prisonnier de guerre mais lui, il s’évade au bout de trois mois ou quatre (mon fils Camille a encore sa carte Taride qui a servi à son père dans son évasion). 4 jours après son évasion du camp il revient se présenter à Avignon aux militaires qui vont le balader entre Avignon, Bergerac, Nice et Montpellier avant qu’il en ait marre et se porte volontaire pour l’Afrique noire. Ben voyons 4 ans pendant lesquels je l’attendrai, moi pauvre nouille amoureuse, apprentie couturière à Montpellier.
Pendant la guerre j’échappe aux Allemands, et j’y avais intérêt parce que mon père le Guiraud nous avait averti nous ses filles : la première qui couche avec un Allemand je la tue. On crevait de faim, on attendait la fin de la guerre et moi je l’attendais lui mon futur mari, militaire au Sénégal. N’épousez jamais un militaire, ils se baladent tout le temps c’est la règle deux ans ici puis deux ans là-bas.
A l’époque on allait en Afrique leur apporter la civilisation, leur faire des voies de chemin de fer et les enrôler dans nos armées. A l’époque, car aujourd’hui vous le verrez plus tard, on pille leur poisson et donc comme ils crèvent de faim ils viennent chez nous les pauvres en France se geler pour faire les boulots que nos braves français ne veulent plus faire. Qui s’en serait douté à l’époque ? La vie, ça va ça vient mais ça ne revient jamais comme avant.
André me revient donc un jour au bout de 4 ans d’Afrique noire, plein de médailles et il m’emmène faire connaissance de ses parents qui ne m’aimaient pas ; on se fiance quand même, et le voilà déjà barré, affecté à Paris à la direction centrale du Génie, et paf, le croyez- vous, au bout de 4 mois il se porte volontaire pour Madagascar.
N’épousez pas un militaire vous épousez du vent un vent qui s’appelle la France ou la république comme on voudra.
Et Monsieur le sous-officier prend le bateau à Marseille, et le Canal de Suez, et Port- Said, Aden, et enfin Tamatave, puis Moramanga, en septembre 1947. Moramanga, j’y reviendrai c’est le cas de le dire, mais ce n’était pas une page glorieuse de l’armée non pas glorieuse du tout.
1er Bataillon de marche du génie, je m’en souviens.
Eh oui ça chauffait là-bas aussi : l’insurrection de ces pauvres malgaches, ce n’est pas une belle page pour l’histoire de la France que la répression de cette rébellion, renseignez-vous : pas beau ; je n’ai jamais su si mon mari avait trempé dans ces horreurs mais comme il n’en a jamais parlé je crains le pire. Enfin je n’en sais rien.
C’était l’époque des colonies, et Madagascar… quel nom magnifique quelle île magnifique, le pays du mora mora, doucement doucement ça veut dire.
Pauvres malgaches révoltés ils en ont eu du courage et de l’inconscience surtout ; lisez, lisez, lisez les trains remplis de paysans en colère que l’on jette dans les ravins. Moramanga ! Mon Dieu, je ne savais pas que j’irais un jour dans cet endroit.
Et mon fiancé qui m’écrit : « tu viendras quand ça sera fini ». Mais en attendant, entre 1947 et 1949 pas une seule permission pour demander ma main à mon père. Alors il a fait ça par correspondance « envoyez moi votre fille je l’aime et veux l’épouser ».
Et moi je fais ma valise comme une vraie petite couturière que j’étais, toujours vierge me voici mariée en avril 1949, civilement et à l’Eglise à Tananarive à un militaire en poste à Madagascar ! L’insurrection s’était éteinte définitivement.
Je n’ai pas une seule photographie de notre mariage. Ils faisaient des routes et des ponts à cette époque, et des voies de chemin de fer. Ils avaient des noms les ponts, « pont Bailey » par exemple et ils bossaient dur mais la vie était belle on s’invitait les uns les autres je faisais des robes pour moi et pour ces dames et à Tananarive il ne manquait pas de belles dames à habiller.
Mon mari bossait dur le jour sur le terrain, le soir dans ses livres de maths donc et il gravissait les échelons de son grade de sous-officier. Adjudant puis adjudant-chef échelon 1, 2,3, puis 4.
Mon premier fils Camille, vous l’avez vu au début de cette pièce, dans son salon, est né à Tananarive une année après, en 1950. Il ne s’en est jamais remis, cette île est tellement douce, mais, j’anticipe. Tout allait bien à Madagascar mais il a fallu rentrer. Mais je vous laisse, mon héros de fils justement, le voilà qui arrive.
Rideau
ACTE II SCENE 4
Nouveau décor
Décor le salon du début
Camille revient il tient dans ses mains un tableau sous verre où sont accrochées sur du velours rouge bordeaux des médailles sous l’inscription « Honneur et Patrie ». Il semble perplexe, dubitatif.
« Mais qu’est-ce que je pourrais faire de ces médailles ? Quand je crèverai qu’est-ce qu’ils en feront ? Rien, tout le monde s’en fout, mais quand même c’est de l’histoire de France ça ! Putain quand je me regarde et que je vois ce tableau j’ai honte de moi ! Qu’est-ce que j’ai fait à côté de mon père ? Il faut que je trouve une solution, sinon, eh bien sinon, dans mon cercueil »
Entre en scène un autre sexagénaire moins rond plus déplumé, bien habillé un peu style chic des années 60.
Camille
« Salut Jean Paul je t’attendais ; regarde ! » (Et il lui montre le tableau).
JP
« Oui il a baroudé ton père »
Camille
« Eh oui tout ça pour voir un pays bouffé par la dette envahi par des étrangers et vendu aux américains.
Que de morts et de sacrifices derrière ces médailles…
Et l’autre qui fait ses cérémonies aux invalides en bombant son petit torse. Le petit énarque mondialiste. Je ne peux même plus le voir à la télé.
JP
« Arrête de te faire du mal tu viens à la plage ? »
Camille
« Oui mais qu’est-ce que je vais faire de ce tableau de médailles ? Tu parles honneur et patrie, qu’est-ce qu’il en a à foutre ce pervers »
JP
« Eh bien envoie-le à la grande chancellerie de la légion d’honneur pour qu’ils le mettent à la poubelle eux ».
Camille
« Non tu vois cette médaille ? Elle vaut toutes les légions d’honneur, c’est la médaille militaire, la plus haute distinction de l’armée ; il y a plein de généraux qui ne l’ont pas, celle-là tu dois la gagner en tant que militaire et pour faits d’armes. Donc la grande chancellerie de la légion d’honneur pas question. Ils fabriquent des médailles pour les femmes de président d’Amérique latine : Madame Lula ? Tenez pour mettre sur votre chapeau, la rosette d’entrée de gamme !
Tu sais j’ai remarqué il y a quelques années au défilé du 14 juillet une femme chef de bataillon. Je lui enverrai ce tableau de médailles pour qu’elle le mette dans son bureau. Une femme haut gradée ça veut dire qu’elle a plus de couilles que bien des généraux.
JP
« Ça certainement quand tu entends les généraux à la retraite qui viennent à la télé commenter la guerre en Ukraine tu te demandes tu as l’impression qu’ils se prostituent face à des jeunots qui savent tout qui font les questions et les réponses et qui s’en foutent en fait ce qui compte c’est l’audimat alors on fait du délayage à longueur de journée. J’en sais plus qu’eux ! Allez viens, tu as une bonne idée donne les à cette baroudeuse ; allons à la plage tant qu’il ne fait pas trop chaud »
Camille
« Sûr que ce n’est pas une bureaucrate de Bruxelles ».
JP
« C’est une bonne idée je te dis, sinon tu donnes une ou deux médailles à chaque membre de ta famille, mais quand on est mort on ne sait plus ce qui se passe après, donc il faut que tu trouves la bonne solution pour que tu reposes bien en paix ! ».
Tu vas faire faire des travaux chez toi non ? Eh bien tu coules les médailles dans le béton ; pour les jeter il faudra casser ta baraque !
Ils se marrent tous les deux.
Camille
« Très bonne idée je peux aussi les mettre dans le béton mais visibles derrière une vitre bien épaisse, je vais réfléchir »
Rideau
ACTE II SCENE 5
Nouveau décor
André debout dans un bureau face à un haut gradé on reconnaît le lieutenant du début et tous deux ont vieilli
André (maintenant gradé capitaine)
« Mon Colonel vous m’avez convoqué ».
Le Colonel
« Oui Capitaine, je tenais à vous dire adieu puisque demain vous nous quittez puisque vous avez fait valoir vos droits à la retraite. Vous vous emmerdez une nouvelle fois si je comprends bien ?
André
« Un peu mon Colonel, un peu beaucoup même, enfin oui »
Le Colonel
« Eh oui mon vieux c’est normal, quand on a vécu ce que vous avez vécu, mais on ne va pas faire des guerres juste pour distraire les vrais soldats, officiers, comme vous.
Dites-moi quand même vous en avez profité de toutes ces affectations où chaque fois vous vous êtes porté volontaire ?
J’en étais resté à Madagascar 1947 avec vous mais depuis (il regarde un dossier) Viet Nam, un peu de Laos au passage, le Tonkin quoi, puis la Tunisie et encore Madagascar décidément vous avez chopé le virus du fihavana dans ce pays, ou vous vous êtes fait fanafouter comme on dit là-bas ?
Et l’Algérie pour finir, le bled et le désert, et les barbelés après les rizières du Viet Nam et Madagascar. Quelle vie de soldat !
Vous avez chopé le palu, quand même je vois.
Avignon maintenant pour terminer vous vous emmerdez. Le Pont d’Avignon, on y danse, rien à voir avec les ponts qu’on fait sauter ou qu’on construit sur les rivières aux noms poétiques hein, et de préférence sous les balles, c’est encore mieux. Je vous plains mon vieux, enfin le vieux ici c’est moi.
Question décorations et citations vous avez fait le plein, normal, avec toutes ces guerres ou guérillas comme on veut, mais la médaille militaire il faut aller la chercher celle-là, bravo mon ami je suis fier de vous. Elle ne se brade pas celle-là elle ne se vend pas contre l’achat de Rafales ou de sous-marins, et réservée aux militaires Français enfin pour le moment.
Bon mon ami, je voudrais vous entendre dire quelques mots sur votre parcours maintenant que vous partez, votre meilleur souvenir de combat ? »
André
« Le Tonkin mon Colonel mes sapeurs mes tirailleurs sénégalais et marocains, les jours à faire la fête et les nuits à faire la guerre. Mais on ne m’a pas laissé sauter avec eux sur Dien Bien Phu, j’aurais aimé ; ils m’ont offert ce briquet que j’ai toujours sur moi, même si je ne fume pas »
Le Colonel
« Ah oui vous aviez demandé à sauter sur Dien Bien Phu, c’est écrit là, mais on vous l’a refusé et ça vous ne l’avez pas digéré, mais mon ami, vous aviez femme et enfant tant pis pour vous. Il faut choisir à un moment donné pouponner ou barouder, les deux à la fois c’est trop, l’armée a bien fait de vous protéger contre vous-même. Je plaisante, je vous connais.
Mais dites-moi, franchement quand vous étiez à Haïn Sefra dans le bled en Algérie à ramasser des lapins électrifiés par la clôture du camp pour qui avez-vous penché De Gaulle ou les généraux ?
André réfléchit puis :
« C’est trop récent pour en parler Mon Colonel je me suis tenu à carreau dans le bled, en attendant d’y voir clair et il n’y avait rien d’autre à faire mais les harkis Mon Colonel je l’ai en travers ; nos camarades de combat qui avaient choisi la France, on s’est comporté comme des salauds on les a abandonnés, ils se sont fait égorger par les fellaghas ; quant à ceux qui sont rentrés avec nous, j’ai honte, j’en ai marre de ces trahisons, honneur et patrie, c’est fini ».
Le Colonel qui l’interrompt
« Bon passons mon ami on ne va pas faire de cuisine politique quand on a vos états de service oubliez tout cela, définitivement, soignez votre palu come un bon souvenir et tournez la page, les pages de cette histoire et de toutes les trahisons de cette histoire par des politiques ou des militaires, on s’est compris n’est-ce pas s, on se connaît ; je vous dis adieu et bonne chance dans le civil »
André
« Merci mon colonel, il reprend le carnet que tient le Colonel et où sont récapitulés ses états de services, salue et s’en va. « Adieu mon colonel ».
Rideau
Fin de l’Acte II
ACTE III SCENE 1 JP ET CAMILLE ETUDIANTS
Une journée ensoleillée à la mer en Provence, septembre. Deux personnes 21 22 ans environ. On est en 1970.
Camille (jeune étudiant donc)
« On est bien ici, je crois que ce que je préfère c’est un travail où tu peux rêver, penser à tout sauf à ce que tu fais comme les vendanges par exemple ! »
JP
« Tu ne m’avais pas dit que tu allais essayer les classes préparatoires à St Cyr ?
Camille
« Si, j’y suis allé, pour voir, avec mon père, mais quand j’ai vu les deuxièmes années se mettre en rang par deux pour rentrer dans les classes j’ai craqué. Mon père n’était pas très chaud en fait, l’armée il n’y croit plus. Donc ce sera le droit, puisqu’en Lettres il y a tellement de monde qu’on n’arrive pas à s’inscrire »
JP
« Bon, quatre années faciles et puis ça mène à tout le droit… »
Camille
« Tu es exempté de service militaire toi avec tes pieds plats ! mais moi, il faudra que j’y passe après la fac donc 5 ans au total, avant de bosser »
JP
Ouais, le problème c’est le travail après la fac. On va se retrouver dans un goulet d’étranglement question boulot, tellement on est nombreux.
Ils n’ont jamais vu ça 800 en première année.
Bon on verra ; en attendant on va en profiter, avec toutes ces boums étudiantes il y en a une chaque semaine pratiquement !
Camille
« Ouais, avec ta petite Honda décapotable tu dragues qui tu veux, moi avec ma 4cv je rame !! »
JP
« Oui mais toi tu frimes un maximum au tennis, chacun sa technique ! »
Ils se marrent tous les deux.
Camille
« Et je vais encore progresser, vu le nombre d’heures de cours ! Je m’emmerde tellement que j’ai décidé d’apprendre le Russe pour meubler le temps, j’aime cette langue sans savoir pourquoi et en plus comme j’ai fait du grec, l’alphabet, les conjugaisons et les déclinaisons c’est facile. »
JP
« Le Russe ? Tu es malade, d’abord c’est difficile, ensuite ça ne sert à rien il n’y a qu’eux qui le parlent ! Moi c’est plutôt le Chinois que j’apprendrais à ta place, ils se réveillent il paraît. Tu as lu le petit livre rouge de Mao !? »
Camille
« C’est pour les gauchos qui vont en lettres ».
JP
« Pourvu qu’ils y restent et ne prennent pas le pouvoir un jour ces illuminés ! »
Camille
« En tout cas notre bac 68 il vaut que dalle tu verras quand on cherchera du boulot c’est la première chose qu’ils vont nous dire. »
JP
« On n’y est pas, je me casse j’ai un rencart avec Ghislaine. »
Camille
« Salut amuse-toi bien »
Rideau
ACTE III SCENE 2
Nouveau décor.
Camille seul s’entraîne seul à un entretien d’embauche ; le paravent montre un individu assez perplexe.
Camille
« Bonjour Monsieur »
Le Recruteur joué aussi par Camille, qui surjoue les rôles avec humour.
« Asseyez-vous et dites-moi pourquoi vous avez postulé ce poste en dehors du fait que vous cherchez du travail »
Camille
« Je cherche un travail de juriste dans un groupe industriel comme le vôtre qui fait beaucoup d’exportation »
Le Recruteur
« Ah oui, on se voit déjà dans les aéroports et les grands hôtels avec l’attaché-case à la main ! » Combien de langues étrangères parlez-vous en dehors de l’anglais bien entendu ? »
Camille
« Aucune, mais s’il le faut je peux me mettre à l’Espagnol ou au Russe même »
Le Recruteur
« Vous croyez qu’on apprend le Russe ou l’Espagnol comme ça en trois mois enfin en immersion peut-être. Vous avez eu de bons professeurs de droit, c’est certain, je le vois sur votre cv, mais naturellement vous n’avez aucune expérience encore..
Vous ne voulez pas faire un stage d’abord ? Je peux vous faire travailler sur droit des sociétés, mais je vous prendrai comme rédacteur des lettres de crédit vous voyez ce que c’est ? Vous avez déjà vu une garantie bancaire ? Ou une lettre de confort rédigée en anglais pendant vos études ? »
Camille
« Lettre de crédit oui mais garantie bancaire non. Lettre de confort je ne vois pas ce que c’est ; mais j’ai 23 ans maintenant et il faut que je gagne ma vie, à Paris, que je me loge etc. avec un salaire de stagiaire je n’y arriverai pas »
Le Recruteur
« A vous de voir, je vais être franc avec vous votre formation m’intéresse mais je ne peux pas payer quelqu’un à qui je devrai tout apprendre, vous voyez lettre de confort vous ne savez même pas ce que c’est !! »
Camille
« Oui mais j’apprends vite, et vous l’avez dit, j’ai une très bonne formation ; vous pouvez me prendre trois mois à l’essai, et me virer si je ne suis pas rentable »
Le Recruteur
« Elle est bonne celle-là 3 mois à l’essai mais c’est la règle mon ami de toute manière. Je vais réfléchir, en attendant je vais demander une graphologie de votre lettre de candidature vous avez une écriture qui monte drôlement sur la droite vous voulez vous envoler ou quoi ? Vous avez vu qui avant moi au service du personnel ?
Camille
« Madame Guerlain »
Le Recruteur
« Non pas madame Guerlain si c’était elle, elle ne serait pas au personnel mais au Ritz comme cliente ! Madame Merlain vous voulez dire. Ok je vais discuter avec elle quand nous aurons vu votre grapho et je dois voir 5 autres candidats avant de vous contacter éventuellement ; continuez à chercher un travail surtout, faites marcher votre réseau universitaire et apprenez une langue étrangère qui pourra vous servir style l’espagnol ou le portugais je ne vous demanderai pas le balinais c’est sûr, aurevoir et merci ».
Pour votre info j’ai reçu 80 candidatures dont une dizaine vraiment costaude, le choix va être difficile ; en plus vous venez de la province donc pas facile pour vous mais je vous dis aurevoir il faut que je regarde ces dossiers ».
Il montre la pile de dossiers devant lui.
Camille
« Je serais ravi de vous en prendre quelques-uns ! Merci Monsieur aurevoir, j’attends donc un contact prochainement ».
Il s’en va et revient jouer le recruteur
« 80 ? 120 oui mais comment vont-ils trouver du travail tous ces jeunes, 120 lettres de motivation et 120 cv à lire je n’en peux plus moi. Ah mai 68 une grande cuvée »
Rideau
ACTE III SCENE 3
Nouveau décor au bord de l’eau à la plage
JP et Camille, Camille tient un objet un peu Africain dans ses mains ls ont 27/ 28 ans maintenant
JP
« Je n’en reviens pas que tu aies largué ton boulot et ton petit studio dans l’Ile st Louis pour aller planter des tomates et des haricots verts au Cameroun !! »
Camille
« Non, pas que ça il y avait aussi la gestion d’un atelier de fabrication de sacs, l’étude d’une usine pour faire du lait concentré à partir de la poudre de lait européenne et aussi une usine pour fabriquer des plateaux pour les œufs à partir de vieux journaux ! »
JP
« Et finalement tu es revenu au bout de trois mois seulement qu’est ce qui s’est passé ? Il paraît que tu t’es fait remettre dans l’avion ? »
Camille
« Mes papiers n’étaient pas en règle Jean Michel n’arrivait pas à faire transformer mon visa touristique en visa de travail et j’ai dû revenir ! Mais sinon c’était super comme expérience quoiqu’un peu difficile sur le plan culturel »
JP
« Ouais tu m’en diras tant, on t’a remis ans l’avion tu as du pot tu avais ton billet retour sinon tu y serais encore et en taule »
Camille
« Oui mais qu’est-ce que tu veux, la France avait remis dans l’avion une centaine de Camerounais le mois d’avant alors ils se sont un peu amusés avec moi, le bon français qui essaye de filouter ; ils ont été très gentils en tout cas. Je ne regrette rien j’ai beaucoup appris en peu de temps.
JP
« Tu vas y retourner ? »
Camille
« Non je suis vacciné j’ai senti l’odeur de la prison et je m’en souviendrai toute ma vie de cette odeur ; moi ils m’ont fait dormir dans l’antichambre de la prison sur une espèce de mezzanine avec les riches prisonniers qui fumaient le cigare et donnaient les restes de leur repas aux gardiens ; leur femme leur apportait leur repas deux fois par jour ! Mais l’odeur tu ne peux pas imaginer 50 types au moins dans un couloir de 3 m de large sur 10 de long ; les plus costauds étaient devant contre les grilles.
Et puis si tu veux savoir ce qu’est une dictature tu peux aller là-bas : tu critiques l’état de la route et les mecs qui sont avec toi dans le taxi ils demandent à descendre tellement ils craignent qu’on les prenne pour des opposants ! Et là-bas les opposants qui ouvrent trop leur gueule ils disparaissent d’un coup comme ça.
En plus si tu es blanc tu es trop visible on croit que tu es riche. Je n’aime pas et je ne veux pas y retourner ».
JP
« Va t’inscrire au chômage pour commencer ! »
Camille
« C’est déjà fait, j’ai droit à rien ! »
JP
« Normal non ? Eh bien ça t’apprendra ! Tu es bon pour les petits boulots ; tu habites où à Paris ?
Camille
« Chez mes amis François et Mary sa femme américaine ils me logent c’est le cas de le dire dans une loge de concierge et je me douche chez eux…
JP
« Une vraie vie de bâton de chaise et moi pendant ce temps j’ai déjà deux filles »
Camille
« Je remonterai la pente avec un peu de chance mais je reste sur Paris c’est là où il y a du boulot »
JP
« Et tu as des nouvelles de Jean-Michel ? »
Camille
« Non, juste que mes papiers sont arrivés mais je ne retournerai pas là-bas je le lui ai dit. Les affaires c’est bien mais comme célibataire, le soir si tu ne vas pas te souler dans les boites et te faire une pute tu t’emmerdes ; il n’y a rien ; tu attends « le monde » comme le messie et il arrive avec deux ou trois jours de retard »
JP
« Bon eh bien tu vas voir pour le boulot, c’est un peu la crise sauf dans l’informatique, tu devrais chercher par-là. En attendant on t’invite à dîner ce soir »
Camille
« Merci je viendrai »
JP
« Tu as aussi les cabinets d’avocats qui recrutent si tu veux je te donnerai les coordonnées de mon patron à Paris »
Camille
« Non merci je n’aime pas ce métier »
JP
« Il ne faut pas faire le difficile, il y a un maximum de chômeurs diplômés qui cherchent du taf »
Camille
« Je sais mais là je cherche un boulot où je pourrai rester 10 ans j’en ai marre comme tu dis de la vie de bâton de chaise. Il faut que je me fasse un trou dans une boîte, pierre qui roule n’amasse pas mousse etc. Le seul ennui c’est le logement qui coûte de plus en plus cher et avec les taux d’intérêt à 14%, tu vois le travail »
JP
« Et tu oublies la pluie, il pleut sans arrêt là-haut, bon on en reparle ce soir viens vers 19 heures qu’on ait le temps de se prendre un apéro avant de dîner »
Camille
« D’accord j’emmène quelques fleurs à Cathy, et un peu de piment de là-bas tu n’as jamais goûté un truc comme ça allez à plus »
Rideau
ACTE III SCENE 4
Chez eux Camille et Antonella
Camille qui tient une lettre dans sa main
« Encore ! Ah mais c’est qu’ils insistent les Autrichiens d’Asfinag, ils m’informent qu’étant donné qu’ils n’ont pas reçu mon paiement de 120 euros ils doivent « transmettre le dossier aux autorités compétentes de Salzbourg afin qu’une procédure administrative pénale puisse être engagée. La facture d’origine est maintenant considérée comme étant sans objet qu’ils disent. Ah bon ? »
Antonella
« Tu aurais dû payer, maintenant tu vas devoir suivre cette affaire et ça va t’énerver »
Camille
« C’est pour le principe je n’accepte pas leur ton on se croirait pendant l’occupation, c’est psychologique en fait ou héréditaire je ne sais pas dès que je vois un texte en Allemand je ne supporte pas »
Antonella
« Ils appliquent une directive européenne Camille, attention ! »
Camille
« Tu as raison mais je ne supporte pas il y a quelque chose d’ agressif dans leur baratin, quelque chose de menaçant pour te faire peur, putain mon père ne s’est pas battu pendant la deuxième guerre mondiale contre les allemands pour que 70 ans après des allemands ou des autrichiens viennent me menacer comme ça chez moi en langue allemande même avec traduction en français ; ça me hérisse et en plus c’est une Allemande qui est à la tête de l’Europe, tu te rends compte du renversement de situation qu’ils ont réalisé ;et ils sont cul et chemise avec les Américains, pire que les Anglais, et je ne blaire ni les uns ni les autres»
Antonella
« Ne t’énerve pas, ça ne sert à rien, réponds plutôt à ton téléphone qui sonne »
ACTE III SCENE 5 MARY
Son portable sonne ; il est sur haut -parleur.
Camille
« Oui allo !! »
Mary (en Français mais avec un fort accent américain)
« Hello Camille c’est Mary, bonjour comment vas-tu ? »
Camille
« Je vais bien merci pour ta carte de Noël il n’y a plus que toi qui envoie des cartes en papier par la poste ; c’est vraiment agréable de la recevoir, j’ai honte je ne t’ai pas encore envoyé mes vœux ; tu vas bien ? Quand reviens-tu nous voir ? »
Mary (en Français, en riant mais avec un fort accent américain toujours)
Je vais bien mais j’appelle aussi pour avoir des nouvelles de François, je n’ose pas l’appeler ; est-ce qu’il va bien ? «
Camille
« Ecoute oui je crois que son nouveau traitement est bon et qu’il tient le coup en tout cas il marche toujours autant après chaque repas et il lit toujours autant aussi ; toujours un bouquin sur lui ; tu devrais l’appeler ou lui écrire par mail il serait content »
Mary
« Je n’ose pas il ne dit jamais réellement ce qu’il pense et surtout pas la vérité sur sa santé ou son moral »
Camille
« Je sais il faut rester au niveau de l’humour et des allusions avec lui jamais trop direct sinon il se ferme comme une huitre, je ne parle jamais politique par exemple avec lui ; et toi tu t’occupes comment, maintenant que tu ne travailles plus ? »
Mary
« Je lis beaucoup je m’occupe de mon frère et de mes amis voilà je reste seule maintenant plus de projet avec les hommes et surtout pas les français ! »
Camille
« Comment ça ? Une femme comme toi ? Je comprends que tu en aies marre des français mais on ne sait jamais, essaye un peu »
Mary
« J’ai vieilli ! Je t’appelle aussi parce que je suis inquiète pour le risque de guerre en Europe. Qu’est-ce que tu penses toi de cette histoire entre Russes et Ukrainiens ? »
Camille
« Tu ne vas pas être déçue : que vous en Amérique avec l’aide des Anglais qui sont toujours à votre botte, vous avez tout fait pour que cette guerre ait lieu pour ruiner l’Europe et la Russie en même temps, et ensuite venir nous faire payer pour nous aider à reconstruire ! Voilà ce que pensent les Français qui ne se laissent pas influencer par tous les bien-pensants. »
Mary
“ Les bienpensants c’est qui ? »,
Camille
« Toute la gauche, les écologistes, le centre et la moitié de la droite, Mary vous vendez vos armes, vous créez je ne sais combien de centaines de milliers d’’emplois et nous on paye tout plus cher pour vivre et surtout des centaines de milliers d’hommes d’enfants et de femmes sont déjà morts, des Russes et des Ukrainiens pour vous faire plaisir. Ce n’est pas abstrait la guerre »
Mary
“Camille il faut défendre la liberté des Ukrainiens d’être dans l’Otan et l’UE »
Camille
« Sans blague ? Et à Poutine ça lui plait les ogives nucléaires à 300 km de Moscou, vous avez fait pareil que lui avec Cuba tu ne t’en souviens pas ? L’Ukraine un des pays les plus corrompus du monde jamais je ne me battrai pour eux. Les Russes il ne faut pas venir les emmerder à leur frontière ; ils ne demandent pas plus ; De gaulle n’aurait jamais laissé cette guerre s’installer. »
Mary
“ Les Ukrainiens vous défendront contre les Russes »
Camille
“ C’est ça, et depuis quand les Russes nous menacent ? Les Ukrainiens font la guerre pour vous et à cause de vous. Sache qu’il y a beaucoup de Français qui sont contre l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan et dans l’UE. Vous voulez ruiner la Russie et l’Europe. Des centaines de milliers de morts européens pour que vous vendiez armes et pétrole.
Comment peux-tu croire à tout ce discours ambiant tu trouves ça normal cette belle unanimité ? On nous bourre le mou comme on dit ici en France, les médias officiels et les médias de gauche woke et consorts tu acceptes ça ? »
Mary
« Si tu viens à New York, on parlera calmement avec un bon vin de Californie ! »
Camille
« Non, je reste chez moi au pays des vins du Rhône ! Je t’embrasse »
Mary
« Je t’embrasse aussi take care et venez nous voir quand vous voulez »
ACTE III SCENE 6
Toujours chez eux Camille et Antonella, une sonnette extérieure retentit
Camille
« Ne bouge pas j’y vais »
Il revient avec un courrier
« Tiens de nouveau les Autrichiens ! Ils ne me lâchent pas voyons ça.
Ah c’est le land de Salzbourg qui m’écrit ce n’est plus le services Asfinag des amendes, sympa les héritiers de Mozart on y retournera !
Ils demandent le paiement de 300 euros maintenant.
Ah ça c’est nouveau : si on ne paye pas dans les délais il n’y aura pas de procédure administrative, il n’y aura pas d’enquête approfondie, il n’y aura pas de communication à d’autres autorités (au pluriel).
Merde c’est contradictoire ensuite ils disent « jusqu’à l’ouverture d’une procédure administrative seules les informations mentionnées dans la section B peuvent être délivrées, voyons la section B
Ah oui c’est la description du délit : les frais de péage en fonction du temps n’ont pas été prélevés correctement.
Non seulement ils ne t’informent pas qu’il y a des péages et qu’il faut payer quand tu es sur leurs routes mais en plus c’est en fonction du temps ! Quel temps le temps que tu passes sur l’autoroute ou en Autriche ?
Bon je continue : si vous ne payez pas l’amende en tant que propriétaire vous devez déclarer le nom du conducteur du véhicule ou de nommer la personne en mesure de déclarer le conducteur du véhicule !
Mais c’est vraiment comme un interrogatoire : il faut accuser un conducteur bientôt ! En plus je n’y comprends rien, écoute ça : aucun recours légal n’est autorisé vis-à-vis de la demande de déclaration du conducteur du véhicule (ou de la personne redevable de l’information) eh ben !!
Et en plus donc, si tu ne payes pas l’amende il y a un formulaire de déclaration ou de dénonciation pour ça en plus non mais quel est ce pays ?!!! Tu dois remplir avec le nom prénom du conducteur date de naissance et adresse !!!! et idem pour le nom de celui que tu dénonces comme sachant qui conduisait c’est la gestapo de retour ici !
Ah l’absence de déclaration ou une fausse déclaration fera l’objet d’une amende pouvant aller jusqu’à 10000 euros !!! Mais ils font ce qu’ils veulent pourquoi pas 100000 euros ou la prison ? Comme ça sans aucun contrôle possible de qui que ce soit !!
Et si tu veux leur répondre : en langue allemande obligatoire !! Quelle Europe ? Je croyais que le Français était une langue officielle …
J’en ai marre de cette Europe c’est de la surveillance du harcèlement carrément avec des punitions dans tous les coins. Tu as raison, le covid c’était un galop d’entraînement pour ces salauds qui veulent nous tenir en laisse et nous transformer en esclaves de leur bureaucratie et de leurs règlements, j’en ai marre de la dictature bureaucratique ».
Antonella
« Ecoute tu as raison mais tu ferais mieux de payer, tu vas t’attirer des ennuis »
Camille
« Mais tu te rends compte comment nous sommes harcelés alors qu’ils n’arrivent même pas à renvoyer un OQTF chez eux ni à mettre en tôle les dealers qui poussent comme des champignons dans cette ville.
Sans compter les terroristes qui pullulent tranquille grâce à l’ouverture de nos frontières ; si les dealers peuvent se procurer des kalashnikovs tu penses bien que des terroristes peuvent en trouver aussi.
On subit la totale dans ce pays : Insécurité, crise du logement, crise de l’hôpital, crise de l’école, crise de l’énergie, endettement colossal, impôts, charges, justice de merde et bientôt on aura plus le droit de dire ce qu’on veut ».
Antonella
« Bon, On le sait tout ça, si tu as décidé de t’énerver je vais à côté lire un bouquin »
Camille
« Bon j’arrête ; quand je dis que j’aurais aimé vivre à l’époque des cavernes c’est presque sérieux. Je vais voir JP ».
Rideau
Fin de l’acte III
ACTE IV SCENE 1
Décor style carte postale d’une plage avec mer
JP et Camille aujourd’hui sur une terrasse avec parasol et chaises de jardin ils boivent un pastis
Camille
« Qu’est-ce qu’on est bien comme ça au soleil abrité du vent. Ah tiens Il faut que je te dise j’ai signé chez Reconquête »
JP
« Ça ne m’étonne pas. Je reconnais qu’il ne dit pas que des conneries Zemmour et que depuis des années comme peu d’autres politiques il dit tout haut ce qu’il ne faut pas nommer, il avertit que ça va péter avec cette bombe à retardement de l’immigration économique ou politique, mais quand même c’est un peu focalisé, ça ne suffit pas à faire un programme pour toutes les questions »
Camille
« Tout est lié JP ; bien entendu l’immigration massive et de populations qui ne sont pas culturellement assimilables n’est pas la seule cause, mais une des causes de notre situation déplorable.
On a bousillé nous-même le système scolaire par souci d’égalité, on a fait un numerus clausus stupide pour les médecins on trouve toute excuse possible aux délinquants on tolère, on tolère, on encourage par cette tolérance et impunité toutes les dérives des incivilités, on ne gère pas la question de la drogue, on paye des centaines de milliers de personnes à ne rien faire, on a supprimé le service militaire, on fait de la discrimination positive qui tue le goût de l’effort, on laisse s’installer la fraude sociale et fiscale, on a des fonctionnaires par millions avec nos strates administratives on s’occupe des loisirs des gens, on s’est mis des boulets juridiques, des normes nouvelles sans arrêt, dans tous les domaines etc. »
JP
« L’immigration est une des causes mais pas la seule loin de là ; on ne peut pas baser un programme sur un seul sujet un rejet qui plus est, et surtout celui-là qui fait mal à la conscience de toutes les bonnes âmes généreuses avec le pognon des autres ou le pognon qu’on doit emprunter !
Tu oublies les conneries comme l’abandon du nucléaire, la transformation de producteurs en quémandeurs de subventions, l’assistanat à tout va, la mort de la valeur travail, les 35 heures payées 40, la gratuité de trop de choses, les nouveaux droits sans arrêt …Les trois quarts de tous ces migrants se demandent quel est ce pays où tout est cadeau si tu sais y faire alors pourquoi s’emmerder ?»
Camille
« Il faut arrêter ce flux de folie. Et par ailleurs je suis contre l’immigration choisie aussi parce qu’elle prive ces pays de leurs meilleurs éléments qui pourraient faire les révolutions chez eux. Regarde l’Algérie comment les militaires ont mis au pas tous ceux qui voulaient un peu plus de transparence, de démocratie et de partage de la manne pétrolière : en taule les manifestants. Et en nous envoyant leurs jeunes ils évacuent les chômeurs, les contestataires potentiels et ils reçoivent le pognon de ceux qui travaillent et cerise sur le gâteau ils nous coulent notre mode de vie par la démographie et la religion islamique. Ils ont tout gagnant les dirigeants Algériens.
JP
« On comprend qu’ils ne veuillent pas changer les traités, en effet, et en plus de tout ça, ils nous culpabilisent avec l’aide de nos bobos intérieurs, et nous crachent dessus jusque dans leur hymne national »
Camille
« L’immigration soi-disant subie par altruisme au nom des droits de l’homme, est en fait voulue : le patronat a besoin de bras ? Donc on ne contrôle plus les frontières, on subventionne les associations pro-migrants, on voit les décisions folles du Conseil d’Etat qui oblige à rentrer dans une procédure kafkaïenne pour renvoyer des migrants illégaux alors qu’avant on pouvait les ramener d’où ils venaient par exemple de l’Italie par une simple reconduite à la frontière.
Et ce n’est pas que de la recherche de main d’œuvre docile sous couvert de l’altruisme : il y a aussi une vraie volonté de tuer la culture française qui n’existe pas selon Macron, et de contrôler les Français par l’économie en noyant les Français sous les problèmes individuels et collectifs.
L’immigration est un des moyens de coercition ; ils veulent des consommateurs écrasés sous la nécessité, la contrainte des problèmes quotidiens, la peur et l’envie.
Ils ne veulent pas que le français moyen ait le temps de réfléchir, de se demander pourquoi on finance la guerre en Ukraine, pourquoi nos agriculteurs se suicident, pourquoi les jeunes brillants se tirent de France ; Alors ils laissent les problèmes économiques et sociaux se multiplier. C’est une stratégie c’est une volonté de nous écraser sous les problèmes et les loisirs, de nous tenir en laisse. C’est une sorte de covid social, par la peur, l’insécurité, la nécessité de bouffer écologique et les incitations de toutes sortes à la consommation stupide alors que tous les prix augmentent, qu’il faut se loger alors qu’il manque déjà trois ou quatre millions de logements ?
Et ces cons de gauche n’y voient que du feu ; ils ne pensent qu’à taxer les entreprises et les entrepreneurs tout en souscrivant à des assurances vie » !
JP
« Tu parles comme Zemmour »
Camille
« Un peu, oui, mais ils veulent nous abêtir collectivement nous contrôler individuellement et cerise sur le gâteau, tuer la civilisation française. Ce qui compte c’est consommer et fermer sa gueule, c’est l’objectif de ces élites je me répète : tous les problèmes du quotidien à régler, l’immigration et ses conséquences, la consommation sont des outils. Ils veulent nous noyer, nous tenir la tête juste au-dessus de l’eau, par l’appauvrissement collectif immigration ou pas immigration.
JP
« Non je ne vois pas comme toi un plan prémédité ; ils font connerie sur connerie d’accord mais c’est parce qu’ils sont tous d’accord car ils sont consanguins : tous énarques ils pensent tous la même chose au même moment, et si tu critiques tu es d’extrême droite, un facho »
Camille
« Tu as entendu parler de Davos, de Soros, des droits de l’homme, du gouvernement planétaire, de la libre circulation des biens et des personnes, de l’inclusivité ?»
JP
« Il n’y a pas de grand complot, il n’y a que la loi du marché, la connerie des politiques et l’égoïsme individuel. Tu mélanges tout, moi ce qui m’intéresse est l’économie, la bonne gestion, les impôts au bon endroit, l’arrêt des fraudes sociales et fiscales, le retour du nucléaire propre, la fin des gaspillages, la fin des emplois fictifs dans le public, la fin de l’assistanat incontrôlé, de bons salaires pour les emplois surtout lorsqu’ils sont difficiles et manuels, et moins de charges et plus de prisons pour la sécurité, et des lois appliquées pour une vraie sécurité et non une sécurité de papier, »
Camille
« Sûr qu’on doit mieux payer les emplois difficiles et arrêter de diplômer et d’entretenir par milliers des intellos qui ne veulent pas se salir les mains et qui ne veulent faire que le boulot qu’ils aiment, souvent en tentant de transformer leur passion par exemple la littérature, le théâtre, l’art en métier mais ils ne peuvent en vivre pour x raisons donc solution ? L’assistanat, la subvention. Et où est l’égalité avec la caissière de supermarché qui ne fait pas ce métier par plaisir ni vocation mais qui bosse et paye des cotisations et des impôts.
Ecoute JP, je ne suis pas raciste je n’ai jamais regardé comme différent de moi quelqu’un d’une couleur de peau différente. Je ne respecte que le courage quand ta situation te le permet. J’ai plus d’admiration pour le migrant qui quitte sa famille qui fait 5000 km souvent très risqués que pour tous ces intellos qui vivent à nos crochets pour assouvir leur petite passion personnelle et qui donnent des leçons d’altruisme et de démocratie en vivotant en fait grâce aux charges qui pèsent sur les travailleurs et les entreprises. C’est un vrai libéralisme qu’il leur faut à ceux-là et qu’ils aillent chercher leur pognon ; arrêtons de subventionner les hobbies des bobos.
JP
« Les hobbies des bobos ça sonne bien je trouve. Mais l’immigrant c’est bien celui-là que tu veux renvoyer à la mer chez Reconquête non ?
Camille
« Ne caricature pas je ne veux renvoyer personne à la mer, je veux qu’ils restent chez eux et y vivent dignement. Mais parmi ceux qui viennent ici peu viennent par goût pour la France, ils s’en foutent, la France c’est un portefeuille ! Si tu reçois sans rien faire 400 euros par mois et que dans ton pays le smic est à 120 euros par mois tu es un héros si tu envoies 100 euros par mois à ta famille là-bas. C’est l’objectif de beaucoup qui choisissent la France. Mais beaucoup aussi jouent le jeu, et forcent l’admiration parce qu’ils ont courage, envie de réussir, et que leurs enfants aient un futur de bon niveau ; le malien qui faisait les carreaux des vitrines dans mon quartier il a démarré à pied avec son seau et sa raclette et maintenant il a une camionnette et deux employés ! Il a plus de courage que les bobos qui pointent depuis la Thaïlande et ne veulent pas se lever avant 10 h du matin ; lui il démarre à 5 heures. Ils sont des dizaines de milliers comme ça, qui sont admirables mais malheureusement des dizaines de milliers d’autres n’ont qu’un mot à la bouche « à quoi j’ai droit, quand est-ce que j’aurai un logement ? Tu sais ce que j’ai envie de leur répondre ? Quand est-ce que tu fais la révolution chez toi ? Et aussi : On n’a plus les moyens tout simplement !
Regarde Antonella au bout d’une année son dossier retraite n’est toujours pas bouclé ; elle va gagner moins qu’un mec qui arrive nulle part, qui n’a jamais travaillé ni cotisé en France à qui on offre la santé gratuite, des allocs et l’hébergement ! Je me payais mon hôtel quand j’étais à Paris à chercher du boulot ! Et le logement ? 3 ou 4 millions de personnes qui attendent un HLM, et l’hôpital ? Tu attends un mois pour un IRM. L’éducation ? Le niveau de merde. La sécurité ? Toujours plus de flics toujours plus de violence. La justice ? Il faut trois ans pour un jugement. Les routes ? Ne sont plus entretenues.
Mais on s’occupe de nos loisirs on subventionne à tout va les concerts et les expos les festivals et les associations tout cela dans un Etat déficitaire. Certains s’en sortent très bien grâce à leurs diplômes recherchés, ou grâce à leurs parents ou leurs talents mais la classe moyenne son niveau de vie a bien baissé malgré le fait que dans un couple les deux travaillent etc. etc. »
JP
« Les migrants devraient rester dans leur pays et faire sauter les régimes corrompus qui les gouvernent.
Les ONG qui mettent du baume sur les plaies : elles retardent les révolutions qui s’imposent. Mais c’est un autre débat.
Camille
Non tu as raison, tu sais que j’ai longuement étudié la situation politique de Madagascar où je suis né eh bien tu donnes ce pays à la Suisse et en 20 ans ils t’en font un paradis et pas un paradis fiscal un paradis. Ils ont tout là-bas du sous-sol aux paysages pour être heureux, des ressources naturelles incroyables mais tout est exploité au profit de cinquante mille familles locales et entreprises étrangères qui tiennent tout là-bas, du sol au plafond ! Le pays est maintenu dans la pauvreté absolue, et tout ça avec la bénédiction des Eglises de l’ONU de l’Europe et de tous les pays pilleurs comme la Chine et d’autres, qui osent dire que c’est un pays démocratique parce qu’il y a des élections bidon.
JP
« Ecoute Camille là-bas c’est là-bas mais ici quelles sont les causes de notre malheur ? Je constate que tu as drôlement viré ta cuti pour un mec qui a voté Mitterrand en 2081 ; c’est la valeur travail qui a disparu avec les 35 heures et le reste, et tout découle de ça : le travail c’est devenu une peine de prison pour beaucoup ; la société des loisirs on la paye par l’abaissement général du niveau de vie : si tu ne veux pas bosser il faut que quelqu’un d’autre t’entretienne, par l’impôt ou par l’emprunt. »
Camille
« Tu ne vois que le problème économique, Zemmour a d’abord vu le problème civilisationnel d’une immigration incontrôlée, islamique et s’est rendu compte ensuite de l’état de délabrement de notre pays. On paye le chômeur professionnel, l’assisté professionnel, le fonctionnaire qui gère les flux, et les problèmes et l’immigré qui fait le travail. Celui qui soulève le tapis n’est jamais bien vu ! Il a le mauvais rôle, c’est tellement plus gratifiant d’être généreux avec le pognon des autres ou les emprunts qu’il faut souscrire ».
JP
« Bon on ne va pas résoudre ça tous les deux maintenant, là ici sur la plage ? Il y a une concentration Porsche à la Grande Motte aujourd’hui tu vas voir ces bagnoles ça va te réconcilier avec l’Allemagne aussi ! »
Et il se marre.
Rideau
ACTE 4 SCENE 2
Dans une pièce style salle d’attente, visiblement au Palais de Justice une salle adjacente sont réunis assis ou vautrés dans des fauteuils 4 personnes.
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
Entre une 5eme personne (très enjouée)
Nicolas Darsonville les mains jointes et faisant des courbettes
« Bonjour !! bonjour les amis, Bonjour à toutes et à tous, je vais parler en français car je sais que vous êtes tous des réfugiés qui parlent déjà cette langue c’est un super bon point pour vous et pour la France, super.
Bon, je me présente : je suis Nicolas l’avocat qui a été désigné par MSF, MSF vous connaissez naturellement, pour vous porter assistance dans la constitution de votre dossier de demande d’asile.
Bienvenue en France d’abord, et ici dans les locaux que nous prête le Palais de Justice. Soyez rassurés, beaucoup de français sont racistes et fascistes, mais ici dans ce palais de justice, c’est le droit qui dirige, les droits de l’homme d’abord.
Je vais suivre votre dossier. C’est MSF qui me paye donc ne vous inquiétez pas c’est gratuit pour vous.
Non on ne fume pas ici (l’un des participants était en train d’allumer une cigarette)
Le mieux aurait été de vous recevoir un par un mais pour gagner du temps et parce que vous n’êtes pas nombreux enfin ce matin en tout cas on va pouvoir discuter des bases du dossier qui sont je crois, les mêmes pour tout le monde.
Vous êtes tous des réfugiés politiques, hein ? Vous êtes arrivés clandestinement et il est urgent de monter un bon dossier en ce sens. Ensuite je vous contacterai individuellement pour finaliser avec chacun de vous votre dossier personnel.
Est-ce que vous avez des questions ? »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Je suis Oksana et comme réfugiée politique Ukrainienne. C’est facile non le dossier ? Combien je vais attendre pour les papiers ? J’ai besoin pour aller Paris, tranquille. »
Nicolas Darsonville
« Ok Oksana pas de problème une semaine ou deux maximums pas plus pour boucler ton dossier je te promets »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Nicolas je suis Rabé moi Malgache je veux aller aussi à Paris connaître mes cousins mais je n’ai plus l’argent »
Nicolas Darsonville
« Pour rencontrer vos cousins vous voulez dire ; vous êtes Malgache donc c’est plus difficile pour vous pour les papiers quel est votre motif ? »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Je viens pour travailler pour ma famille »
Philippe Darsonville
« Ah non surtout pas, il ne faut pas dire ça, ça ne va pas, il faut une raison politique ou autre spéciale, pas pour le travail, le travail c’est après quand vous aurez le droit de rester en France. Je t’aiderai, Rabé, mais il faut être patient. Comme Madagascar n’a pas de problème politique il faut une raison personnelle très forte, je vous aiderai à trouver la bonne raison, mais Bon Dieu comment tu as fait pour être déjà ici ? Depuis Madagascar ça fait une trotte tu me raconteras ton parcours car ils ne sont pas nombreux les Malgaches ici, quel courage et quel voyage, bravo mon ami ! »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Oui beaucoup de chance et bonne raison : pas problème politique, mais rien à manger, le kéré, la faim mourir de faim et maladies choléra, quatre enfants, demande ONG malgache ils savent eux, eux venir tout le temps dans le sud pour apporter riz »
Nicolas Darsonville
« Ok on verra mais la faim ce n’est pas politique c’est économique, asile politique impossible, mourir de faim pas politique, économique, on va voir ce qu’on peut faire quand même ensemble »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Merci Monsieur, moi pressé car famille attend argent du travail de moi, et moi tout dépensé pour venir »
Nicolas Darsonville
« Ok j’ai compris mais je t’avertis ce sera très difficile, mais on va trouver. Ali c’est toi ? » (Il s’adresse à Zinedine)
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Non Ali c’est moi ! Je suis sénégalais et moi aussi je veux travailler vite, moi pêcheur et je veux aller Bretagne »
Nicolas Darsonville
« Oui Ali c’est logique mais c’est comme pour Rabé : au Sénégal pas de guerre, pas de famine, pas de problème politique, des élections libres ont eu lieu très récemment, alors comment on va faire pour l’asile tu as une idée ? »
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Tu me dis et je fais comme tu me dis Tu es mon frère ! »
Nicolas Darsonville
« Oui mais il faut trouver une solution ! Difficile, difficile mais on va trouver, tu sais ce que tu veux en tout cas et courageux je vois, la mer en Bretagne c’est du sérieux ! »
Ali Koulouba l’émigré Sénégalais
« Moi pêcheur Sénégal, bateaux chinois et français prendre tout le poisson, plus poisson pour la famille alors solution venir en France, comme pêcheur ; moi je viens d’abord puis famille »
Nicolas Darsonville
« Eh oui mon vieux c’est le monde en l’envers avant les blancs colonisaient l’Afrique qui ne demandait rien et aujourd’hui les Africains colonisent l’Europe qui ne veut pas (enfin pour certains salauds) qu’ils viennent y vivre, alors qu’on pille leurs ressources. Mais tout cela nous dépasse, je vais faire le maximum mais il y aura beaucoup de travail ! Bon on y arrivera et toi mon ami tu es Zinédine donc, Algérien, tranquille là mon vieux c’est beaucoup plus facile, tu as de la famille ici à Avignon » ?
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
« Non pas de famille en France c’est pour ça que le regroupement familial ne marche pas je suis arrivé par la mer par le Maroc avec d’autres frères qui sont comme moi, je ne sais pas où ils sont. Comment on va faire ? Je suis bon travailleur agricole surtout la vigne et je veux travailler tout de suite et toucher de l’argent pour l’envoyer »
Nicolas Darsonville
« Ok mon vieux on va voir. Voici les papiers exprès pour les Algériens tu essayes de remplir tous les blancs et moi je finirai avec toi demain, ok ? C’est le premier contact on fait connaissance et on va travailler ensemble pour remplir les papiers »
Zinedine Alarabia l’émigré Algérien
« Oui merci beaucoup Monsieur je vais téléphoner à ma famille que tout va bien merci beaucoup »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Et mon mari tu as des nouvelles ? Normalement il est déjà Paris, tu peux regarder pour savoir, il est arrivé en Octobre et depuis moi plus de nouvelles »
Nicolas Darsonville
« Qu’est-ce qu’il fait en France ton mari ? Il est handicapé ? »
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Pourquoi ça handicapé ? Quoi le problème ? Lui pas handicapé lui échappé pour éviter d’être prisonnier par les Russes et venir en France »
Nicolas Darsonville
« Non pas de problème mais les hommes Ukrainiens normalement restent et combattent sur le pays » Je ferai des recherches.
Oksana Vodorowski l’émigrée Ukrainienne
« Qu’est-ce que tu veux dire que mon mari lâche et peur des Russes ? Si toi veux y a aller à sa place te battre contre Russes tu peux ! »
Nicolas Darsonville
« Il ne faut pas s’énerver il y a beaucoup de difficultés déjà » Bon vous regardez les papiers vous faites ce que vous pouvez et moi je finirai avec vous ; je dois parler à d’autres avocats aussi, je vous laisse demain à la même heure ici commencez à remplir les papiers comme un brouillon, à demain !»
Rideau
ACTE IV SCENE 3
Dans leur salon Camille et Antonella. Camille lit à haute voix :
« Toujours les Allemands, non les Autrichiens, ce sont de vrais chiens loups ceux-là ! »
Antonella
« Arrête, tu ne me fais pas rire ».
Camille poursuit
« Peine de simple police avis d’amende
Cette ordonnance de contravention est immédiatement exécutoire en cas d’absence de recours » Un coup ils disent absence de recours un coup opposition c’est la traduction certainement …je n’y comprend rien …
Amende 350 euros contrainte par corps 1 jour 15 heures o minute !! Putain contrainte par corps ça veut dire prison dis donc ! J’ai échappé aux travaux forcés je vais finir au stalag !!
J’ai 2 semaines pour faire un recours (toujours en langue allemande ben normal alors qu’eux m’écrivent en Français.
Bon je vais attendre qu’on vienne me mettre en prison c’est manière de voir comment fonctionne l’Europe judiciaire ou pénale, ou de mes deux. Elle fonctionne certainement mieux pour punir ses citoyens tranquilles qui ne payent pas leur péage sans le vouloir et leurs amendes que pour punir les délinquants français ou étrangers qu’ils soient récidivistes ou non. Petit bourgeois je suis une cible de choix !
Antonella
Tu joues quand même avec des gens qui ont du pouvoir. A ce point ce n’est pas normal mais quand même, fais attention la politique du pire ça ne paye pas généralement. Qui sème le vent récolte la tempête : paye et amen !! »
Camille
« Ecoute je veux voir à quel point la France protège ses ressortissants quand on voit comment elle protège et coucoune les immigrés clandestins, et les voyous. Tu rentres dans le pays qui n’est pas le tien sans papiers, ce n’est pas un délit, tu voles et récidives pas un souci : travaux d’intérêt général quand on te convoque au tribunal trois mois après et que tu es assez sympa pour y aller.
Tu ne payes pas un péage qui n’est même pas indiqué ça devient une contravention puis un délit passible de prison ! »
Antonella
« Ça risque de mal finir pour toi, tout ça ; tu n’as pas l’âge d’aller en prison et pas les moyens de payer des amendes pour le plaisir de faire de la pédagogie pour les français qui s’en foutent de toute manière. »
Camille
« Je sais mais si c’est bien médiatisé ça peut faire réfléchir non ? »
Antonella
« Mais non, d’abord ton histoire ne sera jamais médiatisée vu les médias officiels qui ne veulent surtout pas de vagues ; ils ne parlent pas des viols de mémés de 80 ans alors pourquoi veux-tu qu’ils parlent de ton problème de riche, du français qui va à Vienne qui ne sait pas qu’il faut payer un péage qui se prend une amende, qui ne la paye pas et finit en taule c’est rien pour eux, c’est bien fait pour ta gueule au contraire.»
Camille
« Je ne suis pas d’accord avec toi il y a dans mon cas des ingrédients qui parlent encore aux français : la bagnole, les amendes, les poursuites, et pour conclure la taule pour un vieux con de retraité français qui a 75 ans et qui se balade en Autriche, c’est du piment tout ça dans leur assiette au 20 h de TF1 ou de la 2 !! Non ?
Si tu rajoutes un peu l’accent allemand et leur putain d’appel à la délation comme au temps de la collaboration pendant la deuxième guerre mondiale ça rappelle des souvenirs ! Tiens je fais lire leur prose avec leur putain d’accent « Ah fous foulez pas dénoncer celui qui conduisait si ce n’est pas fous !!!...Fous allez parler sous la contrainte par corps, ça c’est de moi mais on n’en est pas loin au niveau du langage menaçant c’est comme au cinéma non ?
Les Allemands ont perdu la deuxième guerre mondiale mais leur putain de mentalité de chef esclavagiste est toujours là. Ils ont gagné la guerre en fait, par l’économie grâce à l’Europe et à leur mentalité de bosseurs quand nous on signe les 35 heures les 5 semaines de congés payés et l’assistanat à tout va !
Antonella
« Calme toi chéri tu t’énerves pour rien, tu ne passes pas encore à la télé alors viens te coucher ! »
Rideau
Fin de l’acte IV
ACTE V SCENE I
Les vieux encore, dans leur salon, la sonnette d’entrée retentit.
Antonella
« Tu vas voir chéri ce que c’est, pour une fois je n’ai pas commandé de vin ! »
Camille
« On nous dérange toujours au moment de passer à table ; tu as peut-être encore commandé une bricole en Chine ? »
Antonella
« Non je n’ai rien commandé depuis longtemps c’est peut-être le voisin, vas-y mais ne traîne pas c’est prêt dans le four ».
Camille
« Ok ”
Il revient trente secondes après, un peu pâle accompagné d’un gendarme en uniforme
« Je reviens, j’avertis ma femme » dit-il au gendarme
Antonella
« Qu’est ce qui se passe chéri ? «
Camille
« Bon eh bien tu vas le manger toute seule ton rôti ! Tu te souviens de l’affaire autrichienne du péage ? Eh bien c’est la suite merde alors ! Il faut que je suive le gendarme, il m’a dit de préparer une petite valise, je n’y crois pas ! Je crois qu’ils vont me mettre en taule en France ou m’extrader !
On va d’abord devant le juge m’a dit le gendarme tiens lis cette convocation ! »
Antonella
« Mais ce n’est pas vrai ! Attends mais tu ne vas pas y aller ?
Matéo Pavupapri le gendarme
“Bonjour Madame, Il fait ce qu’il veut votre mari Madame, moi je ne vais pas l’emmener de force, mais la convocation est claire et elle dit « convocation remise en mains propres et après avoir pris quelques affaires de toilette et de rechange conduite devant le juge immédiatement pour y être présenté avant 14 heures ; c’est écrit sur mon papier et certainement sur le vôtre, vérifiez Monsieur »
Camille en lisant le papier bleu
« Oui effectivement : « vous devez répondre sans délai à cette convocation et vous présenter immédiatement devant le juge à l’adresse ci-dessous au plus tard avant 14 heure ce jour faute de quoi je me verrai obligée de mettre en œuvre la force publique pour vous faire présenter au plus tôt par devers moi. »
C’est signé Madame Lévina Bontemps juge d’instruction auprès du Tribunal correctionnel d’Avignon.
Et l’objet de la convocation est : étude de la contrainte par corps prononcée par le juge Walter von Damned juge auprès du tribunal des affaires fiscales de Salzbourg suivant ordonnance de payement restée sans effet.
Antonella
« Ce n’est pas croyable Ah l’Europe ! Ça marche quand il s’agit d’emmerder les citoyens et de leur faire payer les amendes ça marche mieux que pour ramener les clandestins délinquants récidivistes dans leur pays ! Je n’en reviens pas ! Je vais appeler la rédaction de Boulevard Voltaire, on va en parler de cette histoire !
Camille (qui était sorti pour aller chercher un sac revient gentiment en souriant vers le gendarme).
« Laisse tomber c’est TF1 qu’il faut appeler. Bon je n’ai pas été trop long vous voyez, vous voulez un café ? » Chérie tu me prépares un sandwich vite fait s’il te plaît ça me donne faim ces émotions !
Matéo Pavupapri
« Non merci pas de café, mais dépêchez-vous pour le sandwich, en plus je ne veux pas vous mettre en retard on a juste le temps d’aller au Tribunal et la juge vous attend »
Camille à qui sa femme tend un sandwich enrobé vite fait.
« Merci Chérie, j’y vais, je ne vais pas faire un bordel ici ; il n’y est pour rien le gendarme mais je crois que notre concert de ce soir est cuit. Je t’appelle dès que je peux ; tiens fais une photo de cette convocation de merde et envoie-la quand même à Boulevard Voltaire et à Valeurs actuelles et à qui tu veux, arrose au maximum ça va les intéresser cette histoire »
Il se marre
Il embrasse sa femme ensuite et dit au gendarme : « Bon Monsieur le gendarme je vous suis, je sens qu’on ne va pas s’ennuyer »
C’est un peu mal parti cette affaire. »
Matéo Pavupapri
« Attention à ce que vous dites Monsieur, je ne le prends pas pour moi naturellement, mais ils prennent vite la mouche au tribunal je vous donne un conseil pas de mots comme ça avec la juge, elle n’est pas commode »
Ils partent
Camille
« Tu vois chérie c’est bien ça il m’emmène peut-être en prison !!Merci du conseil Monsieur le gendarme, chérie on fait comme on a dit et à je ne sais pas quand ! »
Matéo Pavupapri
« On y va aurevoir Madame, il a son téléphone et son chargeur votre mari ? »
Camille
« Oui, et ma carte d’identité et un bon bouquin pour me détendre, allons-y le plus tôt sera le mieux, je suis curieux de savoir où tout cela va me mener. Les camps de concentration sont fermés non ? »
Matéo Pavupapri
« Je vous le répète Monsieur, ne faites pas le malin avec la juge, elle ne rigole pas avec les prévenus »
Camille
« Ah j’oubliais je suis un prévenu, merci Monsieur l’agent. Je suis étonné on ne va pas y aller à pied ? »
Matéo Pavupapri
« Non mon collègue nous attend dans la voiture bleue là au coin, dépêchons-nous, nous avons encore deux personnes à aller chercher »
Camille
« Ah bon ? C’est une rafle alors ? »
Matéo Pavupapri
« Je vous ai donné un conseil monsieur faites attention aujourd’hui on ne sait même pas si l’on peut faire une plaisanterie ; ces nouvelles lois bien floues sont dangereuses pour excusez-moi l’expression pour les grandes gueules ; faites attention même à votre âge ; un conseil, profil bas vous taire et de bien écouter »
Camille
« Ok merci encore une fois du conseil, Monsieur Pavupapri »
Rideau
ACTE 5 SCENE 2
Nouveau décor
Dans le bureau de la juge ; le gendarme a tapé à la porte on entend qu’elle lui a dit d’entrer et de la laisser seule avec Camille
Lévina Bontemps la juge française
« Bonjour Monsieur Camille, asseyez-vous. Je me présente, Juge Bontemps auprès du tribunal pénal correctionnel de cette bonne ville d’Avignon.
Vous ne pouvez pas payer vos amendes comme tout le monde ? Ça nous éviterait du travail comme si j’en manquais et vous ça vous éviterait qu’on finisse par vous passer les menottes ; je suis Juge et comme vous l’avez lu, j’espère, sur votre mandat d’emmener, chargée de vous imposer une contrainte par corps pour vous apprendre d’abord à ne pas payer vos amendes et aussi naturellement pour vous les faire payer sympa comme tâche »
Camille
« Alors comme ça on obéit direct aux juges autrichiens, en France, vous arrêtez vos concitoyens Français sur ordre, sans même entendre ce qu’ils pourraient dire ?»
Lévina Bontemps la juge française
« Vous n’êtes pas en état d’arrestation vous êtes sous le coup d’un mandat d’emmener que j’ai délivré moi-même maintenant ça ne veut pas dire que je ne vous ferai pas « arrêter » comme vous dites pour purger votre peine : un jour 15 heures et zéro minute, c’est précis comme une montre suisse »
Camille
Ou plutôt allemande, moi ça me rappelle un peu les films sur la deuxième guerre mondiale vous savez Madame, les ordres en allemand, la gestapo, rien à voir avec les gentils coucous suisses, on est dans la coercition, la menace ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Mais c’est qu’il a de l’humour mon concitoyen ! Je sens qu’on va passer un bon moment ensemble, vous voulez que je vous fasse passer les menottes pour vous mettre dans l’ambiance que vous décrivez ? Non ? Bon j’appelle le sieur Walter von Damned mon homologue, le juge autrichien qui ne vous veut pas du bien ! Qu’elle est votre profession « Monsieur Camille qui ne paye pas les péages » ?
Camille
« Je suis retraité »
Lévina Bontemps la juge française
« Ce n’est pas une profession ça ! C’est votre métier qui m’intéresse, avant votre retraite bien méritée certainement, vous aviez bien un travail ? Ne faites pas de l’humour avec moi Monsieur Camille je n’en ai pas le temps. »
Camille
« Madame Bontemps, je ne fais pas de l’humour, je n’ai pas demandé à vous connaître non plus. J’étais marchand d’art contemporain, j’avais ma galerie d’art mais en même temps j’étais juriste d’entreprise puisque j’ai fait des études de droit mais pas pénales je précise, donc je ne connais rien à votre métier puisque je n’ai pas l’habitude de fréquenter les tribunaux, donc j’aimerais que vous preniez un peu de votre temps pour m’expliquer comment il se fait qu’un fonctionnaire autrichien puisse au nom des accords européens me menacer de prison parce que je n’ai pas payé une contravention pour le non-paiement d’un péage invisible. Merci d’avance. ».
Lévina Bontemps la juge française
« Vous croyez que les juges ont que ça à faire : vous expliquer le fonctionnement de la justice ? J’ai 200 dossiers sur ma table qui attendent et moi on me fait dire en haut qu’il faut aller vite. Alors non, vous payez l’amende ou je dois poursuivre la procédure. Ça vous ennuie d’être là moi aussi si maintenant les petits citoyens se mettent aussi à se rebeller contre les lois où est-ce que l’on va !
Bon il répond ce skieur de fond autrichien ? Je l’appelle comme ça, entre nous, parce que visiblement il ne lâche pas le morceau. Vous vous en rendez compte. Ils ont du temps et de l’argent en Autriche, 5 courriers en 8 mois c’est du harcèlement ou ils veulent faire un exemple ».
Camille
« Le petit citoyen, il vous craint plus que la peste, parce qu’il est un bon petit bourgeois, justement avec beaucoup à perdre contrairement aux délinquants que vous voyez tous les jours et qui vous en font baver ; moi, je suis un citoyen bien trop facile pour la justice et la police.
Mais vous avez parlé d’exemple, je crois en effet que c’est un bon sujet pour les journalistes entre nous !
Est-ce normal de ne pas annoncer qu’il y a un péage à payer ? Ils ont trouvé un moyen de piéger les touristes sans investir en information ou poste de péage sans trop ne se fatiguer ni ralentir la circulation ! Vous y êtes allée en Autriche ? Moi je ne les ai pas vu les péages ni aucun avertissement quelconque : c’est un piège ce pays, j’ai même d’abord cru que c’était une arnaque ! Si maintenant il faut lire toutes les lois avant d’aller dans un pays ! Ouais ça va faire du bruit dans la presse ce truc : en prison à première demande pour non-paiement d’une amende ! Et ce avec la bénédiction de mon Etat. Quelle Europe !! tout ça à deux mois des élections européennes, ça va faire mal à la télévision un vrai feuilleton on n’est pas capables de garder nos frontières mais pour ce qui est de mettre en prison les citoyens ça marche avec von der Layen.
Lévina Bontemps la juge française
« A première demande vous exagérez, vous avez reçu quatre courriers et puis si vous voulez faire de la politique, pas dans mon bureau svp, la justice est indépendante, je vous en informe.
Camille qui s’apprête à parler interrompu
Lévina Bontemps
« Ah Mister Walter Von Damned? Yes, I speak English of course I am Mrs Levina Bontemps the French judge that you have contacted in order to solve the Monsieur Camille Case” Yes Exact perfect this is right so Monsieur Camille is in my office and not very happy indeed so have you something special you would like to say to me or to discuss moreover about your international EU requisition?
Nothing? You just want him to go to jail now as an example? Ouh ouh this is very very hard! Do you know that Monsieur Camille is 74 years old and was doing tourism in your country? Classic music, Mozart and so on? Not the subject matter! Yes, I see, I see, but Monsieur Camille does not see the same than you, I think.
So, are you sure? Prison one day plus 15 hours plus the maximum fine? Is that that you want and request, plus the justice fees? Are you sure? You are not going to make good reputation for your country; this story will finish in the newspapers and may be in French TV.
Monsieur Camille is a very intelligent person and I think ready to fight your views. No matter? Ok Ok I will pursue. Thank you; Yes, I will let you know of course.
No, I do not favor an extradition in your country we have prisons too in France and there is one just 5 kms from my office.
Ah you say the law is the law and that we must extradite him to Austria. I did not know I must check this with the Chancellery, because I am not used to this; I call you back and in between for today at last Monsieur Camille will stay here, not being allowed to go back home, I am not afraid that he may fly away!
You are in a hurry to close this matter? Me too but you may open la boîte de Pandore
You do not understand what is la boîte de Pandore. You know, TV , radios, newspapers, European elections and so on …No time to explain think about it and have a nice day I call you back asap...Bye!
Elle se retourne vers Camille :
« Vous avez compris je suppose ? » Le juge autrichien veut faire un exemple il me semble en tout cas il me demande votre extradition pour que vous fassiez votre journée et demie de prison en Autriche, un vrai bouledogue il ne lâche pas ». A elle-même : « je ne suis pas près d’aller dans ce pays ! »
Camille
Et alors qu’est-ce que vous attendez pour collaborer avec l’ancien occupant pour m’envoyer en taule là-bas ?
Lévina Bontemps la juge française
« Monsieur Camille, je suis plutôt gentille avec vous faites attention aux mots que vous employez : je coopère, je ne collabore pas, d’accord ? ».
Camille
« Oui mais je ne vais pas me laisser faire. Je veux me battre contre ces conneries je vous le dis. Dites-moi exactement ce qui va se passer svp »
Lévina Bontemps la juge française
« D’abord j’attends des instructions de la chancellerie de Paris pour savoir si vous devez faire de la prison et le cas échéant, si vous allez faire votre prison ici ou en Autriche. En attendant (elle sort et appelle le gendarme) je vais vous demander de rester bien tranquille dans la petite salle d’attente à côté ; Monsieur Pavupapri, Monsieur Camille reste ici dans cette pièce et pas de discussions svp, il n’est autorisé à passer d’appels ni à en recevoir qu’avec son épouse vérifiez svp. merci »
Camille
« C’est la Kommandatur ici ! Quand je pense qu’en prison ils ont des portables et des baisodromes ! Donc on poursuit la plaisanterie ? Vous allez obéir à un juge autrichien sans que je puisse être entendu ? Le dernier des malfrats en France a droit à un avocat et moi que dalle ! Fous exécutez les ordres de la Kommandatur ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Monsieur Camille, je vous ai dit de surveiller votre langage et surtout vos références à la deuxième guerre mondiale finie depuis 80 ans
Je n’obéis qu’à mes supérieurs et à la loi et vous devriez respecter les lois des pays où vous roulez en voiture et payer les péages. »
Camille
« Encore faut-il savoir qu’il y a un péage !! Je vous l’ai dit c’est du racket organisé leur méthode à ces sociétés d’autoroute et ils sont appuyés par leur administration. Ici c’est à qui appliquera le mieux les directives de Bruxelles, demandez aux paysans ! »
Lévina Bontemps la juge française
« Bon ça suffit suivez Monsieur l’agent et à tout à l’heure ».
L’agent et Camille sortent
Monsieur Pavupapri
« Il va falloir que je me rase je sens qu’on va passer à la télévision dans pas longtemps, vous êtes un sacré numéro vous ! Vous me rappelez le film « Papi fait de la résistance »
Camille
« Je compte sur vous pour me faire de la pub auprès des journalistes ! »
Monsieur Pavupapri
« Tout le commissariat est déjà au courant ça ne devrait pas tarder à défiler, en tout cas je crois franchement malgré son air sévère que la juge elle vous a à la bonne je l’ai vue plus remontée que ça, je ne serais pas étonné qu’on ait déjà votre dossier Place Beauvau vous connaissez ? Vous savez votre genre d’affaire, ça remonte très vite et puis ça fait du ping pong entre la Justice, et la Police ! »
ACTE V SCENE 3
On va suivre en même temps la conversation de la juge et celle de Camille qui a un appel de sa femme.
Côté gauche : Camille et l’agent assis
Côté droit la juge au téléphone assise à son bureau mais nerveuse.
Le téléphone de Camille sonne ; il décroche et montre au gendarme qu’il est sur WhatsApp et que c’est sa femme qui l’appelle ; parallèlement la juge fait un numéro.
Camille au gendarme
« C’est ma femme, vous voyez, la juge a dit que je pouvais lui parler au téléphone »
Camille à sa femme au téléphone, en parlant tout bas pour que la juge n’entende pas mais le gendarme lui entend tout.
« Ah chérie dis donc on est en plein délire ici ; la juge ne sait pas trop quoi faire en fait elle ne sait pas si je dois aller en prison et si oui en France ou en Autriche, mais personne ne parle ici de me juger en France ; et c’est la prison plus l’amende de 300 euros plus les frais de justice que veulent les autrichiens !! »
Antonella
« Ecoute j’en ai parlé à Michel qui en a parlé à un copain qu’il a à FR3 et ils ont l’air de s’intéresser à ton cas il leur a dit que tu es sur le point d’aller en prison pour un péage pas payé en Autriche !! Du coup ils veulent un interview car ce n’est pas courant comme histoire »
Camille
« C’est génial ma chérie on va leur faire de la pub aux Autrichiens, attends que je réfléchisse et surtout que je ressorte d’ici et rentre à la maison. S’ils veulent un interview, ils vont être servis mais à la maison en direct sinon rien ! »
Antonella
« D’accord je vais leur dire d’attendre, que tu es devant le juge et que tu attends pour savoir si tu peux sortir ce soir. Michel veut en parler aussi à Valeurs actuelles »
Camille
« Non surtout pas il faut que cette histoire passe sur les télés officielles bien pensantes et bien à gauche »
Antonella
« Ok je lui dirai, bises mon chérie et ne te mets pas à dos la juge si tu veux sortir »
Camille qui se marre
« Tu peux compter sur moi elle se fait du souci à mon avis »
Le gendarme
« C’est bon raccrochez maintenant et arrêtez de jouer au martyre un bon conseil »
La juge au téléphone (elle parle fort et tout le monde l’entend ainsi que son interlocuteur inconnu)
« Oui Monsieur, je vous écoute car c’est délicat et je n’ai pas l’intention de faire une erreur, ça peut devenir polémique rapidement ce sujet vu le profil de mon interlocuteur, ce n’est pas le prévenu lambda »
X au téléphone
« Ne vous laissez aucunement intimider par cet abruti qui a envie de jouer avec les lois et les règlements ; comme vous je pense qu’il faut faire attention mais être ferme. C’est simple la loi toute la loi, que la loi, pas de sentiments, ni d’hésitation »
La juge au téléphone
« D’accord Monsieur, je fais quoi alors ? Je le mets en prison sans jugement comme ça ? Sans autre forme de procès c’est le cas de le dire ; en plus je ne connais pas ces réglementations internationales et je viens juste d’arriver et d’être mise au courant alors que ce dossier traîne depuis deux mois et qu’il n’y a pas une seule note à l’intérieur ! Je n’ai que la demande autrichienne »
X au téléphone
« Faites votre travail Madame le Juge si votre prédécesseur ne l’a pas fait, vous devez vérifier que cette décision administrative a le caractère d’une chose jugée sans possibilité d’appel en Autriche ni en France et que cette…décision qui a le caractère d’une pseudo sentence est conforme au droit européen et applicable de plein droit en France »
La juge au téléphone
« Je ne peux pas vérifier tout cela en une après-midi !!! et il est là dans mes locaux sous la garde d’un gendarme !! et il nous écoute, il n’y avait même pas de local disponible pour le faire attendre et le gendarme doit quitter son service maintenant »
X au téléphone
« Il n’est pas en état d’arrestation non ? Il a été convoqué pour lui signifier sa situation et le préparer, il ne va pas s’envoler, ce n’est pas un délinquant ni un OQTF donc renvoyez le chez lui et demandez d’urgence l’avis de la chancellerie une bonne fois pour toutes, bougez-vous car ce type de petite affaire de rien du tout peut devenir grosse et faire du bruit il faut au minimum être sûr du droit et l’appliquer, j’appelle la chancellerie place Vendôme et je leur demande d’activer l’étude du dossier que vous allez leur transmettre ce soir en urgence »
La juge au téléphone (elle regarde sa montre, il est 18h30 déjà)
« D’accord Monsieur, j’ai déjà fait le récapitulé du dossier et je fais la demande d’éclaircissements immédiatement et en attendant la réponse donc je le libère si je puis dire ?»
X au téléphone
« Oui renvoyez le chez lui, mais ce ne sont pas des éclaircissements qu’il vous faut de la chancellerie, ma Chère mais des certitudes écrites rappelez-moi dès que vous aurez reçu l’étude et la marche à suivre, merci et attention à la publicité, cette affaire ne me plaît pas du tout ; il y a tous les ingrédients d’une belle publicité pour l’extrême droite à deux mois des européennes, faites attention mais je ne vous ai rien dit ! »
La juge au téléphone
« Entendu Monsieur je vous tiens au courant et je le renvoie chez lui et le reconvoque dès que j’aurai la marche à suivre si nécessaire, mais je ne peux pas l’empêcher de raconter sa vie à ses amis ; bonne soirée Monsieur »
X au téléphone
« Bonne soirée, et ne vous inquiétez pas tout va bien se passer »
La juge raccroche et toute seule
« Tu parles je sens que ça va dégénérer cette affaire, ils sont fous ces autrichiens quand je pense qu’ici pour mettre un type en cabane il faut une putain de procédure d’enfer et chez eux n’importe quel gratte papier t’envoie au trou. Sympa comme débuts dans mon nouveau poste ; je ne vais pas encore rentrer chez moi avant 21 heures, j’en ai marre de ces affaires pourries qu’on m’a laissées ça va être sportif et il commence à sortir le parachute pépère, à moi le bâton merdeux koâ !
Elle ouvre sa porte et :
« Monsieur Pavupapri (à voix basse) « Bon Dieu pour un flic un nom pareil ça ne s’invente pas ils vont s’éclater de rire les journalistes si tout ça arrive à leurs oreilles, Monsieur Pavupapri, voulez-vous svp raccompagner Monsieur Camille à son domicile, svp évitez d’ébruiter cette affaire vous êtes tenu par le secret professionnel je vous le rappelle gentiment »
Le gendarme
« Oui Madame le Juge mais tout le monde est au courant au commissariat, je suis désolé mais l’affaire est trop grosse pour rester inconnue, ils ne parlent que de ça et comparent avec les dealers qu’on relâche malgré des récidives longues comme le bras. Mais me concernant moi je ne dirai rien à personne je rentre direct chez moi après avoir déposé Monsieur Camille chez lui »
La juge
« Allez Monsieur Pavupapri je compte sur vous, à demain 9h vous me ramènerez Monsieur Camille, voici une nouvelle convocation que j’avais préparée par précaution,
Et s’adressant à Camille
« Vous, prenez votre brosse à dents demain matin » Et elle sort en riant. Il est 18h30.
ACTE V SCENE 4 Camille sur TF1 20heures
Camille dans son salon des caméras et micros partout ils sont quatre : lui, son épouse, un preneur de son un caméraman et le journaliste local qui coordonne l’interview en direct avec Antenne2 au journal de 20 heures ; sur un écran on voit le présentateur du Journal télévisé et on l’entend :
Méga Macarel
« Bon l’interview commencera à 20h18 et durera 3 minutes, soyez prêts, merci »
Camille
« Je suis prêt c’est quand vous voulez »
Le journaliste local
« Soyez factuel expliquez bien votre situation, dans 20 minutes maintenant »
Antonella
« Quelqu’un veut un verre d’eau, quelque chose, un thé ? »
Le journaliste local
« Ça y est c’est l’heure tenez-vous prêt c’est à vous dans 5 4 3 2 1 ; bonjour à tous, je suis avec Mr Camille retraité avignonnais qui risque la prison pour une contravention non payée en Autriche expliquez-nous Mr Camille ce qui vous arrive et qui n’est pas banal ; c’est à vous ! »
Méga Macarel
« On vous écoute Monsieur Camille, alors si j’ai bien compris un jour et 15 heures de prison pour une contravention non payée en Autriche ?
Camille
« Eh bien c’est simple, L’été dernier on est passé par L’Autriche et on n’a pas vu de péages ni d’information par la quelle il y avait un péage à payer sous forme de vignette à acheter. Et deux mois après notre retour j’ai reçu en allemand et en Français une lettre m’appliquant une amende ; ils avaient mon adresse car la réglementation européenne prévoit l’échange d’informations sur les titulaires de plaques minéralogiques. Donc les Autrichiens responsables des autoroutes (Asfinag ça s’appelle) ont obtenu mon nom et mon adresse et m’ont envoyé la lettre recommandée en me mettant une amende de 90 euros !! Ça ne m’a pas plus et je n’ai pas payé. J’ai reçu une 2eme lettre de relance 200 euros. Et ensuite ce n’est plus Asfinag qui m’a écrit mais c’est l’autorité administrative du Lander comme ils disent là-bas, toujours pareil toujours en allemand et en français mais 350 euros pouvant être porté à 1000 euros et le pompon c’est la 4 -ème lettre du Lander qui là me menace carrément de prison et hier je me suis retrouvé devant un juge convoqué au Tribunal d’Avignon, et emmené par un gendarme ! »
Méga Macarel
« Vous êtes donc menacé d’un jour et 15 heures de prison pour non-paiement d’une amende en Autriche ! Que comptez-vous faire allez-vous payer cette contravention, ou vous retrouver en prison ? »
Camille
« Monsieur ce n’est pas ça le vrai sujet : mon père n’a pas fait la guerre de 39 45 pour qu’une autorité administrative autrichienne m’envoie en prison comme ça, tranquille depuis Vienne sans jugement sans qu’on m’écoute ! C’est devenu quoi l’Europe un régime de terreur administrative sur les citoyens. A quoi ça sert d’avoir vaincu les nazis. ! »
Méga Macarel
« Mais pourquoi ne payez-vous pas simplement ? »
Camille
« Ce n’est pas le sujet je vous dis, le sujet c’est l’Europe de merde Monsieur, depuis quand en France on met en prison les gens qui ne payent pas une contravention ? Vous avez vu ça vous ? Et sans intervention d’un juge, sans jugement en tout cas et là depuis Vienne, une administration autrichienne demande qu’on me mette en prison ? »
Méga Macarel
« C’est la coopération européenne, Monsieur, mais surveillez votre langage Monsieur sinon je serai dans l’obligation d’interrompre cet entretien. Je répète ma question qu’attendez-vous pour payer, qu’on vous mette en prison ?
Camille
« Justement, j’attends oui, je veux savoir à quel point nous nous sommes soumis nous français aux règles européennes, à quel point on ne défend plus nos citoyens puisqu’un gratte papier autrichien peut envoyer en prison un citoyen français comme ça parce que c’est l’Europe ! « Vous trouvez ça normal vous ? »
On marche sur la tête comme dans les sculptures de Bromley, moi je réfléchis comme le penseur de Rodin et je me dis que ce n’est pas normal »
Méga Macarel
« On voit que vous avez été au Musée Rodin, c’est intéressant votre comparaison malheureusement on n’a pas d’images de ces sculptures à montrer là tout de suite ! Donc vous prenez ce risque pour contester le droit européen, vous tout seul dans votre petit coin en risquant la prison. »
Camille
« Oui on est dans une Europe anti-citoyens ; on a refusé le traité de Lisbonne ils se sont assis sur notre refus. Mais eux, ils appliquent sérieusement les règlements en Europe quand il s’agit de punir les citoyens de base. Pour du pognon ça ne rigole pas mais pour la démocratie ils se sont assis dessus, je ne les respecte pas ces faux-culs de bureaucrates Bruxellois ! Donc je me révolte oui et je répète on n’a pas résisté aux allemands nazis pour se voir traiter comme des veaux par des fonctionnaires autrichiens depuis leur pays, depuis Buchenwald. C’est la kommandatur qui revient sous le drapeau bleu de l’Europe ! Et pour finir, rien que de voir un texte écrit en allemand ça me donne des boutons, c’est psychologique je ne peux pas blairer ni les Allemands ni les Autrichiens ; c’est bien pour Mozart qu’on est allé là-bas pas pour leur mentalité germanique et leur bouffe de merde. »
Méga Macarel
« Monsieur Camille vous vous égarez la guerre est finie depuis longtemps vous ne seriez pas un peu comme ces japonais qui continuent la guerre tout seuls sur les îles perdues du pacifique ? La loi c’est la loi européenne maintenant d’abord, avant même la loi française, on est en 2024 et plus en 44 ! il faudrait tourner la page non et rester poli accessoirement, dernier avertissement !? »
Camille
« Monsieur Macarel, nos parents et grands-parents ne se sont pas battus pour une Europe du pognon et des taxes et de la coercition des citoyens on a même plus le droit de dire ce que l’on veut. »
Méga Macarel qui le coupe
« Mr Camille, je vous coupe, nous sommes en ligne avec le Procureur de la justice autrichien on me dit qu’il veut intervenir car on doit écouter aussi la position autrichienne (je me demande comment il a eu notre antenne mais bon c’est une autre histoire), Monsieur Von Damned c’est à vous »
Von Damned (en Français mais avec un fort accent style 2eme guerre mondiale)
« Bonsoir Messieurs Mesdames che me présente che suis le Chef Procureur qui est chargé de cette affaire et che veux expliquer la situation »
Méga Macarel
« Bonsoir Monsieur le Chef procureur, je vous laisse la parole »
Von Damned
« Merci beaucoup ; cela est simplel, Monsieur Camille il a utilisé les autoroutes autrichiennes sans payer péage, alors il a reçu son amende chez lui, grâce aux accords européens de coopération et il n’a pas foulu la payer alors on continue la poursuite jusqu’au bout de cette affaire ! Et le règlement autrichien prévoit la prison un jour et quinze heurs plus tous les frais et naturellement l’amende c’est tout, c’est normal c’est la loi, il n’y a pas de rapport avec la deuxième guerre mondiale ni le nazisme, fous comprenez merci et aurevoir »
Méga Macarel
« Attendez Monsieur le Chef procureur, Monsieur Camille dit qu’il n’y a pas d’information sur les autoroutes, sur le péage à payer »
Von Damned
« Quand fou fenez en Autriche fous devez connaître la loi et la respecter en Autriche on n’a pas besoin de rappeler la loi partout ; alors amende et prison ça être normal maintenant après un an de trafail pour la procédure, fous comprenez merci et aurevoir ».
Méga Macarel
« Monsieur le Chef procureur, c’est un peu sévère non ? Quand les Français ont signé cette directive devaient-ils connaitre la sévérité de vos lois, des lois de chaque pays, de 27 pays ? »
Von Damned
« Ce n’est plus la question maintenant, la directive ils ont signé, nous afons respecté la directife européene, che afertis les touristes comme ça de faire attention pour prochaine fois ils fiennent en notre pays ; merci et aurevoir ! »
Méga Macarel
« Aurevoir Monsieur le Chef procureur, bonne soirée ; Eh bien c’est sûr que les touristes sont avertis maintenant, grâce à vous Monsieur Camille, votre mésaventure servira au moins à quelque chose ! »
Camille
« Je l’espère ».
Méga Macarel
« Bonne soirée et j’espère que fous n’irez pas en prison ! »
Camille en riant
« Je me battrai jusqu’au bout, bonne soirée à tous »
Rideau
ACTE V SCENE 4
Chez la juge Lévina Bontemps
La Juge au gendarme :
« Vous pouvez nous laisser Monsieur le gendarme ; il a déjeuné Mr Camille ? Oui ? Bien je n’en doute pas il devait avoir un bon appétit après son cinéma d’hier soir, vous avez vu ça Monsieur le gendarme ? Non ? Vous regardiez le foot ? On ne parle que de ça dans les couloirs du Palais et j’ai l’air d’une bonne conne, avec un cas pareil. Bon passons aux choses sérieuses » !
S’adressant à Mr Camille
« Vous êtes content ? On peut dire que vous avez fait un tabac hier soir à la télévision vous avez mis les rieurs de votre côté ! Du grand art sans avoir l’air d’y toucher ! J’aurais dû me méfier ! Ah le gentil petit retraité que voilà mais il a signé à Reconquête ! Je me suis renseignée depuis hier ; vous avez le sens de la communication, attendez je lis Et elle lit un journal :
« Gros succès d’audience hier soir pour la 2 avec l’interview de Mr Camille qui a raconté selon sa formule comment l’Europe se nazifie et marche à l’envers et sur la tête à la fois comparant images à l’appui la statue de Rodin le penseur à la France de la raison, et les sculptures de l’Anglais Bromley à l’Europe de la folie destructrice des valeurs européennes notamment de la raison ; il a expliqué tranquillement en plein 20 heures que selon lui l’Europe avait une pratique digne du troisième Reich, puisque un bureaucrate Viennois pouvait faire mettre en prison un français sans jugement, sans qu’il puisse se défendre»
Eh bien vous n’y allez pas de main morte Mr Camille, d’abord vous dites des mensonges, ensuite j’ai le Secrétaire général du Ministre qui me demande comment j’ai fait pour ne pas vous avoir encore mis en prison (un jour et 15 heures je vous le rappelle) ! Selon lui cela vous aurait coupé l’envie d’y revenir en prison, car selon lui, certaines de vos allégations relèvent de l’insulte ou de la haine et il est en train d’analyser vos propos pour voir s’il ne peut pas vous inculper. Qu’est-ce que vous en dites ? »
Mr Camille
« Je m’en fous, qu’il m’inculpe je serais heureux d’être mis en prison par mon pays parce que je traite l’Europe de nazis bureaucrates ; j’ai dit ce que je pensais et ce que pensent des millions de Français et peut-être des millions d’Européens aussi, il n’y a pas que les Français qui en ont marre de leurs directives, de leurs normes et de leur passoire organisée de frontières, et de leurs voitures électriques une connerie sans bornes (électriques) ! Je remarque au passage que vous avez l’information comme quoi je suis chez Reconquête ! Ah ah à part ça on n’est pas fiché ni contrôlé au royaume des libertés individuelles en France, je ne suis pas fiché S dès fois ? Merde alors, je peux vous montrer la photographie des hémorroïdes de ma femme si vous voulez ! »
La Juge
« Attendez là, ça suffit, vous en rajoutez, vous aggravez votre cas, je n’ai rien entendu mais s’il vous plaît n’en remettez pas une couche »
Mr Camille
« Bon qu’est-ce qu’il est permis de dire maintenant ? Rien ? On va boucler tous ceux qui l’ouvrent ? Propos haineux que ça s’appelle ? Oui je très suis content de ma petite minute de pub contre l’Europe, Macron et la mère Von der Layen. Ah le super attelage ou couple franco-allemand. Être gouverné par une allemande ça me tue, quand je pense à mon grand-père et à mon père qui ne pouvaient pas blairer les boches eh bien moi c’est pareil, je ne les encadre pas ces premiers de la classe qui trichent au football et nous font fermer nos centrales nucléaires, pour se chauffer au charbon le plus polluant d’Europe »
La Juge
« Stop d’accord ?! Je dois appeler mon confrère le juge Autrichien, il doit être furieux de l’exploitation éhontée que vous faites de votre cas »
Mr Camille
« Ça je n’en doute pas mais s’il est juge et n’a rien jugé du tout il obéit à son Lander à des bureaucrates qui s’expriment comme des nazis qui appelaient à la délation. Mon grand-père et mon père doivent se retourner dans leur tombe ! Madame la juge qu’est-ce que c’est ce ton ces menaces ces moyens incroyables mis en place pour punir les pauvres citoyens d’une frontière à l’autre pour un péage invisible et impayé par conséquence. L’Europe devrait les obliger à installer des péages. Ah je sais nul n’est censé ignorer la loi mais je suis prêt à parier que même vous vous seriez incapables de connaître votre code pénal tellement il y a d’articles dans tous les sens et sans compter le code de procédure pénale qui permet de faire sortir les truands de taule pour le moindre petit vice de forme, et eux de là-bas à 200 km de leur ancien camp de concentration ils viennent me faire mettre en taule pour un péage puis une contravention impayée ? ! »
La Juge
« C’est vous qui êtes impayable Monsieur Camille prenez un avocat qui vous trouvera un vice de forme mais dépêchez-vous, car votre affaire est au plus haut niveau maintenant et bonjour pour ma carrière ; votre sort sera réglé dans la journée ou demain au plus tard, mais moi je vais traîner une casserole toute ma carrière »
Mr Camille
« Ah oui ? C’est devenu politique peut-être mon péage impayé ? »
La Juge
« Par votre faute : vous vous servez de votre problème personnel minable pour faire de la politique à deux balles à 2 mois des européennes avouez, ne me prenez pas pour une idiote ! » Ils auront votre peau là-haut je vous le dis, je ne sais même pas pourquoi j’essaye de vous faire comprendre la gravité de votre situation »
Mr Camille
« Oui c’est grave je n’ai pas payé un péage d’autoroute que je n’ai jamais vu, mais tous les clandestins qui rentrent dans notre pays les doigts dans le nez par centaines de milliers ça ne les dérange pas à St Germain des Près ?».
La Juge
« Mais vous êtes indécrottable vous et vous mélangez tout »
Camille
« Non Madame le juge je ne mélange rien. Il y en a plein vos bureaux des clandestins illégaux légaux. On a changé la loi pour eux : ils viennent en toute illégalité mais ce n’est plus un délit et ma contravention non payée c’est un délit passible de prison, merci les traitres du Conseil d’Etat et l’Europe !
La Juge
« Je ne veux pas être mêlée à ça. Ici dans mon bureau on applique la loi, point. »
Mr Camille
« Oui Mme le Juge la loi des entreprises qui veulent de la main d’œuvre pas chère, et des futurs pousseurs de caddies, la loi des bobos progressistes bien rassemblés par leurs valeurs communes de solidarité, de fraternité et d’égalité, qui veulent créoliser la France et tuer la civilisation française au passage, qui confondant volontairement toute l’humanité qu’on doit à chaque ’homme et toute la sévérité que l’on doit employer contre leurs gouvernements et contre eux quand ils sont des dizaines de milliers à s’inviter chez nous sans notre permission juridique en tout cas, mais avec la bénédiction de leur gouvernement, et des traitres qui nous gouvernent, nous »
La Juge
« Vous n’êtes pas à la télévision ici Mr Camille mais dans un tribunal et dans l’antichambre de la prison d’accord ? J’appelle le gendarme pour qu’il vous raccompagne dans la salle d’attente pendant que je téléphone à mon collègue autrichien »
Mr Camille
« Merci, vous faites votre travail Mme le Juge «
Son téléphone sonne elle décroche, on entend une voix sa secrétaire qui lui annonce que c’est Monsieur Antoine Sanchez l’adjoint au maire (au téléphone de la Juge) qui veut lui parler d’urgence
La Juge
« Dites-lui que je suis en réunion toute la journée et qu’il me rappelle demain en fin de matinée, ou ce soir à 21 heures »
Elle raccroche
« Monsieur Camille, vous allez passer de sales moments je le crains à la suite de votre petite prestation hier soir, vous vous êtes mis à dos le gouvernement rien que ça sans compter la partie Autrichienne, un conseil vous devriez faire profil bas maintenant au lieu de continuer à débiter vos salades d’extrême droite, raciste et xénophobes et punies par la loi, j’ai beaucoup trop de patience avec vous »
Camille
« Merci mais je sais, je n’ai aucune chance de m’en sortir, Ils ont tous les leviers et tous les pouvoirs.
Ce gouvernement de gauchos bobos fait semblant de s’intéresser au sort des Français mais ils sabotent la France, et maltraitent le peuple. Ils ont tous les moyens juridiques, fiscaux, policiers, judiciaires et j’en passe pour nous écraser. Ils maquillent la réalité, cachent les chiffres et les noms et ils accusent de fascisme et de racisme tous ceux qui veulent arrêter leur machine à tuer la France qu’ils ont lancée.
Les médias sont à leurs ordres, complices. J’ai réussi hier mais c’est bien la dernière fois maintenant c’est la guerre contre moi, je le sais, ils vont tout employer pour faire oublier mon petit combat, pour me punir et faire un exemple, je sais, mais je suis un combattant comme mon grand-père »
La juge
« Et votre père, oui je sais, vous délirez un peu Monsieur Camille, on va arrêter là cette audition vous êtes ici pour un péage impayé en Autriche, ne faites pas de vous un martyre institutionnel !
A demain 10heures Monsieur le gendarme, vous raccompagnerez Monsieur Camille chez lui à midi ».
Rideau
ACTE V SCENE 5
MSF 2EME REUNION (Camille dans la petite salle d’attente adjacente entend tout mais ne voit rien, donc on ne voit rien nous aussi, on entend comme Camille)
Nicolas Darsonville
« Bonjour à tous, mais il en manque ! Il est où Ali ? »
Oksana Vodorowski
« Lui dire moi, aller quartier sous pont à Paris »
Nicolas Darsonville
« Sous pont ? Merde je me tape tous ses papiers ici et lui il se barre à Paris !? Mais ce n’est pas vrai ! Il sait ce que c’est la vie là-haut ? Dans deux jours il est camé jusqu’aux oreilles et il fait la manche sur les trottoirs ; je n’en crois pas mes oreilles, il est foutu ! Ici c’est cool c’est la province on fait doucement sans bruit, en famille entre les assoss et les juges mais là-haut c’est la chasse au pognon tout le temps, tout le temps et tu dors dehors sous le pont justement et tu pisses dans la rue c’est l’horreur ! Alors pourquoi tous ils veulent aller là-haut ?
Oksana Vodorowski
« Il dit beaucoup amis sénégalais là-haut ! »
Nicolas Darsonville
« Et moi je dis beaucoup plumer lui, merde il verra bien je laisse tomber son dossier il reprendra tout depuis le début là-haut. ; Bon à nous j’ai de bonnes nouvelles pour toi Oksana »
Oksana Vodorowski
« Ah enfin »
Nicolas Darsonville
« Quoi Ah enfin ? Tu crois que c’est facile de bouger le cul des bureaucrates ? Tu n’as qu’à essayer toute seule tu verras. »
Oksana Vodorowski
« Cul bureaucrates français bien plus léger que cul bureaucrates ukrainiens ! Alors c’est quoi les nouvelles bonnes ? »
Nicolas Darsonville
« J’ai retrouvé ton mari il vit à Bordeaux maintenant et il a un travail
Oksana Vodorowski
« Quoi Bordeaux c’est quoi ce trou ? On avait dit Paris avant partir ! »
Nicolas Darsonville
« Ecoute moi j’ai obtenu ton titre de séjour et il y a écrit domicile Bordeaux, et Bordeaux c’est une ville de gauche et écolo en plus donc il y a pas mieux »
Oksana Vodorowski
« Ok je discute avec lui, donne les papiers, c’est quoi son travail ? »
Nicolas Darsonville
« Il est sur un chantier de route pour étaler le goudron »
Oksana Vodorowski
« C’est métier ça ? C’est esclavage ! C’est bon pour arabes ! Lui ingénieur peut construire ponts »
Nicolas Darsonville
« Eh dis donc attention avec ton racisme blanc hein Oksana ? Ton mari, eh bien il y a des ponts souvent sur les routes ; s’il travaille bien il verra avec son patron rapidement mais il est content et il t’attend »
Oksana Vodorowski
« Pour quoi faire pour apporter lui des sandwiches ? »
Nicolas Darsonville
« Ecoute Oksana estime toi contente, tout ça en trois jours alors fais comme tu veux mais pour moi j’ai fini ; je dois m’occuper des autres qui ont moins de chances que toi vu leur situation tu peux partir maintenant si tu veux »
Oksana Vodorowski
« Ok moi partir et qui me donne l’argent pour prendre le train pour Bordeaux ? »
Nocolas Darsonville
« Pas besoin c’est gratuit avec ta carte de séjour tu verras «
Oksana Vodorowski
« Bon alors je pars, bonne chance tout le monde, excuse pour les arabes »
Nicolas Darsonville
« Surtout on ne dit pas merci ! »
Oksana Vodorowski
« Si si merci spasiba beaucoup Dosvidanié, fuck you »
Nicolas Darsonville qui a fait semblant de ne pas entendre
« Bon Rabé, pour toi ce n’est pas bon les Malgaches. C’est impossible de la jouer réfugié politique alors que vous venez de faire des élections avalisées par tous les pays et même si votre Président est français la bonne blague ; et donc il faut que tu trouves rapidement une famille qui va t’aider. Et au titre du regroupement familial, c’est possible ? Tu as des parents ici les plus proches possibles ? Ou des amis ?
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Non cousins de ma femme seulement mais elle restée au village avec les enfants ».
Nicolas Darsonville
« Alors c’est mal barré » Je vais réfléchir voir comment on peut faire tu n’es pas homosexuel vu que tu déclares quatre enfants, alors comment on va faire ? »
Rabé Rakotomalala
« Comme tu veux mais permis de conduire, bien connaître zébus et riz et bon chauffeur. »
Nicolas Darsonville
« Bon Rabé je vais en parler à des collègues qui ont fait rentrer des malgaches mais sans aucune famille ici ce sera difficile. Qu’est-ce que tu as à la tête ? »
Rabé Rakotomalala l’émigré Malgache
« Tombé hier »
Nicolas Darsonville
« Ouais il faut le dire vite, fais attention Rabé, la rue c’est dangereux ; Zinedine pour toi j’ai bien avancé ; Rabé tu peux nous laisser ? Reviens demain à 9 heures je vais finir le dossier de Zinédine puis je dois partir »
Rabé Rakotomalala
Il sort et dit « Merci beaucoup je vais chercher travail »
ACTE V SCENE 6
Camille sort de la petite pièce où il attendait et voit Rabé qui s’en va il lui dit
« Manao ohana »
Rabé s’arrête aussitôt
« Tu connais Madagascar ? »
Camille
« Je suis né à Madagascar mon ami, je suis Zanatan ! »
Rabé
« Ah je suis content je suis Rabé, je cherche des papiers pour travailler en France, avant je vis à Betafo là-bas.
Camille
« Betafo, je connais c’est très beau avec l’Eglise et le lac et la cascade et le tombeau des ancêtres, et les joueurs de pétanque !! »
Rabé (qui se met à pleurer)
« Monsieur tu me fais pleurer j’ai honte comment tu connais Betafo ? »
Camille
« Voilà ma vie Rabé : je suis né à Tananarive, mon nom est Camille. J’ai vécu à Moramanga et après on rentre en France mais longtemps après encore je veux revoir mon pays, je voyage je reviens à Madagascar et je visite Betafo »
Rabé
« Moramanga ? Ah,pas bon, pas beau ce que les vaza ils ont fait là pendant la guerre ! »
Camille
« Je sais mon père y était ».
Rabé
« Ton père il a fait massacre ?
Camille
« Non il est arrivé juste après, enfin, j’espère »
Rabé
C’est l’histoire ! Maintenant fini, Nous deux sont frères de la terre tu as de la chance tu es Français chez toi ici »
Camille
« Rabé je voudrais t’aider, j’ai entendu ton histoire, je vais essayer de t’aider malgré mes problèmes »
Rabé
« Je veux papiers c’est tout, après je travaille je gagne ma vie je fais venir ma femme et les zazakely»
Camille
« Tu as 4 enfants j’ai entendu »
Rabé en pleurant
« 4 mon ami, que des filles une pour toi très jolie si tu veux si tu m’aides »
Camille en riant
« Merci mais moi je ne suis pas un touriste sexuel, Rabé. Je suis un fils de la terre malgache ; je veux t’aider pour t’aider c’est tout ; quel est ton métier là-bas ?»
Rabé
« Garder et soigner zébus, cultiver riz, »
Camille
« Tu as entendu parler de la Camargue ?
Rabé
« Non »
Camille
« C’est à 100 km d’ici, on garde les toros les toros c’est comme les zébus mais très sauvage et beaucoup moins bon à manger !
Et on cultive le riz aussi, je te montrerai sur une carte, et tu n’as pas d’autre métier comme tous les Malgaches ?
Rabé
« Si, réparer voitures, conduire bien, et fanafout »
Camille
« Fanafout tu fais vraiment fanafout » ?
Rabé
« Oui moi grand devin et peut faire fanafout sur personnes »
Camille
« Tu guéris les maladies avec des plantes médicinales, donc ?
Rabé
« Oui guérir mais aussi punir comme tu préfères, et à Betafo les paysans venir voir moi pour combattre les Dahalo, moi punir Dahalo et eux viennent plus voler les zébus dans notre village maintenant » !
Camille
« Ecoute Rabé, ça m’intéresse, tu vois si je suis ici avec la juge c’est parce que j’ai des problèmes avec des français et des étrangers très très puissants qui veulent me mettre en prison pour des histoires de papier aussi. Tu peux m’aider ?
Rabé
« Oui pas de problème même loin comme Allemand je peux faire, je peux faire pour tous les autres mais jamais pour moi, c’est règle devin malgache »
Camille
« Pourquoi tu dis Allemand ? »
Rabé
« Comme ça je ne sais pas »
Camille
« Ok Rabé je veux faire très peur à des personnes très puissantes avec l’argent et la police et les papiers, qu’est-ce qu’il te faut ? »
Rabé
« Rien, tu restes à côté de moi, tu donnes du rhum pour tes ancêtres et je fais avec mes bâtons tout seul. J’ai gardé mes bâtons là regarde. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais pour moi ?
Camille
« Je t’aide pour tout pour tes papiers ? Et si tu veux je t’emmène en Camargue. On cherchera du travail pour toi et je t’invite à la maison et je te montrerai beaucoup de choses sur Madagascar. Tu seras étonné ; Tu seras comme dans ton pays chez moi, tu verras. Je te montrerai les photos de ma famille à Moramanga, et même de mon père pendant la rébellion. J’ai des photos.
Rabé
« Plus parler de rébellion, nous être amis maintenant tu es mon frère de la terre, mes ancêtres pardonner et toujours regretter les français alors moi aussi.
Demain d’accord : tu vas voir mes pouvoirs sont très forts tes ennemis vont souffrir. N’oublie pas le rhum pour les ancêtres, on doit appeler les ancêtres, les tiens et les miens »
Camille
« Je n’oublierai pas le rhum, mes ancêtres c’est très important pour moi tu verras à la maison. Mais pour le fanafout il y a deux français et deux autrichiens, tu as besoin des noms ?
Rabé
« Pas la peine, les esprits savent qui doit souffrir pas de problème, 4 j’ai compris facile pour moi, 5 si tu veux »
Camille
« Ok demain 10 heures ici devant le bâtiment dehors. Rabé dis-moi : où tu dors ? »
Rabé
« Dans la rue partout, jamais même endroit ».
Camille
« Voilà deux cents euros trouve un hôtel pas cher pour deux ou trois nuits, et mange bien. Demain soir je vais t’inviter à la maison aussi on va regarder toutes mes photographies de Madagascar et les photos de mes ancêtres, tu verras.
Rabé
« Merci beaucoup Monsieur Camille, c’est d’accord demain matin 10 heures, Veloma mon ami on va faire tsiziki comme à Betafo! »
Camille
« Veloma » !
Rideau
ACTE V SCENE 7
Camille est chez lui, prend son téléphone et fait un numéro :
« Oui bonjour puis-je parler à Madame Levina Bontemps svp oui la juge ? Merci Excusez-moi, Madame la juge, non très court, écoutez-moi bien s’il vous plaît, je vous en prie c’est important pour vous.
Je voulais juste vous dire que j’abandonne la rationalité, oui la rationalité, les avocats, les lois, les règlements, oui je m’assois dessus. Vous ne comprenez pas ? Ce n’est pas grave.
Ecoutez moi. Non je ne suis pas fou. Ecoutez moi, vous m’avez dit que demain il y avait une réunion sur mon cas entre la France et l’Autriche, oui, n’y participez pas je vous le demande parce que je vous aime bien finalement, vous n’êtes qu’un instrument du pouvoir.
Ah vous n’êtes pas invitée ? Vous voyez vous n’êtes qu’un petit rouage, non je ne vous méprise pas je vous plains, mais c’est tant mieux, je suis très content pour vous que vous ne participiez pas à cette réunion.
Je ne peux vous expliquer davantage, mais écoutez faites-moi confiance si jamais ils vous appellent pendant leur réunion soyez injoignable, laissez-les dans leur merde.
La juge
« Vous ne voulez pas que j’explique un peu que vous êtes un brave type un peu facho un peu borné mais pas méchant au fond et que cette affaire a assez duré et qu’ils pourraient exceptionnellement vous laisser tranquille ; vous savez il se peut que le ministre lui-même passe le nez à la porte il aime bien les affaires hautement psychologiques, et faire des bons mots qui font la une des journaux ensuite »
Camille
« Oui je sais il aime bien faire des bons mots faciles il ne peut s’en empêcher vous savez ce que disait La Bruyère de ce type de personnage ? Non eh bien un jour je vous le dirai, en attendant, surtout ne participez pas à cette réunion, c’est pour votre bien, je vous en prie, ils sont trop forts, trop habiles, trop malins trop distingués trop friqués, trop puissants pour vous écouter, et puis nous allons leur donner une leçon »
La juge
« Qui nous et quelle leçon allez-vous leur donner Monsieur Camille ? »
Camille
« Nous c’est moi et les esprits de mes ancêtres Madame le juge. La leçon c’est juste pour démontrer la force supérieure des esprits sur l’argent et le pouvoir une petite punition. Vous comprendrez. Vous me promettez, vous n’y participerez pas ?
La juge
« Ok ça fait cinq fois que vous me le dites Aurevoir Monsieur Camille et salutations à vos ancêtres, ou aux esprits de vos ancêtres, je ne vais pas dormir de la nuit, et merci pour l’aide que vous apportez à Monsieur Rakotomalala »
ACTE V SCENE 8
Camille le matin chez lui dans son salon, on voit qu’il est midi il lit un livre en écoutant la radio :
« Ce matin à 10 30 incroyable évènement à la fois à Paris à la chancellerie du ministère de la justice et à Vienne, au ministère de l’intérieur : tous les participants à une réunion par vidéo conférence qui devait régler le sort de Monsieur Camille le français qui risque la prison pour n’avoir pas payé son péage en Autriche puis sa contravention sont devenus subitement et tous à la fois aveugles. Cette information est confirmée par Paris et Vienne le cas est porté au plus haut niveau. Les médecins convoqués en urgence sont interloqués selon le président de l’Ordre des médecins. Nous apprenons à l’instant que le juge Autrichien Von Damned qui participait à la réunion a démissionné et Mega Macarel dans la foulée même si nous ne voyons pas le rapport. Ah, notre ministre de la Justice nous informe qu’une réunion de crise est en cours place Vendôme et que la juge Levina Bontemps souffrante ne faisait pas partie de cette réunion » !
Son téléphone sonne
Camille
« Bonjour Madame la juge.
Il écoute sans rien dire…puis
« Non ne me remerciez pas, je suis content que vous ayez suivi mon conseil, et restez au lit c’est le meilleur endroit de la terre en ce moment pour ceux qui veulent gérer mon petit cas, vous avez raison, bonne journée »
La radio reprend
« Nous vous confirmons : les quatre personnes qui participaient à cette réunion sont devenues ensemble totalement aveugles, ainsi que le ministre de la justice qui passait dans un couloir, c’est incroyable mais vrai, 5 personnes d’un coup à la même minute, mais que se passe-t-il dans ce dossier ? Comment est-ce possible ? Le premier ministre tient une réunion de crise avec son homologue autrichien
Ah voilà une information nouvelle : toutes les poursuites contre Monsieur Camille sont levées en considération de la situation extraordinaire médicale inexplicable qui devient la seule priorité des deux gouvernements Français et Autrichiennes, son cas devenant tout à fait secondaire est d’un commun accord classé définitivement »
Camille
Son téléphone sonne
« Oui Madame le Juge oui j’ai entendu ah ! A condition que je ne parle plus aux médias ? Même aveugles Ils posent encore des conditions ! C’est moi qui pose les conditions. Quelles conditions ? Eh bien je me suis fait un ami dans vos locaux, Monsieur Rakotomalala. Ah ? Vous me pensiez raciste parce que je suis à Reconquête ? Vous êtes une pauvre ignorante sans excuse, Madame la Juge, il faut arrêter d’écouter France Inter. Je ne suis pas raciste ni xénophobe ; les Français ne le sont pas mais ils n’aiment pas être envahis ce n’est pas la même chose.
Le programme de Zemmour ? eh bien lisez le avant d’en parler. Le programme historique de la droite ? De quel programme parlez-vous ? Vous voulez m’insulter ? Qu’est-ce que je suis encore en dehors du fait que je serais raciste ? Expliquez-moi… ah fasciste peut-être, antisémite certainement, et pro-Poutine non ? Allez écouter TF1 Vous me décevez Madame la Juge. Ah la France a besoin d’immigrés ? Sans blague avec 5 millions de chômeurs et 3 millions de foyers qui attendent un logement ? Non Madame la juge, vous avez besoin de serveurs de restaurant, et de bonnes à tout faire, bien dociles et mal payées pour garder vos marmots qui vont dans des écoles privées, tellement l’éducation nationale est à la ramasse et l’insécurité partout. Moi les candidats à l’immigration je les inciterais plutôt à faire la révolution chez eux, à virer leurs élites corrompues à qui nos ministres font des bises, et à qui nos élites entrepreneuriales offrent des billets d’avions et des nuits d’hôtel inoubliables.
Bon j’en ai marre. Alors vous allez faire quelque chose oui ou non pour Monsieur Rakotomalala ? Il lui faudrait ses papiers très rapidement c’est tout. Je suis culotté ? Ce n’est pas de votre ressort ? Non vraiment ? Vous êtes sûre que vous ne pouvez rien faire ? C’est dommage. Darsonville ? Ce traitre ? Il n’est pas digne de cirer les pompes des émigrés qu’il fait venir avec son ONG subventionnée avec mes impôts.
Moi c’est par amitié, je suis un peu malgache et Rabé m’est sympathique, et on s’aide entre malgaches c’est même très naturel. Un conseil,si vous voyez ce que je veux dire faites quelque chose pour Rabé oui pour Rabé et pour toute sa famille, merci ».
Silence puis de nouveau son téléphone sonne
« Ah Madame Bontemps je crois que vous êtes sur la bonne voie ».
Il fait un nouveau numéro sur son téléphone
« Allo Rabé, c’est Camille ! Tu n’oublies pas que demain soir tu viens dîner à la maison j’aurai peut-être de bonnes nouvelles pour toi. Oui tout s’est bien passé hier. Tu as de bons pouvoirs Rabé. Tu es un devin très puissant. ».
Il raccroche et à lui-même
« L’intelligence artificielle elle peut aller se rhabiller face à un devin malgache »
ACTE V SCENE 8 et dernière.
Nouveau et dernier décor
Un inconnu assis dans un décor de bureau rempli de livres, Au mur une grande carte de Madagascar.
Il écrit, on sonne il sort et revient entouré de deux gendarmes, l’un anonyme, l’autre c’est Pavupapri.
Le premier gendarme anonyme
« Je vous lis le document Monsieur : « A la requête du Procureur de la République, Monsieur (vous connaissez votre nom à coucher dehors) sera placé sous mandat de dépôt sans délai et conduit devant le juge auprès de la Cour spéciale antiterroriste de Paris pour s’entendre signifier sa mise en examen et avec effet immédiat son arrestation pour être l’auteur et avoir fait représenter une pièce intitulée « Laviesenva » au caractère haineux envers non seulement les immigrés mais encore envers les associations qui leur viennent en aide, incitant en outre les citoyens à mettre en doute la légalité des décisions de représentants de l’autorité publique en l’occurrence, juges français et étrangers et ministres de la République française, ce faisant créant un climat anti- républicain, anti-démocratique, induisant encore un climat généralisé de peur, de haine et de terreur, mettant en péril le bon fonctionnement des institutions, des rouages de l’Etat, des médias de la république »..
L’inconnu
« Des médias de la république ? Ah les médias appartiennent à la République ? C’est bien pour cela que j’ai écrit cette pièce, on n’est jamais meilleur media que media soi-même, enfin tant qu’on est vivant ».
Le premier gendarme anonyme
« Dépêchez-vous s’il vous plaît »
Pavupapri avec un clin d’œil qui a regardé la carte au mur.
« Oui dépêchez -vous c’est pas le pays du mora mora ici »
Le premier gendarme anonyme
« C’est quoi ça ? »
Pavupapri en souriant à l’inconnu
« Rien, ce serait trop long à t’expliquer, mais j’ai un petit conseil, sois gentil avec le Monsieur »
RIDEAU FIN